A voté ! Le programme numérique des candidats à l’élection présidentielle

Mickaël Bazoge |

Ce n’est un scoop pour personne, le premier tour de l’élection présidentielle aura lieu le dimanche 23 avril. Le second tour, qui déterminera notre président(e) pour les cinq années à venir, se tiendra le 7 mai.

Parmi les thèmes qui ont dominé cette campagne inédite, il y a eu bien sûr la probité, l’économie, la sécurité, la lutte contre le terrorisme. Mais le numérique n’a eu droit qu’à la portion congrue. Il est vrai que le sujet recouvre de nombreux domaines qui n’évoquent pas forcément grand-chose au grand public. Néanmoins, ce sont là des pans essentiels de l’économie, de la sécurité publique et de la confidentialité dont il est question.

Qui décrochera la timballe de l'Élysée ? — Cliquer pour agrandir

Les grandes lignes des programmes numériques des candidats que vous trouverez ci-dessous résumées pourront éventuellement vous aider à faire votre choix ; rappelons néanmoins que ces propositions s’intègrent dans des programmes plus vastes qu’il convient de consulter si vous hésitez toujours sur un nom.

Pour éviter les procès d'intention, les candidats sont listés par ordre alphabétique. Merci aussi de rester courtois dans les commentaires…

Nathalie Arthaud

On trouve peu de propositions en lien avec le numérique dans le programme de la candidate de Lutte ouvrière, dont la présence dans la course à la présidentielle est surtout un moyen pour le parti trotskyste de faire connaitre ses idées auprès du plus grand nombre.

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On trouve toutefois une référence au numérique dans le domaine de la culture et singulièrement, pour les bibliothèques de quartier : « l’accès libre aux réseaux d’informations via Internet (…) est primordial ». L’afflux d’utilisateurs désireux de maîtriser l’outil informatique doit pousser l’État à embaucher du personnel dans ces bibliothèques. Les autorités doivent aussi imposer la fixation des tarifs pour les « bouquets numériques fournis par des éditeurs privés » afin de ne pas grever les budgets des médiathèques.

Nathalie Artaud affirme également qu’« une personne sur quatre n’a pas internet », ce qui présente des difficultés pour de nombreuses démarches administratives, même si le chiffre est en fait plus proche d'une personne sur six. La solution est d’investir de nouveau dans les services publics de proximité.

François Asselineau

Le candidat de l’Union populaire républicaine (UPR) entend assurer la neutralité du net, interdire les dispositifs de surveillance des données et le profilage, assurer aux internautes l’anonymat et le définir comme le « propriétaire de ses données ». Toujours dans le domaine du respect de la confidentialité, le programme de l’UPR veut promouvoir les opérateurs et hébergeurs alternatifs.

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Certaines propositions de François Asselineau rejoignent les préoccupations d’autres candidats : promotion de l’interopérabilité des systèmes d’information et utilisation de logiciels libres dans l’administration, pousser à la fin des formats propriétaires et protection des lanceurs d’alerte.

Plus original, le candidat de l’UPR veut mettre en place un « réseau chiffré national » pour assurer le transfert des données de santé, interdire le transfert de données vers d’autres États ou sociétés étrangères, ou encore la création d’un Haut Commissariat du numérique à l’ONU pour regrouper les principaux organismes de gestion d’internet.

Jacques Cheminade

Difficile de repérer au premier coup d’œil les propositions sur le numérique du candidat Cheminade, dans un programme qui fait la part belle à la sortie de l’UE et de l’euro pour la France. Toutefois, en cherchant un peu, on tombe sur quelques mesures comme un « accès universel au numérique » sur tout le territoire piloté par un « grand service public du numérique ». Il aura pour mission de fournir, à des tarifs réglementés, un accès universel au réseau.

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À l’école, Jacques Cheminade veut introduire le plus tôt possible l’apprentissage du code pour « disposer des bases » afin de « résister à l’emprise des nouveaux monstres du numérique ». Le candidat de Solidarité et Progrès est également un adversaire résolu des jeux vidéo, dont il veut interdire les titres les plus violents.

