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Le Macintosh inspiré par la révolution du livre à la Renaissance, une interview de B. Rives

Yama | | 12:32 |  29
Tebaldo, l'observatoire sur les nouvelles technologies que vous avez fondé, se focalise sur l'émergence de l'encre électronique. Pouvez-vous nous parler de votre activité ? Apple a beau s'en défendre, ne soupçonnez-vous pas Steve Jobs de s'intéresser à ce secteur ?

Tebaldo surveille la plupart des technologies de rupture dans les domaines de la connaissance, de la communication et de l'organisation.

Nous travaillons donc sur la robotique apprenante et communicante, l'un des piliers des systèmes informatiques du futur, avec les nanotechnologies et les sciences cognitives. Elle va révolutionner la médecine et la conquête spatiale, mais aussi entrer dans notre quotidien. Une illustration amusante et d'actualité : le dernier caméscope de Sony, même en veille, prend une photo lorsque quelqu'un sourit devant l'objectif.

Depuis quelques années, nous organisons des séminaires et des expérimentations sur les applications de l'encre électronique, une technologie révolutionnaire, en gestation depuis une trentaine d'années dans des laboratoires comme ceux du M.I.T., d'Epson, ou encore de Xerox Park.

Des dispositifs de lecture et d'affichage commencent à apparaître. Ils offrent par opposition à l'écran un parfait confort de consultation et leur autonomie est incomparable.

Du point de vue des besoins d’Apple, l’encre électronique est encore trop limitée en termes de vitesse d'affichage, donc de vidéo, d'animation et surtout d'interface utilisateur. C'est encore aujourd'hui une technologie de niche.

Apple est clairement sur le marché de la lecture. Le récent App Store et ses applications de readers le démontrent, mais l'interactivité et les marchés de masse priment. Je ne pense pas que Steve Jobs aille sur les marchés plus traditionnels de remplacement du papier... pour le moment.




Une vidéo en anglais montrant un large panel de papiers électronique


À l'heure de la numérisation des savoirs se pose la question de la fiabilité de l'information. Le retour sur le passé que permet votre livre révèle des difficultés similaires pour Aldo Manuzio. Quel a été son comportement face à ce défi ?

Aldo a commencé par des grammaires et des dictionnaires, pour établir les références. À l'époque, des noms différents pouvaient désigner une même chose. Il a fait aussi table rase de l'essentiel de la période latine pour revenir aux sources grecques. Il a utilisé la préface, dans l’esprit de logique chère aux Grecs : étudier, comparer les textes, les discuter, avant de les éditer.

Quelles sont les similitudes et les différences entre le livre transportable de la Renaissance et l'interface graphique du Macintosh ou, celle en cours, de la numérisation des savoirs et des textes littéraires ?


Le livre moderne de la Renaissance était une révolution par son perfectionnement technique qui apportait confort et maniabilité, et ce faisant favorisait la diffusion de l'écrit et son évasion des espaces contrôlés par le pouvoir et l'Église.

Le Macintosh par l'usage des caractères noirs sur fond blanc, l'antialiasing (le lissage des caractères imposé par Alan Kay), son traitement des polices, l'apparition des documents dans des fenêtres, la priorité système au programme avec les fenêtres au premier plan, etc. s'est soucié de l'usage qu'en feraient les non spécialistes. En encourageant les développements logiciels créatifs (PageMaker, XPress, HyperCard...), il faisait passer l'informatique d'un outil de calcul et de traitement de texte à un outil de création et de connaissance.

L'avènement de l'Internet avec son accès libre aux banques de données mondiales est l'aboutissement de la démocratisation de toute cette évolution.





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29 Commentaires

avatar Joel Gloanec 11/08/2008 - 22:12

Il faut des mythes, des idoles, des légendes, des icônes, des visionnaires, des artistes de talent. Apple réunis un peu de tout celà, et en cherchant un peu; effectivement , il y as un peu de léonard de Vinci dans un macintosh.

avatar Anonyme (non vérifié) 11/08/2008 - 22:53

@ Joel Gloanec et d'autres : vous ne vous rappelez pas des premières pubs "papier" sur le Macintosh en France où il était clairement fait allusion à Léonard de Vinci ? [i]- "Si Apple avait existé un peu plus tôt, Léonard de Vinci aurait sans doute fait mentir l'idée qu'un artiste n'est riche qu'une fois mort." - "Avec un Macintosh, il est plus facile d'être un Léonard de Vinci aujourd'hui qu'il y a 500 ans." - "Si d'aventure Apple avait existé un peu plus tôt, Léonard de Vinci aurait vu qu'il ne manquait que 3 fois rien à sa machine volante" - "Léonard de Vinci était convaincu qu'un dessin valait mieux qu'un long discours. Cela dit si on peut ajouter le discours, c'est mieux." [/i] Toutes ces pubs illustrées avec des dessins et des mises en page sur un Mac à côté des livres d'époques de l'auteur... (trouvé sur les sites qui regorgent d'histoire du Mac et qui proposent les pubs, images et vidéos, d'époque). Apple est AMHA bel et bien clairement dans cet esprit de la Renaissance où on invente et découvre quelque chose de complètement nouveau ! Et sans faire les parallèles que Bruno Rives fait mieux que moi, je pense que Steve Jobs est un des 1ers (et des rares) a avoir perçu toute l'ampleur du phénomène (dès l'apparition de l'Apple II et même avant), mais un autre avait aussi perçu ce phénomène (et B. Rives nous le rappelle bien) c'est Bill Gates :-/ Et même si je suis loin de le porter dans mon coeur, je n'ose imaginer ce que serait devenu Apple _avec_ Bill Gates... Même si avec leur caractère, je n'pense pas que "l'alliance" aurait tenu bien longtemps, mais bon... ;D

