Apple + IBM : une nouvelle aventure pour un vieux couple

Mickaël Bazoge |

Avec l'initiative MobileFirst for iOS développée en partenariat avec IBM, Apple pousse ses solutions mobiles dans le grand bain de l'entreprise. Au détriment du Mac ? Cela reste à voir, mais il est désormais plus clair que jamais l'avenir du constructeur de Cupertino dans le monde de l'entreprise passe par l'iPhone et l'iPad.

Et pour cause : Tim Cook ne cesse de le marteler, et c’est une fois de plus le cas dans le communiqué de presse annonçant le partenariat, « l’iPhone et l’iPad sont les meilleurs appareils mobiles au monde, et ils ont transformé les méthodes de travail dans 98 % des entreprises du Fortune 500 et dans 92 % des entreprises du Global 500, qui utilisent des appareils iOS au quotidien dans le cadre de leur activité », rappelle-t-il.

Le phénomène du BYODbring your own device ») a joué un rôle central dans l’implantation des solutions mobiles de la Pomme dans le secteur habituellement verrouillé de l’entreprise par des DSI généralement acquis à la cause de Microsoft ou de Linux. En autorisant leurs employés à utiliser leurs appareils mobiles personnels (iPhone et iPad et autres plateformes), les entreprises ont dû adapter leurs outils logiciels à la nouvelle donne.

Or, il est de notoriété qu’Apple a quelque difficulté à se montrer souple et flexible, y compris envers de fortunés grands comptes dont certains ont eu du mal à digérer la mort de l’Xserve en 2011. Tim Cook lui-même, dans une interview pour CNBC, admet que « la réalité est que la pénétration [des solutions mobiles d'Apple] dans les entreprises (…) est toujours lente. Si nous pouvons procurer aux entreprises le genre de transformation que nous avons apportée aux consommateurs grand public, je pense qu'il y a ici une grande opportunité ».

La philosophie du « One size fits for all », qui évite à Apple de multiplier les modèles d’iPhone ou d’iPad pour accommoder telle ou telle clientèle, ne fonctionne pas dans le monde de l’entreprise, où chaque société a ses besoins propres. Le constructeur, tout entier tourné vers ses produits grand public et « prosumer », n’a pas l’assise ni l’expertise pour répondre à la demande multiforme des entreprises. IBM était, à cet égard, le partenaire idéal pour adapter la plateforme iOS aux besoins de ce secteur.

Tim Cook et Ginni Rometty, CEO d'IBM.

MobileFirst, preums sur les services mobiles aux entreprises

MobileFirst est un programme créé il y a un an par IBM et destiné à répondre à la demande grandissante des entreprises en matière de mobilité. Si le partenaire d’Apple va continuer à proposer des solutions pour d’autres systèmes d’exploitation (Android, notamment), le volet « for iOS » est un ajout significatif à cette initiative, puisqu’il consiste à développer des applications iOS « prêtes pour l’entreprise ».

Concevoir des logiciels spécifiques est une chose, il faut ensuite pouvoir les déployer et en gérer la maintenance. Sur son site Business, Apple propose bien d’utiliser des outils « MDM » (Mobile Device Management) de tierce partie afin de simplifier la gestion de flottes de terminaux iOS, et a mis en place un programme d’achat d’apps en volume, mais ces solutions restent limitées dans leur portée pour les grandes entreprises.

IBM va mettre à disposition d’Apple sa force de frappe sur le terrain : 100 000 consultants dans tous les secteurs et 5 000 experts mobiles qui pourront répondre aux demandes spécifiques des divers domaines d’activité faisant déjà affaire avec IBM — et l'on parle ici des très grandes entreprises comme des PME, qui n'ont pas toutes les moyens d'avoir un DSI; celles-ci vont se voir offrir des solutions adaptées utilisant des terminaux probablement très populaires parmi leurs employés.

