Microsoft teste un nuage sous les eaux

Florian Innocente |

Microsoft teste depuis un an l'idée de plonger des data centers au fond des mers et océans pour y trouver les basses températures dont ils ont besoin. L'un des problèmes auxquels font face ces installations, lorsqu'elles sont installées sur la terre ferme, réside dans la chaleur que dégagent leurs centaines sinon milliers de serveurs.

« Lorsque vous sortez votre smartphone vous croyez utiliser ce miraculeux petit ordinateur, alors qu'en fait vous utilisez plus de 100 ordinateurs dans ce que l'on appelle le nuage » rappelle Peter Lee, un responsable de Microsoft Research interrogé par le New York Times, « Et vous multipliez cela par des milliards de gens, et c'est une somme énorme de calculs à réaliser ».

L'équipe Natick et son premier data center remonté des profondeurs — Cliquer pour agrandir

Un effort qui se traduit par des serveurs qui fonctionnent non stop, avec des besoins en refroidissement massifs, permanents et coûteux. Microsoft, en ce qui le concerne, a plus de 100 data centers à travers le monde pour un coût total d'investissement qui a dépassé les 15 milliards de dollars.

Son projet Natick consiste à placer ces serveurs à l'intérieur de caissons immergés. Sous l'eau, les températures sont plus clémentes et réduisent considérablement la facture énergétique pour le refroidissement de l'air. Il y a lieu ensuite de produire de l'énergie nécessaire à leur fonctionnement en les faisant flotter à basse profondeur, leurs turbines profiteront des mouvements de la houle.

Ce ne sont pas les seuls avantages mis en avant. Il y a la possibilité de rapprocher des utilisateurs ces data centers qui gèrent données et services et de réduire ainsi les temps de latence entre demandes et réponses. 50% des populations vivent près des côtes, estime l'équipe de Microsoft, alors qu'aujourd'hui les propriétaires de data centers ont tendance à les placer loin des villes pour trouver de grands espaces.

Ensuite ces nouvelles fermes de serveurs seraient plus rapidement déployées, de l'ordre de trois mois au lieu de deux ans pour une installation équivalente sur la terre ferme.

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Enfin, en imaginant de nouveaux types de data centers, il y aura peut-être matière à faire évoluer les serveurs tels qu'ils existent. Actuellement ils sont conçus et installés de manière à être manipulés facilement par des techniciens. Dans ces capsules, il n'y aura pas de présence humaine, ce qui donne davantage de liberté pour l'agencement des serveurs (plus besoin de raisonner en termes d'armoires sagement alignées). Ce qui implique aussi de les rendre plus fiables, pour qu'ils puissent fonctionner pendant au moins 5 ans sans maintenance physique directe. Au bout de cette période, le container serait remonté en vue d'être replongé après avoir été révisé.

Microsoft a testé concrètement son idée l'été dernier, en plongeant au large des côtes californiennes une capsule de 2,5 mètres de diamètre à 10 mètres de profondeur. Elle y est restée trois mois, armée d'environ 100 capteurs pour mesurer les conditions de son environnement. Les choses se sont bien déroulées, au point que les ingénieurs ont fait quelques tests grandeur nature en reliant leur capsule au nuage de services Azure de l'éditeur.

Face aux inévitables questions environnementales, Microsoft a mené quelques tests. Acoustiques d'abord, qui ont montré que les bruits des disques durs et des ventilateurs à l'intérieur de la capsules étaient effacés par celui du déplacement de bancs de crevettes qui nageaient autour de la capsule. Sur le dégagement de chaleur ensuite, qui s'est révélé « extrêmement faible » s'agissant d'une capsule qui produit sa propre énergie.

Ce ne sont là que des observations préliminaires avec une petite capsule de test. Ce projet n'en est qu'à ses débuts et il est trop tôt pour savoir s'il se concrétisera un jour à plus grande échelle.


avatar ovea | 

Pour rappel sur la concrétude du truc (je m'en souviens jamais) :

l'hypothèse ergodique revient à considérer qu'il est similaire d'observer la forêt à un instant donné, ou un arbre tout au long de sa vie pour en connaître l'évolution

avatar Glop | 

Même si l'arbre est le seul frêne au milieu d'une forêt de pins ?

avatar narugi | 

@Glop :
Je suis d'accord avec toi, il peut y avoir des ratés même des plus grands. L'erreur est humaine diront certains. Cependant, croire que des entreprises de la taille de celle de Microsoft n'ai pas pensé à ces différentes problématiques serait farfelu.

avatar Orus | 

La maintenance et la sécurité ne vont pas être aisés sous l'eau.
C'est le seul problème que j'y vois.

avatar crispr | 

@Orus :
A la limite, j'irais pomper l'eau de mer au large pour la faire circuler dans des circuits de refroidissement à terre ( et encore, bonjour la corrosion!)

Ce genre de "projet" me paraît relever plus du buzz de communication qu'autre chose....

avatar marsnet | 

Allons, soyons fous, des Data Center en orbite géostationnaire , avec suffisamment d'ergols pour les envoyer en orbite solaire quand ils seront en panne . Ça va, pas de réchauffement climatique, là , on a bon ? D'autant plus que le lag sera acceptable ...

En plus Amazon et Space X nous préparent des lanceurs réutilisables alors ça pourra pas être trop cher.

Ceci dit, le réchauffement des océans à cause des Data center, comparé à l'irradiation solaire par exemple , on n'est pas vraiment dans les mêmes ordres de grandeur , premier principe ou pas ...

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