Nicolas Dupont-Aignan

Le candidat de Debout la France ! place la « souveraineté numérique » du pays au premier plan, en déplorant par exemple le partenariat entre la Bibliothèque Nationale de France et Google pour la numérisation de son fonds. Il veut combattre le « contrôle unilatéral » qu’exercent les États-Unis sur la « révolution numérique ».

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Pour ce faire, Nicolas Dupont-Aignan propose de lancer un moteur de recherche made in France et des réseaux sociaux en partenariat avec des pays européens volontaires. L’État, qui redeviendra majoritaire au sein du capital d’Orange, lancera une « OPA amicale » sur « Nokia-Alcatel » afin de créer un « champion numérique » national. Les pépites françaises comme Deezer et Dailymotion seront protégées des raids étrangers. Et pour compléter le tout, le candidat promeut un système d’exploitation tricolore afin d’assurer la souveraineté numérique des données de l’État.

La numérisation des services publics, l’instauration d’un « open data » national, la formation au numérique à l’école sont également au menu et rappellent ce que d’autres candidats ont formulé. Tout comme l’amélioration de la couverture du territoire en fibre optique et Très Haut Débit.

Sur le plan des propositions culturelles, il s’agit d’abroger la loi Hadopi, mettre en place une licence globale et créer une plateforme publique unique de diffusion des contenus culturels, regroupant les fonds de le BnF, du service public de l’audiovisuel, des musées publics, etc.

François Fillon

Le programme « radical » revendiqué par François Fillon ne s’applique pas réellement au numérique : les propositions du candidat issu de la primaire de droite se positionnent plutôt dans la continuité de ce qui a été engagé depuis des années.

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Il propose ainsi d’accélérer le déploiement du Très Haut Débit fixe et mobile d’ici à 2022 en « refinançant » le plan France Très Haut Débit initié en 2013, et qui s’appuie déjà sur une enveloppe de 20 milliards d’euros. François Fillon veut également initier un « plan 5G », une technologie certes testée par les opérateurs, mais dont la définition exacte reste encore à écrire (lire : C’est quoi, la 5G ?).

Le candidat Les Républicains veut appuyer sur le champignon pour la « transformation numérique de l’État », avec un objectif : engager la France dans « l’e-démocratie ». Les procédures administratives devront être complètement dématérialisées d’ici la fin du quinquennat, avec un identifiant numérique unique pour les usagers, le développement des consultations sur internet (télémédecine, e-santé), etc.

Là aussi, le mouvement est déjà engagé avec des formulaires et des « pré-plaintes » à remplir en ligne. C’est également le cas pour l’ouverture à l’open-data des services publics, que le candidat entend généraliser dans l’administration (tout en garantissant la protection des données personnelles), au bénéfice des start-ups françaises.

Dans ce registre, François Fillon joue une petite musique douce à l’oreille des jeunes pousses, avec la mise en place d’états généraux de l’industrie et de l’innovation, qui seront suivis d’un « grand plan de rattrapage et d’accompagnement » visant à faire passer le taux d’accompagnement des PME/PMI du numérique de 10 % à 100 %.

Une des difficultés typiquement françaises, c’est le financement : l’épargne pourra être orientée vers les start-ups pour soutenir leur croissance. Une déduction fiscale de 30 % sur les montants investis dans les start-ups (jusqu’à un million d’euros) est dans les tuyaux, de quoi favoriser l’investissement.

Sur le plan européen, François Fillon fait quelques vœux pieux : le moteur franco-allemand portera « l’ambition de plateformes numériques industrielles et sectorielles » dans le secteur de la voiture autonome par exemple. La défense des libertés publiques et la gestion des données personnelles devra aussi être portée au niveau de l’Europe. Il souhaite « assurer la cybersécurité des citoyens, des entreprises et des institutions » en modifiant le cadre réglementaire et en maîtrisant le logiciel et le matériel.

