Un processeur vieux de 20 ans explore Mars en compagnie de la sonde spatiale InSight

Orlane Mourier |

MacGeneration a reçu cette semaine une stagiaire, Orlane Mourier, élève de 3e intéressée par le journalisme (et l’exploration spatiale). Voici son premier article.

La sonde spatiale InSight, l’iMac G3, et la Nintendo GameCube ont tous un point commun. Leur processeur ! Le RAD750, qui dérive bien sûr du PowerPC 750, ou PowerPC G3 (lire : Rétro MacG : l’iMac fête son 20e anniversaire).

RAD750. Image BAE Systems.

La sonde spatiale InSight contient une pièce très importante : le processeur RAD750 qui permet de faire fonctionner correctement toutes ses fonctionnalités. C’est la NASA qui le supervise, mais le processeur a été développé par BAE Systems, une entreprise britannique. Son prix s’élève à environ 200 000 $. Le processeur se situe à l’intérieur de la sonde et cette dernière est protégée grâce à de l’acier durci.

En 2012 la mission InSight a été sélectionnée dans le cadre du programme Discovery de la NASA. Cette mission inédite consiste à rejoindre la planète Mars et étudier essentiellement la structure de la planète. La sonde spatiale InSight a été lancée le 5 mai 2018 et a atterri le 26 novembre.

Structure emboîtée de la sonde InSight (de haut en bas : l’étage de croisière, le bouclier arrière, l’atterrisseur, le radar de descente, le bouclier thermique). Image NASA.

Le processeur a déjà été utilisé par le passé dans le Mars Reconnaissance Orbiter et la sonde Juno. La puce a atterri sur Mars avec la sonde Insight, mais était déjà présente dans le Rover Curiosity. Elle continuera dans le Rover Mars en 2020 et avec la mission TSSM. En attendant plus de réponses de la part de la NASA, on sait que cette mission nous permettra de mieux comprendre Mars, sa structure, et ses origines. De plus, on devrait en apprendre beaucoup plus sur le système solaire en lui-même.


avatar fiatlux | 

Bravo Orlane pour cet intéressant article qui sort un peu de l'ordinaire de MacG!

Cela me rappelle un de mes premiers projets industriels où le système (un radar) était équipé de processeurs 80386 quand nos PC étaient déjà équipés de Pentium III.

Dans des systèmes critiques qui sont amenés à avoir une très longue vie opérationnelle (20 ans, 30 voire plus), le plus important est d'avoir un composant fiabilisé, le plus simple possible et assez puissant mais pas trop pour éviter une consommation et un échauffement inutiles.

avatar hogs | 

Sans parler de la caractéristique essentielle dans l'espace, la résistance aux rayonnement cosmiques qui s'oppose à la finesse de gravure de notre électronique moderne. Plus la gravure est fine, plus le composant électronique (processeur, mémoire, etc.) est sensible aux "glitchs", plus il est gravé gros, plus il est résistant mais énergivore. C'est la quadrature du cercle... car l'usage dans l'espace répond à des contraintes autres que celle sur terre.

avatar f3nr1l | 

Damned, tu m'as grillé.
C'est clair qu' un vaisseau en transit vers mars ne subit pas les mêmes radiations que l'ISS qui est en orbite autour de la terre.
Une fois sorti de la ceinture de Van Allen (le bouclier anti particules naturel de la terre, pas le ceinturon du hard-rocker), on se tape des rayons cosmiques.
Contrairement à leur nom, ce ne sont pas des radiations mais de noyaux d'atomes balancés à une vitesse proche de celle de la lumière (sans doute par des chevaliers d'or).
Et pas que de l'hydrogène ou de l'hélium, mais aussi des p*****ns de noyaux de fer!
Imagine l'effet sur un transistor de 16 joules (le dixième de l'énergie moyenne d'un coup de poing ) concentrés sur 0,14 nanomètres (un cinquantième de la finesse de gravure des processeurs modernes).
Moralité, il vaut mieux embarquer de bons vieux procs gravés à 260nm plutôt qu'à 7.

avatar BleuRooster | 

Envoyer des technologies dernière génération changerait quelque chose? Transmission des données etc? D’ailleurs des constructeurs ont envoyer dans l’espace des ordinateurs ou composants dernière génération pour faire des reste il doit y avoir HP IBM etc

avatar Yil2201 | 

Merci pour ce super article Orlane, la technologie et le spacial, mes deux passions réunies!