avatar sylko 11/08/2008 - 23:17

Eh oui. Il fût un temps où ne règnait que Geneva, Chicago, Cairo, Venice et New York. Il fût un temps où l'ordinateur le plus puissant d'Apple n'était pas un Mac, mais la première imprimante Postscript au monde. Il fût un temps où je faisais mes premières mises en page avec un beta de Ready,Set,Go! PageMaker n'était pas encore sorti. Il y a décidemment très longtemps de ça. :-D Sans Aldus, Adobe et Apple, nous ne serions pas où nous sommes arrivé dans les arts graphiques. Certains «blanc-becs» ne peuvent pas comprendre, tout ce chemin parcouru. Merci pour cet article.


avatar fontanitum 12/08/2008 - 02:06

Voyons: le Xerox Park, ses allées verdoyantes et son bac à sable, ses photocopieurs sous des tonnelles ombragées .... mmmmm ! Si l'auteur ne connait pas le Xerox PARC (Palo Alto Research Center), que connait-il de l'histoire de l'informatique? [url]http://fr.wikipedia.org/wiki/Xerox_PARC[url=*]

avatar Anonyme (non vérifié) 12/08/2008 - 06:50

Cet article me fait mieux comprendre pourquoi depuis près de 30 ans j'aime le monde Apple. "L'imagination se lasse plus vite de concevoir que la nature de fournir". Cette pensée de Blaise Pascal nous montre bien que l'avenir appartient aux créateurs sortant des miasmes moroses. La belle renaissance était de nature plus prolixe que le siècle des lumières qui nous a donné les horreurs des guerres du XXème siécle. Je pense à XEROX dont s'est inspiré steve en 1984 pour sortir le 1er Mac. Je pense avec tristesse au projet BUROVISEUR initié par des chercheurs de l'INRIA dans les années 1980 qui était de nature à faire la même chose que le 1er Mac. Si Bull qui avait racheter les sources (code) du buroviseur et avait su développer le concept plutôt que d'enterrer ce programme, Ce développement d'interface graphique aurait été français. Bravo à steve Jobs qui marque de son empreinte l'histoire naissante de l'informatique et dont on reparlera durant le troisième millénaire comme un visionnaire avisé. Merci à macgénération pour cet interview.

avatar iarwain 12/08/2008 - 09:57

@sylko merci infiniment, j'allais le dire !

avatar Soheil 12/08/2008 - 11:49

Dans le même esprit, on peut lire aussi "Le Maître de Garamont", très beau livre d'Anne Cunéo qui raconte l'histoire d'un contemporain et admirateur d'Aldo Manuzio, Antoine Augereau, qui fut, comme dit le titre du livre, le maître de Claude Garamont. Humaniste, érudit, il s'était fait aussi graveur de caractères, typographe et imprimeur, mais n'a pas pu achever son oeuvre: à une époque où la censure de l'Eglise et de l'Université entendait imposer une manière unique de penser, publier des livres était un métier à risque, et Antoine Augereau a fini ses jours sur un bûcher. C'est un livre passionnant, émouvant, que je recommande à tous ceux que le sujet intéresse.

avatar WebOliver 12/08/2008 - 16:23

Pour ceux que ça intéresse de réagir plus longuement ou d'interagir avec l'auteur du livre, [url=http://forums.macg.co/reagissez/bruno-rives-macintosh-inspire-par-la-renaissance-230062.html]un sujet a été ouvert sur le forum[/url].