Les deux partenaires sont d’ores et déjà en plein développement d’une centaine de solutions (des applications) pour les secteurs de la distribution, de la santé, de la finance, du tourisme et du transport, entre autres. Ces applications, dont les premières devraient être montrées à l’automne avant un lancement en 2015, sont conçues pour fonctionner sur les infrastructures d’IBM et embarquent les solutions d’analyse de données, de flux de travail et de stockage de données dans le nuage du géant des services, le tout combiné à la simplicité de l’expérience utilisateur et de gestion des terminaux sur iOS. C'est du moins ce qui est promu dans le texte de cet accord. Ce partenariat est « exclusif », ne cesse de marteler le communiqué de presse. Une porte-parole d’IBM le confirme une fois de plus à Macworld : « Ce que nous disons, c’est que les [applications et services] se destinent spécifiquement à l’iPhone et l’iPad ».

Outre le volet purement technique de ce partenariat, se joue également une carte plus psychologique. L’image de marque très forte d’IBM dans le milieu de l’entreprise va rassurer des DSI réputés pour leur frilosité : « Si IBM arrive et dit "Nous allons nous assurer que le matériel d'Apple fonctionne bien avec les autres outils que vous utilisez", cela fera en sorte d'apaiser les gens du département informatique », explique l'analyste Roger Kay.

De fait, IBM obtient un accès privilégié aux API bas niveau d'iOS, par exemple Localiser mon iPhone ou l'accès à distance. Cette souplesse inédite va permettre à Big Blue de répondre aux besoins particuliers de ses clients, gagnant ainsi un sérieux avantage sur la concurrence. Quant à Apple, elle laisse à un partenaire sérieux et fiable le soin de gérer une clientèle avec laquelle le constructeur n'est pas forcément très à l'aise quand il est question de services. Sans compter qu'IBM va pouvoir vendre iPhone et iPad en grands volumes…

IBM, quand l’histoire repasse les plats

L’histoire — ou plutôt devrait-on dire les histoires — entre Apple et IBM est riche, souvent fructueuse, parfois épidermique. À ses débuts, Big Blue était l’ennemi juré de Steve Jobs; après tout, derrière le Big Brother du spot 1984 se cachait IBM… En 1988, le fondateur d’Apple parti créer NeXT après son éviction de la Pomme, ravale son chapeau et noue un partenariat avec IBM afin d’adapter le système d’exploitation de NeXT sur des machines de l’ancien ennemi. En 1992, IBM participe à la conception d’OpenDoc, un framework dont l’idée vint à Apple qui souhaitait alors ardemment concurrencer Microsoft sur le terrain des applications. OpenDoc devait révolutionner la manière dont nous utilisons des logiciels, grâce à un système flexible et très innovant de modules. En 1997, le retour de Steve Jobs aux commandes d’Apple signa l’arrêt de mort de ce projet.

En 1982, Apple accueillait le premier PC d'IBM avec un gentil message de bienvenue.

Au début des années 90, le projet Taligent, un co-développement d’Apple et d’IBM, devait réinventer le système d’exploitation. Mais en 1995, Apple, préférant se tourner vers Copland, avait perdu tout intérêt dans cet OS laissé aux seuls soins de son partenaire, qui l’abandonna finalement en 1998. Nouvelle crise en 2005, après l’annonce durant la WWDC de l’abandon de l’architecture PowerPC de Motorola et d’IBM : les Mac vont désormais carburer aux processeurs Intel, alors que deux ans plus tôt la puissance du G5 devait laisser loin derrière le fondeur de Santa Clara et ses Pentium… Mais le bouillonnant G5 n'arrivait pas à se glisser dans les portables, une lacune devenue de plus en plus problématique pour Apple au vu de l'essor de cette catégorie de PC. L'alliance AIM (IBM, Motorola et Apple) à l'origine du développement du PowerPC avait vécu.

En décembre 1983, Steve Jobs montrait tout son respect pour IBM. Plus tard, à son retour aux commandes, Apple, IBM (et Motorola) resteront plusieurs années durant partenaires jusqu'à la fin de l'aventure PowerPC et au basculement vers Intel.

Mais à chaque fois qu’Apple s’est tournée vers IBM, et malgré l’animosité initiale de Steve Jobs, Big Blue a toujours répondu présent. Depuis sa création en 1911, la Computing Tabulating Recording Company, devenue International Business Machines en 1924, a su s’adapter. IBM n’est plus, et depuis longtemps, ce géant arrogant vilipendé par le fondateur d’Apple. Le constructeur informatique s'est mué en société de services et de conseil aux entreprises, avec un grand succès.

