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Trump président : ce que cela signifie pour Apple et la Silicon Valley

Anthony Nelzin-... | | 18:00 |  259

Déjouant tous les pronostics, Donald Trump sera le 45e président des États-Unis. D’autres que nous feront le bilan de cette longue et violente campagne, analyseront les faiblesses méthodologiques des sondages réalisés ces six derniers mois, et décortiqueront la carte électorale comté par comté. Mais nous pouvons nous interroger sur les conséquences qu’une présidence Trump pourrait avoir sur l’activité d’Apple et plus largement de la Silicon Valley. Explications, point par point.

Le modèle social américain

« We are stronger together » contre « Make America great again » : l’identité américaine a été au centre de tous les débats. En s’adressant aux femmes, à la communauté LGBT, et à des minorités appelées à devenir des majorités, Hillary Clinton proposait de redéfinir le socle de la « coalition » démocrate et de la nation américaine. Mais Trump a gagné en mobilisant l’électorat WASP et les cols bleus avec un programme puisant aussi bien chez les républicains et les « chiens bleus » socialement conservateurs que chez les progressistes opposés au libre-échange.

Image Gage Skidmore, CC BY-SA — Cliquer pour agrandir

Or sous la houlette de Tim Cook, Apple s’est constituée en véritable force politique promouvant une certaine Californian way of life, une identité cosmopolite et plurielle contre laquelle Donald Trump s’est érigé en rempart. Tim Cook est le premier dirigeant d’une société du Fortune 500 à afficher son homosexualité, Eddy Cue est un fils d’immigrés comme l’était Steve Jobs et l’est Steve Wozniak, Craig Federighi possède une chevelure luxuriante… Tout sépare Apple et Trump.

Sur ce plan plus théorique que pratique toutefois, la Silicon Valley n’est pas un bloc monolithique. Certes, de nombreuses sociétés californiennes ont passé l’année à débattre de lutte contre les discriminations à l’embauche et d’égalité salariale, alors même que Trump multipliait les saillies racistes et misogynes, et choisissait un colistier résolument opposé aux congés parentaux mis en place chez Microsoft ou Netflix.

Mais dans le même temps, un investisseur aussi influent que Peter Thiel a largement financé le candidat républicain, se faisant le champion d’une élite favorable à une dérégulation confinant au libertarianisme. Un petit groupe, mais un groupe puissant, qui rêve d’un territoire ouvert à toutes les expérimentations technologiques, mais aussi économiques et sociales.

La délocalisation et relocalisation

« Rendre sa grandeur à l’Amérique », c’est aussi lui rendre sa stature d’arbitre salvateur plutôt que d’acteur embourbé, en revenant à un isolationnisme teinté de protectionnisme. Trump a ainsi promis de revenir sur l’ALÉNA signé par le président George H.W. Bush, d’interrompre le processus de ratification du TPP devant créer une zone de libre-échange autour du Pacifique, et de restaurer des barrières douanières prohibitives.

Des mesures qui doivent stopper les délocalisations, comme il l’expliquait lors du premier débat qui l’a opposé à Hillary Clinton, dans son style si caractéristique :

La première chose que vous devez faire, c’est d’empêcher les délocalisations. Les sociétés partent. Je pourrais en nommer, je veux dire, il y en a des milliers. Elles partent, et elles partent dans des nombres toujours plus grands. Et ce que vous devez faire, c’est dire : très bien, vous voulez partir au Mexique ou dans un autre pays, bonne chance. Nous vous souhaitons beaucoup de chance. Mais si vous pensez que vous allez fabriquer vos climatiseurs ou vos voitures ou vos cookies ou quoi que vous fassiez et les faire entrer dans notre pays sans taxe, vous avez tout faux. Et dès que vous dites qu’ils vont être taxés à l’entrée, et nos politiciens ne le font jamais, parce qu’ils sont liés à des groupes d’intérêts et que ces groupes veulent que les sociétés partent, parce que souvent, ils possèdent ces sociétés. Ce que je dis, c’est que nous pouvons les empêcher de partir. Nous devons les empêcher de partir.

« Empêcher de partir », mais plus « faire revenir » : le candidat Trump a progressivement abandonné son discours sur la relocalisation des emplois délocalisés en Chine, au point que le président élu Trump ne promet plus rien en ce sens. Peut-être parce qu’il y fait lui-même fabriquer les chemises et les cravates vendues sous son nom. Sans doute parce qu’il s’est rendu compte que c’était impossible, en particulier dans le domaine des technologies, comme nous l’avons déjà longuement expliqué.