avatar Anonyme (non vérifié) 13/08/2008 - 08:15

Nous voici donc aux sources de ce qui constitue aujourd'hui notre quotidien numérique. Sans Aldo, sans PageMaker, sans InDesign, sans Steve, sans Bruno, sans Macgénération.. et tant d'autres, que serions-nous aujourd'hui, nous les webacteurs anonymes de la toile ? La Renaissance est la source de l'humanisme. Bruno a excellemment bien posé les jalons et les enjeux et travaille d'arrache pied à faire perdurer l'action magistrale du plus visionnaire des acteurs du numérique. La Mac est -depuis sa création- le fer de lance de la calligraphie, de la typographie, de l'imprimerie, l'outil de communication le plus abouti, le plus convivial. C'est la concrétisation (et pourtant ce ne sont que les fondations -ô combien solides) du génie de Steve et de ses équipes qui ont façonné l'outil informatique au service de l'Homme : c'est à l'ordinateur d'apprendre l'Homme. Oui, ceci procède de l'Humanisme. Merci à tous qui sans cesse font progresser la technologie et permettent au plus grand nombre d'accéder à la diffusion de la connaissance. Merci à Bruno d'avoir fait le point avec tout le talent et la pédagogie qu'il sait si bien déployer. Merci à Macgénération de nous parler d'autres choses que des teraflops, des rumeurs ; c'est aussi ça, l'esprit qui anime la communauté Mac/Apple. Que les grincheux soient rassurés : non, nous ne sommes pas une secte, juste des afficionados qui défendons avec passion et parfois avec excès les vertus d'un environnement auquel j'ai souscrit dès 1985 ; mon Mac 128 K s'en souvient encore... Il y a tant encore à faire... Merci.

avatar Hans Castorp 29/08/2008 - 00:16

Un article incroyablement intéressant, bravo !!

avatar Halx 11/08/2008 - 13:15

Bravo pour cette interview très intéressante !

avatar hirtrey 11/08/2008 - 13:20

C'est quoi le but de cette article ?

avatar iarwain 11/08/2008 - 13:32

@hirtrey Le but de CET article est d'augmenter ta culture générale…

avatar WebOliver 11/08/2008 - 13:32

Oui, très intéressante interview. Ça m'a rappelé mes débuts en informatique et en PAO avec ce vénérable Aldus PageMaker...

avatar jeremiecroupotin 11/08/2008 - 13:33

Le but de CET article? La culture, tu connais?

avatar leonzeur 11/08/2008 - 13:53

bravo et super article passionnant pour un génie de la renaissance que je ne connaissais pas du tout !! j'achète dès aujourd'hui ce livre en pdf sur le site de l'éditeur !!

avatar Anonyme (non vérifié) 11/08/2008 - 14:14

En tant qu'apprenti historien, j'ai juste un doute, et je me demande si l'auteur n'a pas une vision trop romantique de la Renaissance et de ses personnages. Aldo Manuzio était certes ce qu'on appelle un humaniste, mais c'était aussi un financier et un homme d'affaires, comme tous les entrepreneurs italiens de l'époque. De quoi encore accentuer le parallèle avec S. Jobs (même si je trouve ce parallèle un peu élogieux pour Jobs), qui est certes un excellent visionnaire, mais pas désintéressé pour autant. Je me procurerai ce livre car il me semble intéressant, mais j'espère ne pas être déçu sur le contenu historique.

avatar terreaterre 11/08/2008 - 14:28

>> C'est pourquoi il a fait d'Aldo Manuzzio le héros de son livre. >> Un héros de la race des Léonard de Vinci Non, un héros de la race des Léopard de Vinci !

avatar Mac1978 11/08/2008 - 14:51

Excellent pour la culture générale et très intéressante l'idée de tirer un parallèle entre les révolutions du XVIe et celles d'aujourd'hui. Sympa de revoir un MacII avec écran 13" couleurs. Le mien a tenu plus de 10 ans et je ne m'en suis séparé qu'à cause de la taille vraiment limite. Le tube était un Sony trinitron longtemps inégalé.

avatar hirtrey 11/08/2008 - 15:05

@iarwain: oui surement c'est un ancien d'Apple donc oui c'est de la culture. Il faut s'arracher son livre !!!!! Si tu consideres que cet article c'est de la culture ...

avatar Anonyme (non vérifié) 11/08/2008 - 15:13

Hirtrey : Vexé ?

avatar hirtrey 11/08/2008 - 15:25

@ptimac: moi vexé non mais triste de voir ca .... oui un peu triste

avatar Christophe Laporte macG 11/08/2008 - 15:53

[quote]C'est quoi le but de cette article ?[/quote] Présenter un livre qui fait des parallèles intéréssants, s'ouvrir de nouveaux horizons, tenter de mieux comprendre Apple et les personnes qui ont fait cette société et qui sont à l'origine de cette culture d'entreprise si particulière, prendre du recul…

avatar hirtrey 11/08/2008 - 16:13

@cl97: Justement c'est les // qui me bloque. MacBook Air s’approche d'un « ouvrage » de référence..., Windows un erreur..., Macintosh se substituait à la photocomposition..., ...controverses : c’est rarement le cas sur l'Internet...,

avatar spleen 11/08/2008 - 17:08

Ce n'est pas de la culture c'est de la PUB. " les inventeurs du Macintosh ne se cachent pas d'avoir été inspirés par l'illustre figure de la Renaissance italienne qu'est Manuzio " Rien que ça !!! Et le futur Apple store de Las Vegas, il est inspiré par qui ? Michel Ange ? Heu... vous n'avez pas l'impression que ce jeune homme en rajoute un peu ? Je suis sûr qu'Apple n'en demandait pas tant...

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