Tim Cook vante l'économie des apps et la régulation européenne [en vidéo]

Mickaël Bazoge |

Après un voyage en Chine puis en Inde, Tim Cook poursuit son tour du monde par une escale aux Pays-Bas. Le patron d’Apple est en effet de passage à Amsterdam, où il a rencontré AssistiveWare, un éditeur de solutions d’assistance pour les personnes souffrant de déficiences physiques, et où il a visité la maison d’Anne Frank :

Tim Cook était aussi présent dans la capitale hollandaise pour participer aux rencontres du Startup Fest Europe, un nouveau raout visant à éclairer les créateurs de jeunes pousses. Il était pour l’occasion interrogé par Neelie Kroes, ancienne commissaire européenne chargée de la société numérique jusqu’en 2014 (et auparavant commissaire à la concurrence). L’occasion était belle pour Tim Cook d’évoquer l’économie des apps, un thème cher au cœur d’Apple, mais aussi tous les sujets du moment.

Apple cherche à réduire les frictions que peuvent ressentir les start-ups au moment de mettre sur le marché une application, en facilitant les démarches techniques et de marketing — même si tout est loin d’être parfait du côté de l’App Store. L’objectif est de faire en sorte que les créateurs de l’entreprise se concentrent sur leur produit en lui-même.

Neelie Kroes.

Un iPhone sert à bien plus que simplement consulter ses e-mails et surfer sur internet : l’économie des apps n’en est encore qu’à ses débuts, estime-t-il. Tim Cook vise en particulier le secteur du médical et de la santé, là où les applications peuvent apporter des réponses à des problèmes importants (simplification de l’administratif, amélioration de la gestion des soins). Idem pour le monde de l’entreprise, où peu d’entre elles exploitent pleinement des applications adaptées à leurs activités.

Parmi les domaines d’intérêt pour lesquels les observateurs de la chose Apple devraient s’intéresser, Tim Cook pointe les frameworks open-source comme ResearchKit et CareKit. L’Apple Watch est un des vecteurs qui permettra de mesurer toujours plus précisément l’activité physique ainsi que la bonne santé de l’utilisateur. Cette vision du produit ne peut pas encore se concrétiser complètement, admet-il, car les technologies ne sont pas encore prêtes. Quand ce sera le cas dans plusieurs années, on se demandera comment on a fait pour se passer de l’Apple Watch, assure Tim Cook.

Une partie de l’avenir du constructeur se trouve ici, estime-t-il, aussi bien en termes de développement que de revenus. Plus léger, le secteur du divertissement est également nommé, en particulier pour la télévision et l’Apple TV. En revanche, il n’est pas question de faire d’Apple un opérateur virtuel (MVNO), malgré la rumeur qui court épisodiquement sur le sujet. « Notre expertise ne s’étend pas au réseau [cellulaire] », a-t-il dit. « Généralement, les choses que nous faisons chez Apple se destinent au monde entier. Nous n’avons pas les capacités [pour créer un] réseau cellulaire. Nous ferons des choses avec des cartes e-SIM mais en général, nous laissons les opérateurs s’en occuper ».

Tim Cook a également tressé des lauriers à l’Europe, et notamment aux législations qui permettent de bâtir sur du solide. Il pense également que les start-ups ne devraient pas rencontrer de problème pour obtenir des fonds et des capitaux pour croître sur le sol européen (bien souvent, les créateurs de ces toutes jeunes entreprises s’en vont aux États-Unis pour trouver du financement).

Le PDG d’Apple ressent aussi un renouveau économique en Europe, qui va stimuler non seulement les ventes d’Apple sur le vieux continent (évidemment), mais aussi plus largement toute l’activité dans la région. Neelie Kroes a un petit peu refroidi l’enthousiasme de Tim Cook en lui rappelant le « jardin fermé » d’Apple. Ce à quoi il a rétorqué qu’un App Store comprenant 2 millions d’apps n’était pas si fermé que cela. Il a également loué le système de validation de l’App Store (il y aurait pourtant à redire), qui donne confiance à l’utilisateur et le pousse à télécharger toujours plus d’applications.

Dans les locaux d’AssistiveWare.

Tim Cook a aussi défendu la position d’Apple sur la protection des données, comparant l’entreprise à un transporteur livrant des messages sous scellés. À l’heure où les gouvernements européens, notamment au Royaume-Uni et en France, aimeraient obtenir des passe-droits dans iOS, c’est un message toujours bon à rappeler.

Enfin, il a conseillé aux entrepreneurs présents qu’il leur fallait se concentrer sur le produit, plus que sur l’apparat de leur bureau (transmis au maitre d’œuvre du pharaonique Campus 2…). À l’instar d’Apple, il a aussi déclaré qu’il ne fallait pas avoir peur de voir ses produits se « cannibaliser » en évitant les compromis lors du développement de leurs nouveautés.