En 1964, le système IBM 360 prenait un peu de place.

La bascule s’est opérée en 1993 sous le magistère de Louis V. Gerstner. À l'époque, devant les mauvais résultats du groupe, le marché réclamait un éclatement de l'entreprise en plusieurs petites entités chargées de développer et de commercialiser les nombreuses gammes de produits du constructeur. Gerstner a préféré conserver l'intégrité de la société, en la réorientant vers le service et en proposant des solutions mieux intégrées. Les services et le conseil comptent désormais pour la moitié des revenus du groupe.

En plus de ses activités de conseil, IBM est également un repaire d'ingénieurs logiciels, qui permettent à l'entreprise de proposer à ses clients des solutions d'infrastructure complètes. De la branche Software d'IBM, le grand public connait Lotus Notes, devenues IBM Notes depuis la version 9, un logiciel de messagerie et de travail collaboratif. Les plus anciens ont peut-être encore en mémoire le système d'exploitation OS/2 qui intégrait OpenDoc, développé avec Apple. Les activités de la société vont bien au-delà de ces vitrines : les logiciels IBM se retrouvent surtout comme intermédiaires (middleware) entre un OS et un logiciel.

C'est cette expertise unique en matière logicielle et de conseils qu'Apple est venue chercher. Mais le constructeur de Cupertino n'est pas le seul : IBM a également noué par le passé des partenariats avec BlackBerry et Palm afin de rapprocher leurs plateformes avec le monde de l'entreprise… sans obtenir les fruits attendus par les deux fabricants mobiles. Apple réussira-t-elle à faire mieux ? Il semble en tout cas que les deux partenaires se soient donnés les moyens de faire la différence.

La concurrence retient son souffle

  • Chez BlackBerry

Ce partenariat d'envergure entre Apple et IBM risque bien d'être le dernier clou qui reste à planter dans le cercueil de BlackBerry. Le constructeur canadien, qui s'est restructuré autour de son marché originel des entreprises en espérant sortir la tête de l'eau, n'avait pas vraiment besoin de voir débarquer deux concurrents aussi sérieux sur son dernier pré carré. La Bourse ne s'y est d'ailleurs pas trompée : au lendemain de l'annonce de l'accord, l'action BlackBerry flanchait de 10%.

Trois jours avant le communiqué de presse conjoint d'Apple et d'IBM, c'est un BlackBerry prémonitoire (et un rien péremptoire) qui lançait sur son blog une attaque en règle contre iOS 8 en entreprise, expliquant que la sécurité, la productivité et la gestion de flotte étaient de son côté. « BlackBerry restera l'appareil de prédilection de tous ceux qui font le choix de la sécurité et de la productivité », concluait le constructeur.

« BlackBerry restera l'appareil de prédilection pour ceux qui font le choix de la sécurité et de la productivité. Notre héritage est présent dans nos terminaux sécurisés d'entreprise, et avec BlackBerry 10 nous proposons le meilleur appareil pour la sécurité, la productivité, la communication et la collaboration pour les entreprises partout dans le monde ». Un des « faits » de BlackBerry.

Il est difficile d'accuser en creux qu'iOS n'est pas sécurisé : bac à sable pour les applications, chiffrement des courriels iCloud, Touch ID, canaux chiffrés SSL/TLS pour les apps, wi-fi WPA2, support de S/MIME pour les courriels… alors que seuls les utilisateurs de BES (BlackBerry Enterprise Server) sous BlackBerry 10 (la dernière version de l'OS mais pas encore la plus répandue du fabricant) - y ont accès ! De plus, la plateforme d'Apple a prouvé au-delà de tout doute sa productivité grâce à un écosystème applicatif particulièrement riche et qui va croissant — difficile d'en dire autant de BlackBerry.

  • Chez Microsoft

Alors que le marché de l'entreprise est relativement neuf pour les solutions iOS d'Apple, la situation de Microsoft est différente. Comme sur le marché grand public, l'éditeur est au milieu du gué et il cherche à se renouveler après une domination pratiquement sans partage. Le PDG de Microsoft, Satya Nadella, est un spécialiste de l'informatique dans le nuage, un profil idéal pour réinventer les services destinés aux entreprises.