Dans ce cadre, François Fillon veut faire en sorte que l’Europe reprenne sa « souveraineté numérique » en multipliant les supercalculateurs : il y en a 120 dans l’UE, contre 171 aux États-Unis et en Chine, selon le décompte d’Eric Pilat, un des piliers du programme numérique du candidat. Le TOP500, une liste germano-américaine qui fait figure de référence dans le domaine, place 105 des super-calculateurs les plus puissants en Europe, contre 175 sur le continent américain et 213 en Asie. Le constat n'en est pas moins exact : si la France se place au cinquième rang des nations les plus équipées, derrière le Japon et devant le Royaume-Uni, elle ne place que deux super-calculateurs dans le top 50 mondial et dévisse progressivement.

Enfin, dans l’éducation, François Fillon s’engage à pousser les feux pour généraliser l’enseignement et la formation au numérique, en transformant par exemple le cours de technologie en cours de « culture numérique ». Un effort qui pourrait pousser au recrutement d’enseignants en informatique, ce qui risque de se heurter à la promesse « choc » de supprimer 500 000 postes de fonctionnaires.

Benoît Hamon

Le candidat du Parti socialiste issu de la primaire de la Belle Alliance Populaire a un mérite : avoir mis sur la table une proposition originale en matière de nouvelles technologies ! Il est le seul en effet à proposer de taxer les robots (toutes ses propositions sont ici).

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La proposition est la suivante : quand un salarié est remplacé par une machine, la richesse créée par cette dernière est taxée pour financer des mesures sociales (ici, le revenu universel, autre proposition du candidat de gauche). Bill Gates lui-même promeut cette idée.

Autre mesure phare du programme numérique du candidat PS : la reconnaissance du droit à la déconnexion pour tous. Ce droit est en vigueur depuis le début de l’année, mais il ne concerne que les entreprises de plus de 50 salariés (lire : Avec le droit à la déconnexion, le travail s’arrête après les heures de bureau). Benoît Hamon veut « de nouvelles règles pour protéger » les employés pour qui les smartphones et ordinateurs sont devenus des « laisses électroniques ».

Le sujet revient fréquemment chez tous les candidats ou presque : l’amélioration de l’accès aux données publiques, l’open-data. Les citoyens auront un « large accès » aux données conservées et traitées par les administrations publiques, promet Benoît Hamon. Les start-ups pourront aussi exploiter une partie de ces informations pour créer des services innovants, tout en évitant leur appropriation par les multinationales.

Les lanceurs d’alerte verront leur statut renforcé. La loi Sapin II protège en partie les Edward Snowden en herbe ; Benoît Hamon estime que la législation est insuffisante, il veut donc la renforcer avec un soutien financier réel, une prise en charge des frais de procédure ainsi qu’une simplification du parcours en trois étapes pour lancer une alerte. Cette course d’obstacles, actuellement lente et complexe, est de nature à décourager les vocations.

Une autre mesure du programme qui risque de faire grincer des dents : Benoît Hamon veut une loi anti-trust limitant la concentration dans les médias. Dans le détail, aucun groupe ne pourra détenir plus de 40 % du capital d’un média quel qu’il soit, ni plus de 20 % des parts dans plus de deux médias. Si elle était appliquée, cette proposition poserait sans doute de sérieux problèmes aux opérateurs et aux FAI, qui achètent actuellement journaux et chaînes télé sans compter pour muscler le contenu offert aux abonnés.

Le candidat du PS veut « combattre la cyber-criminalité » en renforçant les moyens de l’ANSSI, l’agence pour la sécurité des systèmes d’information. Il renforcera également la sécurité informatique en s’appuyant sur une plus grande sensibilisation des pouvoirs publics, et en faisant en sorte de « préparer une nouvelle génération d’ingénieurs spécialisés dans l’analyse et la prévention des cyber attaques ».

Jean Lasalle

Jean Lasalle n’a pas de plan précis pour le numérique, mais quelques propositions sortent du lot. Ainsi, le candidat entend créer une « quatrième armée » (en fait une cinquième force) destinée à la cyber-défense de la France, ce qui coûterait 300 millions d’euros et serait indépendant des sociétés privées. Dans son collimateur également : les opérateurs qui ne font pas suffisamment d’efforts pour la couverture du territoire en haut débit.

