Apple user : Martin Fournier (doctorant en astrochimie)

Anthony Nelzin-Santos |

Un Mac, un iPad ou un iPhone, ça sert à quoi ? Nouveau portrait d’utilisateur avec Martin Fournier, doctorant en astrochimie.






Martin Fournier.




Qui es-tu ?



Je m'appelle Martin Fournier et je suis en seconde année de thèse ministérielle à l'Université de Rennes 1. Je travaille sur certaines réactions chimiques qui ont lieu dans les nuages moléculaires et l'atmosphère de Titan. Les réactions qui s'y déroulent pour donner lieu à la naissance de grandes molécules sont très mal connues. Nous utilisons une technologie unique au monde pour obtenir des mesures de constantes cinétiques jusqu'à des températures de 5 K (-268 °C).






La chambre CRESU.




Comment es-tu venu à utiliser les produits d’Apple ?



Pour autant que je me souvienne, mon père a toujours été intéressé par Apple : notre premier Mac fut un iMac DV, acheté en 1999 après qu’un voisin nous a prêté son iMac Bondi blue.



À cette époque, mes amis et moi découvrions l'informatique et personne ne se demandait vraiment s’il valait mieux acheter un Mac ou un PC. A donc suivi un PowerBook G3 Wallstreet, avec ses deux formidables baies latérales. J'ai commencé à bidouiller un peu pour mettre en réseau les Mac et partager la connexion 56k de la maison (entre autres pour jouer à Warcraft III à deux), je trouvais ça fantastique.



Les Mac ont continué à défiler et j'ai continué à bricoler un peu par ci par là, chercher à faire telle opération « pour savoir si c'est possible », et c'est sans doute un peu de là que vient ma passion pour la recherche. J'ai dépanné tellement de PC d'amis (entre autres l'infernal ensemble Internet Explorer-Wanadoo Livebox) que j'ai probablement contribué à ma façon à l'effet halo.



J'aurais dû acheter quelques actions Apple il y a 10 ans !



Quel matériel utilises-tu et pourquoi ?



Au risque de vous décevoir, je travaille principalement… sur PC.





J’utilise un ensemble très complexe d’instruments, dont beaucoup proviennent de MKS Instruments ou Stanford Research : plusieurs lasers, des générateurs de délai, des intégrateurs, des débitmètres… Nos équipements, assez anciens, ne disposent pas de pilotes OS X — et comme ils sont increvables, ils ne sont pas prêts d’être remplacés par des équipements plus récents qui en disposent. Le PC est donc obligatoire, d’autant que j’ai besoin de douze ports séries, de cinq ports GPIB, et d’une dizaine de mesures analogiques.



Cela étant dit, l’Institut de physique de Rennes possède un gros cluster principalement composé de Xserve, bien que leur part diminue à la faveur de l’ajout de matériel plus récent qui n’est évidemment pas fourni par Apple. Il sert principalement à l'axe théorie de l'équipe, dont les membres travaillent uniquement sur Mac et PC Linux.





À titre personnel, j'utilise d’ailleurs un MacBook Pro fin-2008 que j'ai dopé avec 8 Go de RAM et un SSD : ainsi mis à jour, il devrait tenir encore un an au moins. J'ai également un iPhone 5 qui me sert au quotidien, principalement pour la musique, les emails et le calendrier (et Twitter bien sûr), ainsi qu’un iPad.



Quels logiciels utilises-tu et pourquoi ?



Il existe plusieurs logiciels de contrôle en laboratoire, mais Labview, de National Instruments, possède le monopole. Il permet d'interfacer les instruments de mesure et concevoir des interfaces avec une programmation visuelle très rapide à comprendre et s'approprier. Nous utilisons principalement la version PC, mais il m'arrive de le lancer sur mon Mac perso, car une version allégée du programme principal nous permet de traiter rapidement nos données.



J'utilise ensuite Mathematica 9 que j'aime beaucoup pour sa puissance, et son intégration désormais totale à WolframAlpha, le moteur derrière certaines données de Siri. Il me permet de traiter mes données de façon poussée. Nous utilisons aussi OriginLab (avec Wine sur Mac), tourné vers la représentation graphique, et dont l'interface totalement archaïque et illogique me fait dire que les développeurs n'ont pas touché un Mac une seule fois.





J'ai eu la chance pendant ma thèse de me rendre deux fois à la Chemical Dynamics Beamline, la seule autre équipe qui fait un travail similaire au nôtre, au synchrotron Advanced Light Source, sur les collines de Berkeley, en face de San Francisco. Leur mode de fonctionnement est très différent, car tous les instruments fixes sont reliés à des PC qui ne sont pas accessibles autrement que par l'architecture client/serveur de Labview. De nombreux chercheurs utilisent donc des MacBook Air ou Pro avec un client léger et pilotent tout ainsi. La densité de Mac et d'iPhones à Berkeley est tout bonnement incroyable, mais c'est le pré-carré d'Apple.



Enfin, je rédige avec le package MacTeX, EndNote gérant ma bibliographie (ce n’est pas mon favori, mais c’est la référence…).



Qu’est-ce que tu envisages d’améliorer ?



Nous avons une version assez ancienne de Labview (7) mais déployons bientôt la dernière version (12). Elle dispose d'un module d'intégration pour les appareils iOS, en particulier l'iPad qui est très bien pris en charge et peut ainsi servir de contrôleur déporté. Je dois me trouver en permanence à proximité de la manip lorsqu'elle fonctionne, mais je suis curieux de voir ce que pourrait donner l'iPad dans cet environnement.



Je vais également essayer de déporter l'interface de Labview du PC de la manip sur mon Mac, juste pour voir, l'intérêt étant minime.



Il existe également un autre logiciel de traitement graphique, IgorPro, lui parfaitement adapté au Mac et qui dispose de quelques fonctions de pilotage. Je vais regarder ce que je peux en tirer et voir si je gagne à l'utiliser.

avatar Judas68fr | 
Dans les domaines des sciences appliquées de la recherche, beaucoup de personnes utilisent des ordinateurs Apple pour avoir accès au logiciel Aabel (génération de graphes, traitement statistiques des données). Ils sont reconnaissables entre 1000 dans les publications. Mais Apple est beaucoup plus implémenté en Amérique du Nord dans les laboratoires qu'en Europe (pour une raison simple: leurs prix significativement plus bas, ils sont fous en Europe). Dans le labo où je bosse 1 collègue sur 2 a un Ipad + un Macbook. Certains n'utilisent même plus de cahier de labo (ils utilisent leur tablette à la place).
avatar nico_lilas | 
Tiens je bosse au bureau juste au dessus :) Pas de Mac chez nous :/
avatar malcolmZ07 | 
@Trollolol Il est dommage que des gamins comme toi viennent pourrir la zone commentaire d'un article aussi intéressant .... ta vie doit être vraiment ennuyeuse pour être méprisant à chacune de tes interventions
avatar JustThink | 
Pooooooo le gars de l'ENSIACET !!!! Démasqué, reconnu :) Bonnes recherches à toi
avatar Anonyme (non vérifié) | 
modéré FI
avatar Mirdyn45 | 
Le -5K = le 0 absolut, votre article m'a fait voyagé ! Merci :D (c'est pas ironique, je m'interesse également à l'astro(physique) et à la physique quantique !
avatar Mathias10 | 
@Trollolol : Je vois surtout un mec qui adore apple, qui dit que les macs peuvent faire ce qu'il fait mais hélas il est sous PC et ça l'embête^^

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