En attendant de mettre la main sur la martingale, l'entreprise va d'abord devoir entamer une mutation : par rapport à Microsoft, Apple n'a qu'une poignée de produits sur lesquels la société peut porter toute son attention. La Pomme va laisser à IBM le soin de concevoir les services et logiciels destinés aux entreprises; elle aura ainsi tout loisir de continuer d'affiner des produits déjà bien installés et qui rapportent énormément d'argent.

Pas de dispersion, peu d'investissement de ressources dans l'activité Entreprise : cette situation permet à Apple de continuer à se concentrer sur ce qu'elle sait faire de mieux. Satya Nadella, dans son mémo parfois confus aux troupes de Microsoft, en appelait lui à un changement de culture afin de cerner plus rapidement les besoins des clients et d'y répondre.

MobileFirst for iOS a été modelé selon le principe de simplicité et de lisibilité qui caractérise le plus souvent les produits et services d'Apple. De son côté, l'offre de Microsoft est complexe, tandis que la transition impulsée par Nadella (« cloud first, mobile first ») ne va pas se faire sans bousculer certaines habitudes un peu trop bien établies.

On en veut par exemple pour preuve le passage à une seule plateforme pour les applications (qui deviendront universelles) : à terme, les entreprises pourront développer leurs logiciels métier au travers d'un seul environnement pour tous les systèmes d'exploitation de Microsoft. Avec iOS, pas besoin de réinventer la roue : le développement d'apps est maîtrisé, et rappelons qu'IBM aura un accès privilégié aux fondations du système. En face, la transition s'annonce longue et potentiellement consommatrice de ressources. En temps de crise, les entreprises ne voudront sans doute pas s'investir dans une aventure dont l'issue reste encore incertaine, Windows 8 n'étant pas le carton attendu.

Microsoft peut cependant compter sur un atout stratégique : sa position inégalée en entreprise, fruit d'une implantation de plusieurs décennies. Malgré les difficultés conjoncturelles et structurelles auxquelles veut s'attaquer Nadella, Redmond a encore beaucoup de cartes en main — surtout, les entreprises continuent de faire confiance aux solutions de l'éditeur. Si on y ajoute l'inertie inhérente aux grands comptes (les contrats et les habitudes évoluent lentement), Microsoft ne sera pas du jour au lendemain en danger sur ce créneau.

  • Pour Android

Au contraire du marché grand public où Android domine de la tête et des épaules, les entreprises ont réservé un bien meilleur accueil à iOS. L'alliance d'Apple avec IBM va d'ailleurs, encore renforcer cette position dominante de la plateforme mobile dans le domaine de la mobilité. Malgré sa toute puissance et des poches profondes, il manque à Google une vraie expertise dans le service et le conseil aux entreprises, qui reste un domaine d'activité éloigné du cœur de cible du moteur de recherche (dont la vocation première reste de vendre du « temps de cerveau disponible »).

De fait, l'annonce-surprise de ce partenariat d'envergure pourrait bien pousser quelques grands acteurs du monde Android à se regrouper. Actuellement, chacun pousse ses pions dans son coin, à l'instar de Samsung qui a commencé à développer une sérieuse offre de services destinée à combler les principaux besoins des entreprises. En vitrine, le constructeur a ainsi mis en avant Knox, un logiciel permettant de séparer les activités professionnelles et privées de l'utilisateur sur un même terminal. Google a annoncé fin juin que ce système serait intégré à même Android. Le constructeur propose aussi un ensemble d'outils pour le déploiement d'appareils, la sécurisation, ainsi qu'un SDK pour concevoir des applications métier.

Mais Google, tout comme Samsung, souffre encore d'un certain manque de crédibilité dans le monde assez conservateur de l'entreprise, et l'éparpillement des activités des deux principaux animateurs d'Android n'est sans doute pas propice à un climat de confiance. En revanche, question sérieux, HP se pose là : le constructeur, qui propose aussi des services aux entreprises, mise beaucoup sur Android pour rebondir. On peut imaginer, à l'instar de Larry Dignan de ZDNet, que ces trois-là vont finir un jour ou l'autre par former une alliance, et qu'ils pourront être rejoints par Accenture, un autre concurrent d'IBM. Ces sociétés seront-elles capables d'offrir une offre unifiée et lisible aux entreprises, tout en apportant la souplesse dont IBM sait faire preuve ?