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À l’école, les marmots devront apprendre dès le primaire l’informatique et le code. Il faudra que chaque enfant sache se servir d’internet avant d’entrer au collège (il y a des chances que ce soit déjà le cas même sans apprentissage particulier…). Le travail parascolaire devra aussi exploiter le numérique ; le savoir produit par la recherche publique sera accessible en ligne gratuitement.

Enfin, il souhaite étendre les systèmes d’alerte en cas d’urgence à tous les moyens de communication électronique, comme les SMS et les réseaux sociaux.

Marine Le Pen

Dans la longue liste de 144 propositions du programme de Marine Le Pen, plusieurs d’entre elles concernent le numérique, même si le thème n’est pas au cœur des propositions du Front national.

Certains points du programme du FN sont néanmoins très précis : la candidate d’extrême-droite entend ainsi soutenir les start-ups œuvrant à l’amélioration du système de santé, elle veut diriger 2 % de l’assurance-vie vers le capital-risque et les jeunes pousses et recentrer le crédit impôt recherche vers les PME et les jeunes entreprises. En termes d’infrastructures, une présidence Le Pen investira dans le très haut débit et la couverture réseau notamment dans les zones rurales… comme les autres candidats les plus importants.

Au niveau des grandes structures, le FN créera un « secrétariat d’État aux mutations économiques » rattaché à Bercy qui aura la charge d’« anticiper les évolutions des formes de travail liées aux nouvelles technologies ». L’idée ici est de mettre en place des régulations adaptées aux mutations engendrées par l’économie du partage, la numérisation et la robotisation.

La Hadopi est également dans le collimateur de Marine Le Pen, qui veut ouvrir (de nouveau) le chantier de la licence globale. En ce qui concerne les données privées, le FN exigera leur stockage dans des serveurs sur le territoire français.

Le Front national veut inscrire la « liberté d’expression » et les « libertés numériques » dans la Constitution. Une intention louable, même si les principes de la liberté d'expression sont inscrits dans la Déclaration des droits de l'homme et du citoyen qui possède une valeur constitutionnelle. Une intention qui s’accompagne de limites, aussi : le cyber-djihadisme et la pédo-criminalité. La question de la censure est aussi posée, le parti d’extrême-droite ayant l’intention de simplifier les procédures pour faire reconnaître la diffamation ou l’injure.

Plus encore que les autres candidats, il est impossible de dissocier le programme numérique de Marine Le Pen du reste de ses propositions. La volonté du Front national de « retrouver la maîtrise du destin de la France » en divorçant si nécessaire de l’Union européenne, ainsi que le retour au franc (soumis à référendum) pourraient provoquer une situation bien compliquée pour des secteurs où la circulation des personnes et la globalisation sont sources de richesses et d’innovations.

Emmanuel Macron

Le numérique est un pan important du programme d’Emmanuel Macron, qu’il qualifie de « transformation profonde de notre façon (…) de vivre ». Les propositions du candidat d’En Marche !, à consulter ici, recoupent beaucoup le programme numérique de François Fillon.

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Emmanuel Macron veut lui aussi pousser les feux sous le plan Très Haut Débit afin que l’État puisse « garantir le réseau » à tous les territoires et ce, d’ici la fin du quinquennat, en 2022. Les zones blanches seront couvertes en 4G, avec l’aide de « conditions économiques favorables » pour les opérateurs. Et si les objectifs ne sont pas tenus, alors le candidat promet des sanctions financières.

L’administration devra également avoir fait sa révolution numérique : à l’horizon 2022, 100 % des démarches administratives pourront être réalisées depuis internet (sauf première délivrance de documents d’identité officiels). Tout cela passera par un « compte citoyen en ligne » où seront regroupées toutes les informations d’un citoyen (santé, droits civiques, formation, situation fiscale…). Emmanuel Macron veut encourager la télé-médecine et l’e-santé.

Plus original, le candidat d’En Marche ! veut mettre sur pied un « droit à l’expérimentation » afin de déroger aux dispositions en vigueur quand il s’agit de tester de nouvelles technologies. Il prend pour exemple les drones, pour lesquels la France a adopté une réglementation souple pour les expérimentations. Emmanuel Macron a l’intention d’adopter un cadre fiscal incitatif pour l’investissement dans les start-ups et l’innovation, qui passe par le remplacement de l’ISF par un impôt sur la fortune immobilière, et sur un prélèvement forfaitaire unique sur les revenus tirés du capital mobilier.

