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Jonathan Ive, sa montre, ses voitures, ses obsessions…

Florian Innocente | | 18:22 |  57

Autres anecdotes

Il y aura un peu de Jonathan Ive dans le prochain Star Wars… Lors d'une discussion avec le réalisateur J. J. Abrams, l'un de ses amis, Ive lui a fait des suggestions « très précises » sur le design des sabres lasers. Des propositions retenues et que l'on verra dans l'épisode VII Le Réveil de la Force. En quoi consistent ces changements ? Ive n'a pas dit mot à propos du nouveau sabre laser en forme de crucifix que l'on voit dans la première bande-annonce « J'ai pensé que ce serait plus intéressant s'il [le sabre] était moins précis, et un tout petit peu plus baveux. Plus analogique, plus rudimentaire. Ce pourrait être d'une certaine manière plus inquiétant ». Fini les lasers bien nets, place aux lasers un peu baveux.

Jonathan Ive roule en Bentley Mulsanne noire (en plus d'une Aston Martin DB4) pour faire l'heure de trajet qui sépare son domicile de son bureau. On le savait. Mais une Bentley avec chauffeur, et ce depuis un peu plus d'un an.

Bentley Mulsanne

Un type de véhicule dont Ive admet volontiers qu'il peut faire jaser tant il paraît anachronique avec ce que l'on imagine de l'individu. Il explique apprécier cette voiture uniquement sur la base de critères de design, malgré toutes les autres connotations associées. Il a d'ailleurs une tendresse particulière pour les Bentley, il a acheté sa première il y a dix ans. Et un privilège d'être conduit qu'il a accepté, dit-il, en renâclant. On peut supposer qu'Apple préfère que l'un des salariés les plus importants de l'entreprise soit transporté de la manière la plus sûre possible… Pour autant, Jeff Williams, qui a la haute main sur toute la logistique d'Apple roule dans une « vieille Toyota Camry », ajoute l'article.

Toyota Camry

Est-ce que les produits Beats tels qu'ils existent aujourd'hui auraient pu être dessinés par Ive et son équipe ? « Évidemment, vous pouvez les regarder et répondre par la négative » fait observer Tim Cook « Mais on ne l'a pas acheté [Beats] pour ce qu'il est aujourd'hui, on l'a acheté pour ce qu'il a les moyens d'être demain ». Ce qui ne veut pas dire que Beats va changer de personnalité du tout au tout maintenant que l'entreprise appartient à Apple, prévient Cook « On verra ce qu'il en est au fil du temps ».

Le studio de design d'Apple est prolongé par l'espace dédié aux machines-outils servant à réaliser des prototypes et usiner des pièces. Elles sont intégrées à l'endroit autant que possible et à dessein « Elle servent à fabriquer des objets physiques, et c'est notre travail » explique Ive. Elles aident à faire de ce studio un atelier, où l'on dessine mais où l'on manipule aussi la matière. Du point de vue de Ive, certaines erreurs en design industriel sont le fait d'une méconnaissance de ce que l'on peut faire ou pas avec les matériaux.

Au fil des années, Apple a de plus en plus intégré des tâches qu'elle déléguait à ses partenaires. Par exemple, explique Dan Riccio, le patron de l'ingénierie matérielle, LG a énormément aidé Apple pour l'un des anciens iMac. Car la Pomme ne savait pas comment le produire « Aujourd'hui on le fait à 100% en interne ».

Apple travaille toujours en collaboration étroite avec des prestataires mais elle leur apporte des produits beaucoup plus aboutis en amont que par le passé. Il y a quelques années, explique Ive, un designer pouvait considérer qu'il avait rempli son rôle lorsqu'il avait un dessin de son produit : « Aujourd'hui, la définition de la forme n'est que la première étape. » Apple fournit à ses sous-traitants toutes les données d'usinage, le tracé à suivre par la machine outil, la vitesse d'usinage, le niveau de lubrification nécessaire, etc.