Il restera également à cette alliance hétérogène un autre obstacle de taille : convaincre les entreprises d'abandonner tout ou partie de leur flotte (et de leur investissement) dans iOS pour passer sous Android. Avec le duo IBM et Apple désormais aux commandes, cette perspective semble clairement s'éloigner.

Et le Mac dans tout ça ?

Apple et l'entreprise, c'est une longue litanie de rendez-vous manqués. Le constructeur a pourtant prospéré à ses débuts avec l'aide de cette clientèle (les entreprises étaient après tout les seules clientes suffisamment fortunées pour s'offrir les ordinateurs de l'époque). Rapidement cependant, Apple a laissé sa place à un certain IBM, très présent dans le secteur, dont les PC fonctionnant sous DOS et Windows ont commencé à inonder les bureaux, jusqu'à éclipser complètement les vénérables Apple II et déclinaisons de Mac.

Le Xserve RAID.

Apple a cependant su maintenir quelques poches de « résistance », comme dans les studios de PAO et par extension les entreprises de presse, le secteur de l'éducation, et quelques autres niches. L'un des principaux écueils d'Apple pour les entreprises est l'absence de lisibilité de la politique du constructeur : le secret, qui fonctionne parfaitement pour le grand public, est un repoussoir pour des clients qui ont besoin de connaître et maîtriser le calendrier de mises à jour de logiciels et de matériels, ne serait-ce que pour des questions de budget et de formation des personnels. Or, la Pomme n'en fait généralement qu'à sa tête. L'effet de surprise est garanti, mais question prédictibilité, on a vu mieux…

Au final, avec cet accord, Apple vendra-t-elle plus d'iPhone et d'iPad aux entreprises ? Sans doute pas tellement plus qu'aujourd'hui; après tout, 490 des 500 plus grandes sociétés américaines utilisent déjà, d'une manière ou d'une autre, des terminaux iOS (lire : L’accord Apple-IBM n’augmentera pas les ventes… mais est-ce seulement son objectif ?). Mais le cheval de Troie que représentent l'iPhone et l'iPad, massivement utilisés dans les entreprises par leurs employés, est-il à même de donner au Mac un regain d'intérêt ?

La dernière tentative un peu sérieuse d'Apple vers le monde de l'entreprise s'est achevée en janvier 2011, avec l'extinction de la gamme Xserve. Apple avait pourtant poussé les feux sous cette famille d'ordinateurs bien spécifiques, avec par exemple un modèle RAID. Le prix de ces serveurs et le support limité de la part d'Apple ont finalement eu raison de cette famille unique chez le constructeur. Apple persiste néanmoins à commercialiser un Mac mini Server. À moins que les entreprises, satisfaites des solutions d'IBM pour les appareils mobiles d'Apple, et désireuses de boucler la boucle d'un écosystème stable et homogène, commencent à s'intéresser sérieusement aux Mac. Des Mac qui, rappelons-le, gagneront avec OS X Yosemite et iOS 8 un bouquet de services, Continuity, rapprochant de manière transparente l'ordinateur et son compagnon mobile.

Le grand gagnant de cet accord sera-t-il dès lors… le Mac ? Le fameux effet halo, qui a permis à Apple de vendre ses ordinateurs aux possesseurs de l'alors très populaire iPod, va-t-il remettre le couvert entre iOS en entreprises et le Mac ? La réponse viendra dans quelques années, mais si tel était le cas, le renversement de tendance serait alors total, complet et magistral.

avatar doogy | 

Je pense que c'est une première étape transitionnel vers le mac, Apple ne laissera pas tomber ses mac, loin de là. Il est la stratégie opéré serait plutôt d'habituer le monde de l'entreprise avec iOS d'y prendre goût et de les faire basculer vers Mac os. À ce moment là les sociétés auront le choix entre iOS et Mac OS

avatar iSteph | 

@doogy :
Petite précision.
On dit « OS X » depuis juillet 2012 avec la version 10.8 (Mountain Lion).
« Mac OS » ne concerne que les systèmes depuis le 7.6 (1997) jusqu'au X 10.7 (2012).