Plus près de nous, le candidat promet de faire en sorte que chacun puisse savoir ce que deviennent les données qu’il produit (parfois à son corps défendant) sur les différentes plateformes utilisées. Tout en restant assez flou sur les moyens et les outils qu’il compte mettre en œuvre sur le sujet, si ce n’est la création d’une Agence européenne pour la confiance numérique, un organisme en charge de la régulation des plateformes en ligne. Elle contrôlera la loyauté de leur fonctionnement et garantira la protection des données personnelles.

Beaucoup plus polémique, Emmanuel Macron appelle les « grands groupes du numérique » à « livrer les codes ». Si on comprend bien, le candidat exige donc une porte dérobée dans les systèmes d’exploitation et les logiciels, une position combattue par tous les spécialistes de la sécurité informatique pour une bonne raison : s’il existe une porte dérobée, elle sera empruntée par tout le monde, les gentils comme les méchants (une position tempérée depuis par son équipe, qui comprend notamment Mounir Mahjoubi, ancien président du Conseil national du numérique et fervent défenseur du chiffrement).

Sur l’Europe enfin, « l’espace pertinent pour développer le potentiel économique du numérique », Emmanuel Macron veut instaurer un « marché unique du numérique » pour lisser les règles qui s’appliqueront à toutes les entreprises innovantes dans l’Union européenne. Un fonds de financement, doté de 5 milliards d’euros au moins, investira dans les jeunes pousses pour accompagner leur croissance.

Jean-Luc Mélenchon

Au contraire d’autres candidats pour lesquels le programme numérique ressemble à un catalogue d’idées rédigées sur un coin de table, Jean-Luc Mélenchon et son équipe ont réfléchi au sujet. Qu’on soit d’accord ou pas avec la vision du candidat de la France Insoumise est une chose, mais on peut au moins saluer la cohérence de ses mesures numériques, à consulter à cette adresse.

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Une fois au pouvoir, Jean-Luc Mélenchon veut graver le droit d’accès à internet dans le marbre de la Constitution dans l’optique de la 6e République que le candidat appelle de ses vœux. Il entend également faire en sorte de garantir et défendre la neutralité du net, que ce soit à l’échelle nationale, européenne ou mondiale. Le gouvernement du président Mélenchon investira dans les infrastructures physiques détenues par les particuliers pour couper l’herbe sous le pied de la concentration des données par les plateformes.

Si la France Insoumise veut développer les échanges décentralisés et le P2P, ce n’est pas un blanc-seing au piratage tous azimuts : il est aussi question de renforcer l’autorité judiciaire en charge du contrôle des retraits des contenus illégaux, d’améliorer le traitement des signalements et réprimer les plateformes portant « atteinte à la liberté d’expression ».

Jean-Luc Mélenchon et son mouvement veulent lutter contre la « surveillance généralisée » : cela passe par une commission d’enquête parlementaire sur « l’efficacité des solutions utilisées par les services de renseignement », avec la promesse d’abroger les dispositifs « inefficaces, disproportionnés ou contre-productifs ». Dans le même ordre d’idée, le programme interdit le fichage généralisé, supprimera le fichier TES (dit des « gens honnêtes »), et plus globalement, remettra en cause la surveillance de masse sur internet et les réseaux cellulaires, jugée « inefficace et liberticide ».

À l’inverse, la France Insoumise obligera les plateformes et les entreprises d’internet à plus de transparence, en améliorant la lisibilité des conditions générales d’utilisation ou encore permettre à l’utilisateur de refuser son profilage. Le soutien au logiciel libre est aussi à l’ordre du jour, avec sa généralisation dans l’ensemble des administrations et des établissements publics. Notons aussi l’interdiction de la vente liée : « une alternative libre et ouverte doit être proposée ».