Mise à jour — Voici la vidéo de l’interview de Tim Cook au Startup Fest.


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avatar NEWIPHONE | 

Il est drôle ce Tim Cook mais bon il défend sa crémerie

avatar Lonesome Boy | 

Je pense que vous avez fait une erreur de traduction que beaucoup font, et même des dictionnaires: "regulation" en anglais quand on parle des lois = réglementation en français, et pas régulation

avatar Mickaël Bazoge | 
En fait, d'après ce que j'ai compris, Cook loue aussi bien l'un que l'autre j'ai l'impression.
avatar Kriskool | 

De toute façon la réglementation vise la régulation

avatar byte_order | 

Souvent, mais pas toujours.
La réglementation sur les drogues ne vise par la régulation de la vente de drogue.

avatar Lonesome Boy | 

@Kriskool :
C'est ce que ça vise, mais c'est pas toujours ce que ça obtient. Des fois, on obtient l'effet inverse...

avatar C1rc3@0rc | 

@Kriskool

Non, la regulation est a la fois un objectif possible mais aussi un moyen.
La reglementation vise a organiser une activité dans un cadre social avec le moins de risques de conflits possibles et en tentant d'optimiser et rationaliser le fonctionnement.

Cook defend l'un et l'autre si on en croit ses references politiques et philosophiques.

Apres son discours par rapport a Apple a une base reelle et mais aussi du marketing. La realité c'est que l'economie des applications est un veritable modele de rupture par rapport au modele americain des firmes d'editions qui controlaient tout le marché empechant les petites societes et les artisans du logiciel d'avoir la moindre chance d'exister. Les concepts de Shareware et Donationware sont nés de cette impossibilité et ont echoué. Le modele de l'App store lui a reussi, pas encore assez et il demande de serieuses amelioration, mais le concept fonctionne.
Aujourd'hui a 99$ n'importe qui peut developper une application et la mettre en vente sur les store dApple sans passer par des majors.

Apres, tout le discours sur la santé c'est du marketing. La seule chose de vrai c'est que les techno sont pas au point et pas disponible et que les cadres legaux sont inadaptés ou inexistant.

Faudra certes des bio-capteurs pour etablir les profiles biologiques en temps reel mais il faudra surtout une constance et une integration impossible a l'heure actuelle.

Et si Cook tente de ramener la tocante sur ce domaine, c'est parce que son domaine initiale - de la bijouterie et de PDA - est un échec cinglant, donc il tente de recuperer les résidus et de les recycler dans le succès relatif des "trackers"!

avatar françois bayrou | 

"Apple cherche à réduire les frictions que peuvent ressentir les start-ups au moment de mettre sur le marché une application, en facilitant les démarches techniques et de marketing — même si tout est loin d’être parfait du côté de l’App Store"

Donc après avoir créé un obstacle, ils proposent d'apprendre à l'apprivoiser. Sympa mais peux mieux faire, non ?

avatar Karamazow | 

Vous n'avez pas parlé des autres "jeunes pousses" cultivées à Amsterdam !

Pensez-vous que Tim venait ici pour les rencontrer également ?

avatar padbrest | 

Allez, juste pour faire le malin : Tim Cook n'est pas le maître d'œuvre du campus (sauf si c'est lui qui a dessiné son bureau ;) mais le maître d'ouvrage.

avatar occam | 

Pendant que Tim Cook vante l'économie des apps, Marco Arment pond une analyse contraire qui fait froid dans le dos :

https://marco.org/2016/05/21/avoiding-blackberrys-fate

Ayant vu les présentations de Google la semaine passée, je pense que Marco Arment a raison d'être pessimiste:

« Today, Apple’s being led properly day-to-day and doing very well overall. But if the landscape shifts to prioritize those big-data AI services, Apple will find itself in a similar position as BlackBerry did almost a decade ago: what they’re able to do, despite being very good at it, won’t be enough anymore, and they won’t be able to catch up.

Amazon, Facebook, and Google — especially Google — have all invested heavily in big-data web services and AI for many years, prioritizing them highly, iterating and advancing them constantly, accumulating relevant data, developing effective algorithms, and attracting, developing, and retaining tons of specialized talent.

…Apple is showing worryingly few signs of meaningful improvement or investment in these areas. Apple’s apparent inaction shows that they’re content with their services’ quality, management, performance, advancement, and talent acquisition and retention. And they may be right — they may be fine.

If Google is wrong, and computing continues to be defined by a tightly controlled grid of siloed apps that you poke a thousand times a day on a smooth rectangle of manufacturing excellence, Apple is fine. They’re doing a great job of what computing is today, and what it will probably continue to be for a long time.

But if Google is right, that’s a big problem for Apple. »

avatar MacRicow | 

@occam : Marco Arment est un développeur web/IOS journaliste, il donne ici un point de vue et son «analyse» ne semble pas très poussée sur le sujet.