avatar Dr Fatalis | 

C'est beau d'y croire ainsi! Le Mac n'est plus, etc depuis longtemps, une priorité. C'est la cinquième roue du carrosse. L'effet halo ? Négligeable l'orque l'essentiel des profs vient de l'iphone et de l'ipad. Apple est déjà bien plus loin. Le mac était déjà "un camion", il va devenir une dinosaure: le temps des ordinateurs non portables est révolu: ce sera la prochaine "grosse" annonce de la pomme: le fin des macs de bureau. Vous aurez des portables et c'est tout. Et un gros écran bien cher pour brancher le tout. On parie ? RDV en 2017!

avatar Jackdu59 | 

Paye tes spams au boulot... L'intranet est rempli de pommes.

avatar loloeroket | 

Très bon article qui résume assez bien la longue et tumultueuse relation entre ces 2 grandes entreprises. Quelque part l'arrêt de la fabrication du PC, depuis sa vente au Chinois LENOVO, libéré IBM et les 2 entreprises ne sont plus vraiment concurrentes. Et Microsoft est devenue le Big Brother de la pub 1984. Malgré tout, tous les accords précédents se sont soldés par des échecs. Espérons un succès ce coup-ci. C'est quand même un coup de génie.

Un autre aspect oublié mais qui vaut le coup de signaler. Le seul moyen de développer sur iOS et de bénéficier de 100% de fonctionnalités est de développer sur Xcode qui n'existe que sur Mac. Donc ça veut dire que pour développer ces 100 apps IBM va devoir s'équiper en Macs.

avatar loloeroket | 

Ou bien annoncer Xcode sur Windows?

avatar redchou | 

Xcode sous Windows reviendrait à porter OS X sur Windows...

avatar Feroce | 

Strictement aucun rapport.
Jamais entendu parler de crosscompilation ?

avatar redchou | 

- Non, kezako ? S'amuser à compiler en VTT ?

- Plus sérieusement, Xcode ce n'est pas un compilateur...
Il utilise presque tous les frameworks d'OS X et d'iOS... Que ce soit au niveau d'interface builder, du Simulateur, du Playground, d'Instrument etc... Tous les outils d'Xcode sont extrêmement lié au technologie d'OS X.
Par exemple, le simulateur d'iOS, c'est une version d'iOS qui tourne au-dessus de OS X, c'est pas un émulateur... Comment faire la même chose sur Windows ? Il n'y a pas Foundation, etc...
La coloration syntaxique ou encore l'éditeur de texte en lui-même, utilise le Framework WebKit, pas juste le projet Open-Source, mais le Framework d'OS X...
Et c'est comme ça pour toutes les différentes parties d'Xcode ou des outils qui sont fournis avec... La Cross-Compilation ne servirait STRICTEMENT à rien pour porter Xcode sur Windows, le problème n'est pas là...
Développer ou compiler pour iOS ou OS X sous Windows, c'est déjà possible...
Xcode ne compile rien, c'est LLVM qui compile et ce n'est qu'une partie d'Xcode...

avatar Orus | 

Microsoft le Big Brother de la pub 1984 ? Faux. IBM est toujours un Big Brother, son esprit et ses buts sont toujours les mêmes.

avatar Leborde | 

Donc si une entreprise veut déployer une flotte d'iPhone pour espionner et localiser les employés, elle pourra désormais le faire, alors qu'aujourd'hui, vu que c'est le téléphone propre de l'employé, l'entreprise ne peut pas; c'est le problème du BOYD et c'est ce qui agace les IT. En apportant son propre ordi ou téléphone ou tablette, on passe entre les mailles du fillet :) , or cette solution va permettre de tuer le BYOD: "n'apportez va votre appareil, on vous en donne un ! (et de ttes façons, c'est interdit et/ou on va tt faire pour que votre appareil propre ne fonctionne pas)".

avatar babgond | 

Des serveur IBM sous OS X a venir ?

avatar SteveC72 | 

c'est a souhaiter car pour l'instant la solution d'Apple en ce qui concerne les serveurs est merdique ..

avatar Armaniac | 

Le vrai souci du Mac en entreprise, c'est l'inter-opérabilité entre Windows et Mac OS.