En termes d’infrastructures, là aussi on retrouve la volonté de couvrir le territoire en Très Haut Débit à la fin du quinquennat, ainsi qu’une couverture totale en 4G dans les dix ans. La dématérialisation des services publics (tout en maintenant les services physiques), la création de « maisons du numérique » et le soutien à la « culture numérique » figurent également au programme.

Enfin, la suppression d’Hadopi est inscrite dans le programme, ainsi que la mise en place d’une licence globale pour rémunérer la création (via une cotisation prélevée sur l’abonnement internet) et l’interdiction des DRM.

À l’instar des propositions numériques de Marine Le Pen, celles de Jean-Luc Mélenchon ne sauraient être séparées du reste du programme du candidat : sortie de la France des traités européens et sortie de l’euro si l’UE ne parvenait pas à se réformer, des mesures qui risquent de provoquer un certain isolement du pays au sein de l’Europe et réduire ses capacités d’investissement.

Philippe Poutou

Philippe Poutou, le candidat du Nouveau parti anticapitaliste (NPA), n’est pas spécialement versé dans le numérique. Il a fallu plonger dans son programme pour relever une proposition : l’abrogation immédiate de la loi Hadopi.

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avatar occam | 

@Philomo

Tout à fait.
Dans votre état, il est déconseillé de vous contrarier et préférable de veiller à ce que vous gardiez le dernier mot.

avatar Philomo | 

Donc vous n'avez d'arguments que votre ironie, c'est bien ce que je pensais. C'est courant avec les adversaires du FN qui ne fonctionnent qu'aux réflexes conditionnés, dès qu'on creuse un peu on ne trouve que le vide.

avatar Yohmi | 

@Philomo

Pourtant, si l'on ne se base pas sur les "on-dit" mais sur ce qu'ils disent, il n'y a aucun doute à ce sujet. Protectionnisme, contrôle des frontières, règles très strictes concernant l'immigration/les immigrés/les Français issus de l'immigration, sortie de l'Europe, plus récemment de nouveaux propos négationnistes, propos orientés et très insistants sur la menace terroriste, rien de plus banal pour un parti d'extrême droite (ces idées peuvent être partagées à divers degrés par d'autres mouvements, bien sûr). Assumez vos opinions, ne vous cachez pas derrière votre petit doigt en appelant un chien un chat.

avatar Philomo | 

Donc le protectionnisme, le contrôle des frontières et de l'immigration c'est de l'extrémisme de droite ! Donc la majorité des pays de ce monde sont d'extrême droite !
Donc avant les années 80, on était dans un régime d'extrême droite !
La sortie de l'UE ? alors y entrer c'est bien, en sortir c'est de l'extrême droite ! Donc avant d'y entrer on était dans un régime d'extrême droite ? vous ne voyez pas le ridicule de ces affirmations ?
Le négationnisme ? aucun propos négationniste au FN. Cela ne fait pas partie ni de sa culture ni de ses préoccupations.
La menace terroriste ? donc la dénoncer, désigner les terroristes, c'est de l'extrémisme de droite !
Il faut se laisser terroriser, laisser les terroristes agir, ne pas les dénoncer parce que ce serait de l'extrémisme de droite.
Est-ce que vous vous rendez compte de la stupidité de vos arguments ?

avatar Himeji | 

@Philomo

Les frontières n'ont pas disparu : elles ont été déplacées aux frontières de l'Europe. Et Schengen permet de rétablir temporairement le contrôle aux frontières nationales si un État le juge nécessaire. Faire croire qu'on va régler les problèmes en rétablissant de façon permanente le contrôle aux frontières nationales, c'est juste se foutre de la gueule du monde. Et quand j'entends Le Pen dire qu'elle veut arrêter l'immigration légale comme illégale, ramener le solde migratoire de 140000 à 10000, je me marre. Et le chômage à 2% à Noël prochain, non ?
Les propos négationnistes, cf. mon message précédent.
Quant au terrorisme, il ne faut pas le prendre à la légère mais il ne faut pas l'exagérer, en faire des tonnes pour faire peur aux gens, comme le fait Le Pen.