Source : Image de une CC Gage Skidmore.

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259 Commentaires Signaler un abus dans les commentaires

avatar Ali Ibn Bachir ... 09/11/2016 - 18:19

Il pourrait y avoir des conséquences plus graves que les prix des gadgets.

avatar Djipsy5 09/11/2016 - 18:49 via iGeneration pour iOS

@Ali Ibn Bachir Le Gros

Donc jusqu'en 2016 il y'en a qui considèrent les ordinateurs et les smartphones comme des gadgets !? L'être humain est têtu.

avatar Ali Ibn Bachir ... 09/11/2016 - 18:56

Ce ne sont pas vraiment des gadgets en soi, mais si on remet les choses en perspective avec l'impact potentiel sur l'économie d'une présidence Trump, les problèmes de prix des Macs et des iPhones me semblent bien anecdotiques.



avatar McDO 09/11/2016 - 19:23

+1

avatar jean512 09/11/2016 - 19:44

on pourrai dire pareil avec clinton, meme pire !
Les gens se réveillent enfin, à quand le pen présidente ?

avatar Manubzh 09/11/2016 - 20:48

pire sur Clinton ?
vas y accouche parce que la fin de phrase va bien avec toutes les bêtises que tu nous sors habituellement sur d'autres sujets...
comme sur la fin de ton intervention, mais qu'elle vienne le pen, qu'on soit bien dans la merde avec son faux programme, que vous arrêtiez de nous emmerder avec vos appels à l'extrémisme, vous êtes juste gonflés de rancoeur et elle se sert de ça pour vous satisfaire, avec des phrases choc pour bien marquer les esprits mais dès qu'on parle de projets politiques et surtout de ce qui est réalisable, là il y a plus personne, ça sera pareil avec trump ...

avatar jean512 09/11/2016 - 23:27

Vous pourrez critiquez le bilan de trump quand il aura finit sont mandat, pareil si le pen est élu. Mais à votre place je ne jugerai pas trop vite.



avatar occam 09/11/2016 - 23:46 via iGeneration pour iOS

@jean512

Vous me rappelez furieusement ce sketch de Pierre Desproges : « Évitons de sombrer dans l'antinazisme primaire »
https://m.youtube.com/watch?v=Y6uULUvs__4

Sauf que chez vous, je ne sais pourquoi, il me semble que ce n'est pas du second degré...

avatar Jack.Atreides 09/11/2016 - 22:05 via iGeneration pour iOS

@jean512

Bientot j'espere

avatar Ali Ibn Bachir ... 09/11/2016 - 22:17

Marine Le Pen est un personnage très intéressant. C'était un bon avocat avant de se lancer dans la politique. Elle défendait des étrangers en procédure d'expulsion.

Aujourd'hui elle dirige un parti qui veut expulser les étrangers.

Elle sait profiter des opportunités et exploiter les tendances.

:-)

avatar fousfous 09/11/2016 - 22:20 via iGeneration pour iOS

@Ali Ibn Bachir Le Gros

Raison de plus pour ne pas faire confiance à ce genre de personnes.

avatar jean512 09/11/2016 - 23:31

avocat c'était son métier, pourquoi elle ne voudrais pas défendre un étranger ? idem pour ceux qui défendent les terroristes, c'est quoi le problème, ils font leur boulot, il faut bien qu'ils gagnent leur vie...
Quand on voit que le nationalisme monte de plus en plus, c'est que c'est ce que le peuple veut. Vous pourrez donnez votre opinion dans les urnes. Et si vous n'acceptez pas le résultat, alors partez.

avatar IceWizard 09/11/2016 - 23:58

Ali lbn Bachir ..
"Marine Le Pen est un personnage très intéressant. C'était un bon avocat avant de se lancer dans la politique. Elle défendait des étrangers en procédure d'expulsion.

Aujourd'hui elle dirige un parti qui veut expulser les étrangers.

Elle sait profiter des opportunités et exploiter les tendances."

Il ne faut pas la diaboliser. Elle a quand même UN coté sympathique : elle aime les chats. Pour le reste .. euh ..

avatar Manubzh 10/11/2016 - 08:27

ahahahah et les gens rasés et tatoués aussi :p

avatar Macuserman 09/11/2016 - 18:19 via iGeneration pour iOS

C'est vrai. Défendre publiquement ses opinions et ce en quoi l'on croit c'est un fail complet. Petit sot.