Ce qui fait dire à l'une des personnes interrogées dans l'article (la conservatrice du MOMA de New York — Paola Antonelli — qui expose nombre de matériels de la Pomme) qu'Apple créait des conditions de fabrication pour ses produits qui rendent compliquées leur copie. C'est une chose de vouloir faire un même produit. C'en est une autre s'il faut, en plus, reproduire son processus de fabrication lorsqu'il est complexe et le fruit d'investissements très lourds, tant techniques que financiers et consentis sur une longue période.

Robert Brunner, ex patron du design d'Apple, il a recruté Ive dans les années 90

Bob Brunner, ancien patron de Jonathan Ive, à la tête de son propre studio de design (Ammunition, les casques Beats c'est eux), raconte que peu de temps après la sortie de l'iPhone, il a été contacté par une « très grosse entreprise coréenne ». On lui a demandé de créer un téléphone concurrent en l'espace de six semaines. Riant encore aujourd'hui de cette proposition il a répondu à l'époque quelque chose comme « Vous ne vous rendez pas compte, cela a pris des années [pour Apple]. Des années pour des gens très compétents ».

Brunner cite également l'exemple du premier MacBook Air dont la coque unibody a été produite à partir d'un seul bloc d'aluminium usiné « Apple a décidé que c'était ainsi qu'ils voulaient procéder et ils sont allés acheter 10 000 machines à commande numérique ».

Le premier cercle de l'équipe d'Ive est constitué de 19 designers. Apple emploie trois personnes dont la seule tâche est d'aller dénicher la perle rare qui les rejoindra. Ce qui peut arriver pour un heureux(se) élu(e), une fois dans l'année. Dans le futur Campus 2, le studio design occupera un espace de 2 800 m2 qui réunira les designers industriels et tout le personnel de l'équipe Interface Utilisateurs que dirige aussi Ive.

Une partie de l'équipe d'Ive, à droite en blanc le français Jérémy Bataillou, recruté à l'ENSCI par les chasseurs de tête d'Ive — Cliquer pour agrandir

Ive participe aussi à l'élaboration des plans intérieurs de Campus 2 (accessoirement c'est le même cabinet d'architectes, Foster + Partners, qui dirige la rénovation de sa maison). Il raconte avoir appris 2 ou 3 choses aux architectes sur la géométrie des angles intérieurs. Dans les salles de Campus 2, le point d'intersection entre le sol et les murs sera légèrement courbé vers le haut (on voit notamment ces plinthes à gorge dans les hôpitaux ou collectivités pour éviter les dépôts de poussière pénibles à nettoyer, ndlr). Les détails, toujours.

Article complet sur le site du New Yorker : The Shape of Things to Come

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57 Commentaires Signaler un abus dans les commentaires

avatar TmrFromNO 17/02/2015 - 15:14

Ses conquêtes féminines

Oops, nvm.

avatar Stardustxxx 17/02/2015 - 18:09

Quel homme formidable et modeste : il eu l'idée des sabres lasers brouillon du prochain Star Wars, il apprends des choses aux architectes, ....

Autant on peut apprecier le talent de cet homme en design, autant ce genre de déclaration nous entraine directement dans le "people". Saint John Ive!!!!

avatar TmrFromNO 19/02/2015 - 06:26

Quand on voit la tronche des sabres du prochain SW, y'a pas de quoi s'en réjouir.



avatar Penible 18/02/2015 - 22:18

Ive c'est un peu comme Jobs : c'est toujours plus facile de passer pour LE génie quand on est en haut de la chaine de commandements d'une armée de cerveaux/designers ...

La propag... euh communication reste leur talent majeur ...

avatar ApplePhone 19/02/2015 - 16:36 via iGeneration pour iOS

@PINOCU :
Mdr

avatar diegue 20/02/2015 - 00:24

Cet article me rend J. Ive plus compréhensible.
Le problème des grands designers est qu'ils ne sont pas éternels et qu'ils ont un poids tel pour la marque qu'ils peuvent la planter le jour où ils ne perçoivent plus les attentes des clients !

avatar MiniMac 08/03/2015 - 14:46 via iGeneration pour iOS

4 ans de réflexion !!!
Ils ne devraient pas tomber à côté !

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