avatar Philomo | 

Sauf que visiblement personne ne maîtrise les frontières de l'Europe. C'est un leurre.
Faire respecter les frontières se foutre de monde ? ce n'est pas comme si cela ne fonctionnait pas avant qu'on décide de les ouvrir ! De plus le FN n'a jamais dit que cela permettrait de régler tous les problèmes, c'est juste une mesure parmi un ensemble cohérent d'autres mesures.
Et je ne vois pas ce qu'il y a de drôle à réguler le solde migratoire !
Non, désolé, le FN ne donne pas dans le négationnisme, qui de toute façon n'est ni de droite ni de gauche, extrême ou pas, on trouve des négationnistes un peu partout.
Et puis personnellement je suis pour la liberté d'expression, la liberté de contester ce qu'on veut. C'est une liberté fondamentale, loin de l'extrémisme de droite qui justement bride la liberté d'expression.
Je ne vois pas en quoi le FN en fait des tonnes sur le terrorisme, il propose juste de faire ce qu'il faut : repérer les terroristes et ceux qui en font l'apologie et les arrêter ou les virer, ce qui me paraît tout à fait raisonnable.

avatar Himeji | 

@Philomo

Oui, le contrôle aux frontières de l'Europe est perfectible mais je confirme que c'est se foutre de la gueule du monde que de prétendre que la solution est de rétablir les frontières nationales. Les USA contrôlent leurs frontières et ça n'empêche qu'ils ont des immigrés illégaux, à tel point que Trump, l'ex grand ami de Le Pen (depuis qu'il a bombardé la Syrie) veut construire un mur à la frontière avec le Mexique.
Quant au solde migratoire, c'est risible tant l'écart est énorme entre le solde actuel et celui que Le Pen prétend atteindre.

Mais c'est le FN dans ses œuvres : mensonges, démagogie et discours simplistes.

avatar Moumou92 (non vérifié) | 

@Himeji

Surtout que contrairement la légende, l'immigration rapporte énormément à état français: 12 milliards en 2015!

Vous pensez que ce sont les français qui vont payer vos retraites, avec les 1 à 2 enfants par famille? Heureusement que l'immigration est là pour renouveler les générations…

avatar Philomo | 

Franchement, comment pouvez vous croire une telle ânerie ? si les immigrés rapportaient tant d'argent, alors il suffirait d'en faire venir plus pour être tous riches ! C'est absurde !
Pour payer des retraites il faut favoriser la natalité et mettre sur pieds une politique économique de création de richesses. Le FN explique tout cela.

avatar iDav92 | 

@Philomo

Vous ne pensez pas que l'immigration rapporte de l'argent ?
Un immigré ne travaille pas, ne créer pas de richesses, ne cotise pas, ne consomme pas...etc...?

avatar Philomo | 

Parce que vous pensez vraiment que tous les immigrés travaillent ? ils ne sont que 30 % à avoir un emploi quand ils arrivent. Le taux de chômage des immigrés (20%) est le double de celui des Français. Donc ne produisent pas de richesses, mais en absorbent.
D'autre part, les immigrés occupent des postes mal payés dont les Français ne veulent pas et pour cause ! S'il n'y avait pas ces immigrés prêts à accepter n'importe quoi ces salaires seraient plus élevés, donc avec des cotisations plus élevées, et en plus ils ont besoin d'aides !
D'ailleurs bon nombre travaillent de façon illégale, donc ne payent aucune charge.
Et puis vous pensez qu'il acceptent longtemps de faire ces boulots sous-payés ? c'est une des raisons de leur mécontentement et du rejet de notre société.
Il faut bien comprendre que dans un pays où il y a maintenant près de 6 millions de chômeurs il est totalement mensonger de dire que faire venir des gens qui n'ont en général pas de formation va arranger les choses !
Le seul intérêt vu des patrons c'est qu'ils font baisser les salaires.

avatar Bigdidou | 

@Philomo
Vous avez raison.
Vos propos fn ne sont pas xénophobes.
Ils sont simplement racistes (et, donc, incohérents) : une sous-classe d'hommes prend le boulot à n'importe quel prix et provoque notre malheur.
Ouf !

avatar Philomo | 

Vous oubliez juste de dire que ce n'est pas le FN qui justifie l'immigration par le fait que les immigrés acceptent les tâches que les Français ne veulent pas faire, ce sont ses adversaires, c'est même un de leurs arguments phare .