Quant à savoir ce qu'il fera je pense qu'entre le candidat qui voulait toucher le plus large électorat et le président qui se verra éduquer au fur et à mesure il y aura une marge.

Les secteurs les plus inquiétants car menacés sans ménagement sont la santé, l'éducation (on a déjà évoqué Carson, oui oui un créationniste pur souche, à l'éducation), l'environnement et le High-Tech.
Le reste on verra.

Beaucoup de français se plaignent d'une catastrophe. C'est ridicule. C'est un processeur éminemment démocratique que délire quelqu'un.

J'ai beaucoup de mal à me faire à l'idée que HC ne soit pas la présidente (on peut la critiquer mais je l'aurais mille fois élue pour ce qu'elle représente et non pour qui elle est) mais je pense qu'il faut lui donner une chance.
La réalité du monde se rappellera à lui soon enough.

Wait & see ! :-)

PS : en espérant que les 4.9% de chômage aux États Unis ne se transforment pas en 8%-12% dans 4 ans.

avatar Hideyasu 09/11/2016 - 19:38 via iGeneration pour iOS

@Macuserman

Je suis d'accord pour la partie Trump. Concernant Clinton moins. Elle ne vaut pas mieux que Trump et cache beaucoup de chose que Trump disait sans gènes.

Quand j'entends des personnes dire que l'élection de Trump signifie 3e guerre mondiale j'ai envie de les pendre, quand on sait que Clinton est une partisante à la guerre, quand Trump ne veut plus intervenir militairement partout. Et c'est d'ailleurs pas plus mal, il y aurait moins de soucis aujourd'hui si ils y avaient pensé avant

avatar fousfous 09/11/2016 - 19:49 via iGeneration pour iOS

@Hideyasu

C'est pas Trump qui la déclenchera la 3eme guerre mondial (enfin je pense), par contre le fait que les russes, les chinois, les turques et les nord coréens se sentent libre de faire ce qu'ils veulent ne va pas être bon du tout...

avatar Hideyasu 09/11/2016 - 19:58 via iGeneration pour iOS

@fousfous

Trump est plus proche des russes que Clinton, je suis pas sûr que montrer son affront envers un pays le calmera. Vaut mieux coopérer avec les puissances mondiales que toujours être sous tension (avis perso)

avatar fousfous 09/11/2016 - 20:04 via iGeneration pour iOS

@Hideyasu

Le problème c'est que Poutine veut vraiment s'étendre, et sans contrepoids ça va mal finir.

avatar Hideyasu 09/11/2016 - 20:07 via iGeneration pour iOS

@fousfous

Oui pour Poutine le plus grand drame du 20e siècle c'est la chute de l'URSS ^^ l'avenir nous dira si la Crimée n'est qu'un début ou pas, mais je pense pas que la Russie touchera un pays membre de l'UE, ca serait un affront direct et stupide. Donc la marge de manœuvre est limitée

avatar Derw 10/11/2016 - 00:45

Sans avoir à envahir des pays, Poutine peut très bien étendre son influence en soutenant militairement des régimes qui se placeront de facto sous sa coupe. L’investissement de la Russie en Syrie est une forme d’expansion militaire.

Et puis il y a la Chine et la Corée du Nord qui vont se sentir bien à l’aise dans le Pacific si Trump fait ce pour quoi il a été élu…

avatar Manubzh 09/11/2016 - 20:50

de les pendre rien que ça ?

mon dieu ... mais où va-t-on... tout fout le camp dans ce pays ..

avatar Raph0658 09/11/2016 - 18:23 via iGeneration pour iOS

Si j'avais su que Peter Thiel finançait la campagne de ce mec je n'aurai pas acheté son livre tiens!

Sinon La vision de Trump sur l'environnement est glaçante, c'est aussi Tesla qui devrait en pâtir.

avatar fransik 09/11/2016 - 18:24 (edité)

… p*%&çN, MacGé, je vous aime.
Merci.

avatar fautedegout 09/11/2016 - 18:24 via iGeneration pour iOS

Je reitere : l'auteur de l'article croit vraiment que Trump a gagné si largement sur la seule base des Wasp ?

Sincèrement ?

Risible.

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