Apple est sans doute plus secrète que Google, Facebook et Amazon, mais l'entreprise investit dans le Big Data depuis longtemps, même si on ne sait pas précisément comment elle le gère et comment elle l'exploite (https://datafloq.com/read/apple-re-invent-big-data/452). En gros, on sait juste qu'il y a des quantités phénoménales de données.

Le Big Data d'Apple est lié de près à l'économie des applications justement, je ne vois pas en quoi le Big Data serait en contradiction avec le paradigme des applications.

Ce n'est sans doute pas pour rien non plus si Apple s'est liée en 2014 à IBM (http://www.latribune.fr/technos-medias/20140716trib000840144/apple-et-ibm-s-allient-pour-faire-entrer-le-big-data-dans-l-iphone-et-l-ipad.html).

On peut observer que l'intelligence artificielle est au coeur des préoccupations d'Apple avec le rachat d'Emotient en janvier (http://www.informationweek.com/big-data/big-data-analytics/apple-acquires-emotion-recognition-specialist-emotient/d/d-id/1323811). Ce rachat montre qu'Apple a sans doute conscience du besoin d'avancer plus loin dans ce secteur. Google, Facebook et Amazon parient sur l'intelligence artificielle avancée? Force est de constater qu'Apple aussi, même si Marco Arment n'a pas ce sentiment.

Sans aucun doute, les choses évoluent et rien n'est acquis pour Apple, mais c'est vrai pour tous les acteurs, pas uniquement pour Apple. Et de là à comparer Apple avec Blackberry, il en fume de la bonne le Marco Arment.

avatar Akes | 

Au secours les fringues de Tim ... il devrait se faire aider.

avatar C1rc3@0rc | 

Moais tu l'as pas vu en bermuda/tongue et chemise hawaienne a son bureau ;)
Il s'adapte a son environnement ;)

avatar alderaan | 

L'une de mes apps s'est vendue à un peu plus de 12'000 unités. C'est pas simple d'arriver à ce chiffre. Ben, à $1 (courses des prix vers le bas oblige), je me suis vite remis au consulting. Je fais le même revenu (en développant des apps pour d'autres) en moins de deux semaines. L'économie des apps... hehe, ça fait sourire.

avatar C1rc3@0rc | 

@alderaan

Moais, 12000 c'est deja une belle reussite.
Maintenant faudrait que tu dises combien cela t'as reelement couté et de faire un comparatif avec l'epoque d'avant les app store si tu avais du passer par un editeur...

Le fait qu'Apple ait créé une alternative viable face a l'industrie de l'edition ne veut pas dire qu'il suffit de savoir programmer pour gagner sa vie correctement, mais que l'opportunité existe. Apres, de developpement c'est un metier et autour il y en a d'autres qui font que le produit peut devenir rentable.

avatar MacRicow | 

@alderaan : c'est quoi ton app? Faudrait peut-être faire un peu de promo, ça pourrait améliorer le résultat… ;)

Je rejoins C1rc3@0rc, un projet d'app ne peut pas se passer de vision marketing si l'objectif est la rentabilité, c'est-à-dire au minimum la viabilité de l'activité de développement intrinsèque.

Est-ce une app à destination grand public ou à destination de techniciens par exemple? Plus la cible d'une application est réduite, forcément, plus le risque est grand de voir la rentabilité de l'application réduite. Mais toutes les applications ne sont pas nécessairement développées pour être strictement rentables, nombre d'applications étant périphériques d'une activité tierce.

Forcément, en fonction du périmètre de la cible, tous les projets ne sont pas forcément rentables et il me semble difficile de réfuter l'économie des apps sur la base d'une seule prise de risque.

Si tu as passé 3 jours en hobby (juste pour le plaisir) à développer ton app et que tu en as vendu 12000, le rapport est plutôt pas mal (plus de 8000€ en trois jours, c'est pas mal non?). Si tu as mis trois mois à la pondre (et que forcément, tu y passes encore un peu de temps par ci par là pour la maintenance), c'est clair que c'est tout de suite moins rentable (faut bien payer les impôts), même si beaucoup apprécieraient avoir la capacité de générer un tel revenu. Et si tu y as passé plus de temps, c'est sans doute qu'il a manqué quelque chose au projet que tu ne peux pas reprocher à l'écosystème des apps.

Est-ce une app multilingue? Forcément, plus il y a de langues dans une application, plus le public potentiel est important. Et il est aussi important que les traductions soient soignées. Le nom même d'une application doit être bien choisi pour être lisible dans le plus de langues possibles (c'est-à-dire qu'on puisse, dans l'idéal, savoir rien qu'avec le nom à quoi sert l'application).

Et bien sûr, plus le temps passe, plus la concurrence est rude…

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