Alors allez les traiter de xénophobes et de racistes si vous voulez, mais pas le FN qui s'oppose justement à cette vision des choses.

avatar Himeji | 

@Philomo

Au départ on a fait venir les immigrés pour occuper des postes dont les Français ne voulaient pas.

Et aujourd'hui les immigrés comblent des manques parce qu'on ne trouve personne chez les " patriotes " pour occuper ces emplois.

avatar Philomo | 

S'il n'y avait pas ces immigrés qui acceptent ces conditions de travail inacceptables qui ne permettent pas de vivre correctement en France les conditions changeraient, les salaires monteraient et les Français les accepteraient.
Vous n'avez donc pas encore compris qu'un des buts de la politique d'immigration c'est de tirer les salaires vers le bas tout en exploitant ces gens ?
Vous n'avez pas encore compris qu'en mettant ces gens dans ces conditions on en fait des révoltés contre notre société ?
C'est contre cela que se bat le FN.

avatar Himeji | 

@Philomo

Bien sûr : les médecins roumains qu'on fait venir pour pallier les manques dans certaines régions, c'est juste pour des questions de coût de main d'oeuvre.

Quant au FN ne luttant que contre l'exploitation des pauvres immigrés, c'est aussi crédible que le FN défenseur de la laïcité. Dans les 2 cas, c'est une vaste blague.

Le FN est un parti xénophobe (et islamophobe) qui exploite ces questions à des fins purement politiciennes.

avatar Philomo | 

Les médecins roumains, c'est juste le résultat d'une grosse erreur politique d'avoir diminué le numerus clausus. Bon nombre d'ailleurs n'ont pas pu s'adapter en France et sont retournés en Roumanie là où les gens ont aussi besoin d'eux et de leurs compétences adaptées au pays.
Si vous aviez lu le programme du FN vous auriez constaté qu'il n'est pas contre une immigration dont on aurait vraiment besoin.
Et puis vos affirmation gratuites concernant le FN, vous pouvez vous les garder.
Commencez déjà par vous renseigner sur ses réelles analyses et intentions.

avatar Himeji | 

@Philomo

Les médecins roumains ne sont qu'un exemple. Et former un médecin prend plusieurs années.

Quant à l'immigration, Le Pen dit elle-même qu'elle veut arrêter l'immigration légale et illégale.

Pour le reste, les analyses et intentions du FN, je maintiens ce que je dis.

avatar Philomo | 

Vous n'avez aucun argument sérieux pour accuser le FN de xénophobie et d'islamophobie.

avatar Himeji | 

@Philomo

Il suffit de les écouter.

avatar Philomo | 

Ce n'est pas une réponse, il faut des exemples, qu'est ce qui dans le programme du FN qui est l'aboutissement de sa réflexion politique ou dans le discours des responsables du FN justifie l'accusation de xénophobie et d'islamophobie ?

avatar Himeji | 

@Philomo

Le fond de commerce du FN est de jouer à faire peur aux bons patriotes avec les immigrés qui nous envahiraient. Tous les problèmes viendraient de ces vils envahisseurs et il suffit de les chasser pour que tout s'arrange.

Le fond de commerce du FN est de stigmatiser l'islam, en faire des tonnes sur l'extrémisme islamiste, le burkini et le reste, de faire peur aux bons patriotes bien cathos et diviser les gens, pousser au communautarisme (qu'ils prétendent combattre).

Tout ça pour faire prospérer leur petite boutique familiale. Un vrai système.

avatar BleuRooster | 

@Himeji

Faudrais donc revoir les salaires pour attirée et pour le manque de personnel qualifié formée des gens! C'est le patronat qui cherche la facilité donc prend des émigrée!

avatar iDav92 | 

@Philomo

Les femmes qui travaillent prennent-elles du travail aux hommes ?

avatar Philomo | 

Rien à voir avec l'immigration !

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