Par ailleurs, des tas d'outils n'existent que sur Windows, et pas sur Mac OS. En ingénierie, notamment, ça crève les yeux.

Et quand elles sont effectivement présentes sur les deux plateformes, c'est loin d'être optimisé et 100% compatible. Ne serait-ce qu'Excel : la version Mac est EXTREMEMENT light par rapport à la version Windows, et contrairement à ce que Microsoft clame haut et fort sur leur site internet, la suite Office Mac est très loin d'être 100% compatible avec la version PC (c'est particulièrement flagrant sur les fonctions avancées des softs. Et encore je ne parle pas du VBA...).

Bref, donc tout ça pour dire que pour qu'une entreprise décide de migrer son parc sur Mac, il y a beaucoup d'aspects à prendre en compte :
- La transition progressive doit se faire sans anicroches techniques du point de vue de la compatibilité intra-entreprise.
- Assurer la compatibilité avec les autres plateformes genre Windows (mais ça, ça ne dépend pas forcément d'Apple, malheureusement) ; ne serait-ce que pour les relations client/fournisseur... Si un client est sous Windows, que l'entreprise est sous Mac OS et que la compatibilité est pas assurée entre les deux plateformes... Ça devient vite le souc !
- Les logiciels et applications nécessaires à l'entreprise doivent être compatibles Mac (ou à défaut, il faut investir dans un virtualiseur genre Parallels, qui est pas donné donné et limité en terme de perfs...)
- Et surtout il faut réussir à montrer aux entreprises les sérieux avantages de Mac OS X par rapport à Windows.

Pas facile, quoi...

Je ne pense pas qu'on verra de Mac dans les grandes entreprises actuellement sous Windows d'ici un bon moment. Ça se fera vraisemblablement plus rapidement dans les petites PME. Cela dit, je trouve chouette l'importance qu'Apple accorde à ce marché. C'est un super potentiel, et une façon de booster les ventes d'iPhone et d'iPad.

avatar redchou | 

Je sais pas si chouette ou un aveu d'échec... OS X est un système grand public, incompatible avec les besoins des industriels, etc...
Même Apple utilise Windows dans ses usines, pour la fabrication du Mac Pro chez Flextronic ou celle des iDevices chez Foxconn...

avatar patrick86 | 

"Même Apple utilise Windows dans ses usines, pour la fabrication du Mac Pro chez Flextronic ou celle des iDevices chez Foxconn..."

La raison n'est pas une "inadaptation" de OS X à l'industrie, mais le fait que, comme cela a été dit, beaucoup de logiciels de production (progiciels industriels, contrôles de process/machines, etc.) ne sont développés que pour Windows.

Non pas que OS X ne pourrait pas faire tourner ce genre de logiciels, mais comme c'est Windows qui domine largement cette partie de l'industrie, les développeurs ne sont pas motivés à développer leurs soft pour OS X ou autres.

Le problème ne vient pas d'OS X ou de Windows eux-mêmes, mais du monopole du deuxième auquel s'ajoute l'inertie du monde de l'entreprise.

avatar redchou | 

Mais pourquoi les logiciels de production sont développé sur Windows?
Je pense que ce n'est pas juste une histoire de monopole, il n'y a pas de besoin sous OS X...
OS X ne tourne que sur du matériel Apple, la capacité d'intégration des machines Apple sont faible, ils ne sont extensible qu'à partir de l'USB ou du Thunderbolt, bref leur I/O sont limité, et j'en passe...
A part un sous traitant Apple, je ne vois pas des industriels s'amuser à intégrer un Mac mini, un iMac, ou autre, dans une machine ou un outils de production... Ces machines ne sont pas adapté au monde industriel... Ils n'ont pas la modularité nécessaire..
Windows a une version embedded, qui permet une intégration plus poussé... Que ce soit dans l'industrie ou les service, dans des distributeurs de billet, etc...

avatar Link1993 | 

@redchou :
Les outils de modélisations sont elles aussi sur windows uniquement. Donc avec des fichiers créé sur windows, pourquoi utilisé un soft pour un autre OS ?