Du coup quel est le rôle de ce processeur "ancestral" dans la sonde? C'est lui qui s'occupe de toutes les opérations de calcul pour l'atterrisage etc?

avatar marsnet | 

Bravo Oriane !

@Yil2201

C’est ce processeur qui fait tourner le logiciel de vol , à la fois de la sonde , mais aussi de SEIS le sismomètre qui est l’instrument principal de la mission Insight. Il récupère, filtre et stocke les données des différents canaux de mesure et permet de récupérer les événements sismiques en haute fréquence.

Pour info, ça a été un peu compliqué à développer car les spécifications de la partie SEIS du logiciel de bord ont été réalisées par le scientifiques de l’IPGP et de Supaero aidés par le CNES, le design détaillé du code par le Jet Propulsion Laboratory et le tout a été codé par Lockheed Martin pour des raisons de législation sur le contrôle de l’export des armes (ITAR). Je ne vous raconte pas le process de validation....

avatar Yil2201 | 

@marsnet

Merci beaucoup pour cette précision! ?

avatar OliverPan | 

Article très sympa !

avatar marenostrum | 

De la fiction tout ça.

avatar TheRV | 

Bravo pour l’article !

avatar PierreBondurant | 

Un petit pas pour Orlane, un grand pas pour MacG!

Bienvenue chez les geeks ?

avatar scanmb (non vérifié) | 

Félicitations pour ce très bel article !

avatar jeje | 

Il n’y a pas si longtemps Ariane 5 avait encore un motorola 68020 dans son ordinateur de bord... le processeur des premiers Macintosh...

avatar IceWizard | 

@jeje
"Il n’y a pas si longtemps Ariane 5 avait encore un motorola 68020 dans son ordinateur de bord... le processeur des premiers Macintosh..."

Non, c'était un 68000 ..

avatar jeje | 

@IceWizard

Nous n’allons pas rentrer dans une longue discussion mais une petite recherche internet confirme le 68020 pour Ariane 5. ?plusieurs sources. Ça reste dans la famille 68000.

avatar IceWizard | 

@jeje
"Nous n’allons pas rentrer dans une longue discussion mais une petite recherche internet confirme le 68020 pour Ariane 5. ?plusieurs sources. Ça reste dans la famille 68000."

Oui, je sais que c'était des 68020 pour les Arianes. Le sujet a été évoqué dans la presse il y a quelques années quand le constructeur des lanceurs s'est confronté à une pénurie de ce processeur, devenu obsolète. Pas très malin de la part d'arianespace de ne pas avoir sécurisé son approvisionnement en achetant quelques milliers de 68020 en version espace, quand ce processeur était encore dans le commerce.

En fait, je répondais à ton affirmation sur les 68020 "processeur des premiers Macinstosh ... ", alors qu'ils étaient construits à base de 68000. Le 68020 n'a été utilisé que 3 ans après, avec le MacIntosh II. Et replacé très vite par le 68030.

avatar franckontheweb | 

Très chouette article, bravo ?

avatar Danny Wilde | 

Bravo Orlane, super article, mes félicitations.

Ps : Enfin une fille dans la dream team ! ?
Certain(e)s vont être content(e)s. ?

avatar psalliou | 

Bravo Orlane pour votre article. Merci à la rédaction de MacG de vous accueillir ?

avatar seraphinmi | 

Deux sujets passionnants! Merci Orlane et félicitations pour ce premier article. J’en redemande!

avatar melaure | 

Merci pour l'info, c'est tellement rare ces secteurs qui ont échappé au x86 ...

Peut-être bientôt des ARM dans le matériel spatial ?

Enfin pas trop de puissance quand même, on ne paye pas la sonde pour qu'elle joue à Far Cry 5 de l'autre coté du système solaire ;)

avatar D4v | 

Bravo Orlane!

avatar Woaha | 

Comment ça 200000€ ? Ma gamecube elle vaut moins cher :)

avatar iThomas | 

Congrats ??? article intéressant

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