Je me rappel de Pro engineer qui tournait exclusivement sur Unix dans les années 90. Ca a bien changé depuis puisque c'est devenu une exclu windows (sauf je ne sais plus quel fork). Quand a Catia, windows seulement, sauf la partie calcule, pour être utilisable sur un serveur Unix. Je n'ai citée ici que les logiciels pas seulement basé sur windows (quoi que, je ne sais pas pour le soft de Siemens)

Quand a la création des programmes pour machines outils, je n'ai vu que des versions windows aussi, basé soit en tant que plug-in/app externe pour soft tel que solidworks, soit carrément des outils directement dans les logiciels de modélisations (catia).

Bref, l'ingénierie et apple...

avatar redchou | 

Pour les soft de modélisation, mis à part des logiciels qui seront utilisé dans le domaine du graphisme, c'est sur que c'est pas l'extase...
Après, à qui la faute? Est-ce que OS X n'est pas présent chez les industriels parce que les soft de modélisation sont sous Windows, ou est-ce du fait que Windows est intégré dans les machine-outils et autre que les logiciels de modélisation pour les exploiter tournent sous Windows.

Je pense que l'on est d'accord (Link1993), OS X n'est pas adapté au monde industriel...

Il y a aussi le comportement imprévisible d'Apple, des mises à jour, du maintien des fonctionnalités, etc... ex l'abandon d'Xserve.

Je me demande si Apple va vraiment tout miser sur son programme made for iPad/iPhone pour l'électronique embarqué... Ça me parait être une stratégie risqué...
D'autant qu'il est quasi-sur et certain qu'un standard sera mis en place pour permettre une certaine interoperabilité...

avatar Leborde | 

Le grand gagnant de cet accord sera-t-il dès lors… le Mac ? Le fameux effet halo, qui a permis à Apple de vendre ses ordinateurs aux possesseurs de l'alors très populaire iPod, va-t-il remettre le couvert entre iOS en entreprises et le Mac ? La réponse viendra dans quelques années, mais si tel était le cas, le renversement de tendance serait alors total, complet et magistral.

Je mise plutôt sur du Mac OS, mais vendu dans dans une boîte IBM. Une sorte de clone en fait.

Ce qui permettra à Apple de garder le secret sur les machines pour le grand public, et aux entreprises d'avoir la lisibilité et prédictibilité pour les machines IBM. Mais ces machines, tant grand public que entreprises, tourneront sur Mac OS :)

avatar redchou | 

Le retour des clones.. On revient aux fondamentaux qui ont mené Apple au sommet ^_^

avatar JoTaPé | 

Le Mac en entreprise via l'accord avec IBM ? Faut pas rêver. Apple a définitivement fermé la porte aux Macs en entreprise avec la mort du Xserve et associés. en dehors de quelques niches comme les cliniques ou autres "haut de gamme", le Mac est bien trop cher et bien trop fermé pour être une machine d'entreprise. A la limite, l dernier Mac low-cost peut servir de terminal, mais bien cher encore.
Non, l'objectif c'est IBM+Apple contre Microsoft qui tente désespérément de s'ouvrir le marché mobile alors qu'il contrôle une très grande partie du secteur professionnel, petits et moyens comptes.
L'alliance IBM/Apple coupe l'herbe sous le pied à MS avec le ténor des services grandes entreprises (IBM) et le ténor du mobile (Apple).
Bien joué Tim !

avatar thauron | 

@iSteph

Qu'est ce qui t'interdit de dire Mac OS... Il faut dire OS X® ou OS X™ ? Pour moi ça restera Mac OS X.

avatar Switch | 

Il manque à Apple une expertise en matière de "Big data" qu'IBM pourrait lui apporter.
Car Apple va se mettre elle aussi ( via ses Clouds ) à devoir gérer bcp de données, et je suppose qu'elle voudrait bien en tirer quelque chose d'exploitable d'une façon ou d'une autre.

avatar brunitou | 

@loloeroket et @Orus: il est plutôt clair pour beaucoup de monde que Google est le Big Brother de 1984 !!!

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