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Sandvox 1.0.3

Vincent Absous | | 11:02 |  0

Une chose est désormais évidente : sous Mac OS X, ce ne sont pas les logiciels dédiés à la création de sites Internet qui manquent. Si dans les premiers mois du système régnait une certaine disette dans ce domaine (Apple n’avait finalement pas fourni l’éditeur HTML qu’on avait trouvé dans la bêta de Mac OS X), depuis quelques mois les programmes se bousculent au portillon. En janvier Apple s’y mettait elle-même avec iWeb et mettait à disposition de presque tout utilisateur Mac un programme grand public, capable de mettre sur pied un site complet en quelques minutes, mais certainement très insuffisant pour de nombreux utilisateurs. On connaît aussi RapidWeaver ; on en a souvent parlé et on a même consacré deux labos au logiciel (voir ici pour le premier, pour le second).

L\'alternative

Depuis quelque temps, une autre solution existe, c’est Sandvox. L’histoire de ce logiciel est connue : annoncé en 2005, le programme a été proposé dans une première bêta publique quelques heures avant qu’Apple ne présente iWeb en janvier dernier. C’est que le développeur ne voulait pas cette fois se voir couper l’herbe sous les pieds. Il avait déjà eu affaire à Apple avec Watson. La Pomme n’avait pas hésité à s’inspirer très fortement de son programme pour créer son Sherlock.

Dans son principe, Sandvox rappelle beaucoup iWeb ou RapidWeaver, dans son interface aussi. Ici, l’utilisateur avance en terrain connu. Il s’agit de créer des sites complets sans jamais avoir à mettre la main dans le cambouis. Le programme affiche une fenêtre unique à laquelle s’ajoutent selon les besoins différentes palettes.

Pour ce qui est de la fenêtre principale, elle se divise essentiellement en trois zones : une zone principale où s’affiche (façon WYSIWYG) la page sur laquelle on travaille, une barre latérale qui dresse la liste des pages composant le site en cours (attention, on ne peut gérer qu’un seul site dans Sandvox), un bandeau supérieur qui affiche, lui, la liste des thèmes sous la forme de vignettes. C’est finalement simple, voire même évident.

Thèmes, modèles, pagelets, collections

Autre élément qu’on retrouve ailleurs : les thèmes et les modèles. Les premiers correspondent à des habillages complets du site. Les seconds à des pages-type qu’on choisit en fonction de ce qu’on veut publier. Sandvox est livré dans sa version de base avec une grosse vingtaine de « designs » (c’est le nom utilisé pour désigner ici les thèmes). Ils sont élégants, assez variés et devraient correspondre à la finalité du site (certains jouent assurément sur la fantaisie, d’autres jouent plutôt sur le sérieux). On applique un thème en cliquant tout simplement sur la vignette qui lui correspond dans le bandeau. Le thème, pardon le design, s’applique alors avec un joli effet goutte (disparu de la toute récente version 1.0.2). Un point positif de Sandvox par rapport à iWeb : on peut basculer d’un thème vers un autre sur la page sur laquelle on travaille (iWeb ne le permet pas, du moins pas encore) ; un point positif de Sandvox par rapport à RapidWeaver : Sandvox affiche directement dans l’éditeur la page avec le thème tel qu’il s’applique (WYSIWYG, on vous dit). Un mauvais point toutefois pour Sandvox : on ne peut appliquer qu\'un seul thème aux pages d\'un même site. Même iWeb permet de « mélanger » les thèmes.

Pour ce qui est des modèles, les choses sont peut-être un peu plus complexes. Sandvox jongle avec trois concepts : les modèles de pages, les pagelets et les collections. Concernant les premiers, Sandvox permet de créer une page de texte, un album photo, une page affichant un film, une liste de fichiers à télécharger, un formulaire de contact, un lien externe. Les pages créées avec Sandvox sont, comme celles créées avec RapidWeaver, plus complètes que celles créées avec iWeb. On peut notamment créer une barre latérale qui affichera, justement, les pagelets.

Venons-en, donc, aux pagelets. Toute page est créée par défaut avec une pagelet (qu’on peut supprimer) : le logo de Sandvox. En fait, la pagelet en question est un bout de code, un affichage dynamique, qui pointe évidemment vers le site de l’éditeur. Les pagelets proposés sont assez divers. On peut afficher ainsi un flux RSS (exemple type : les derniers titres de l’actualité de MacGeneration sur votre propre page), un badge Flickr personnalisé (un lien vers son espace Flickr qui est symbolisé si on veut par ses propres photos), une liste de liens, un film, un formulaire de contact, etc. Pour faire simple, disons qu’une pagelet, c’est une page imbriquée dans une autre page. La pagelet s’affiche dans la colonne latérale ou ailleurs dans la page (comme une photo, en regard du texte). Assurément, les pagelets sont une bonne idée.

Autre particularité lexicale du logiciel : le concept de collections. Pourtant, une collection, ce n’est ni plus ni moins qu’une rubrique, en fait un mini site dans le site. Par défaut, Sandvox propose une série de collections : weblog, Album photo, Liste de téléchargement, Liste titre triée, Résumés, Weblog photo. Une collection comporte alors une page d’accueil et une série de pages enfants. Une collection « Album photo » comporte ainsi une page d’accueil qui présentera l’album en question et les vignettes des photos, et autant de pages qu’on a de photos à publier. On peut très bien insérer des pages, des pagelets ou même des collections à une collection existante.

Tout cela est finalement très complet. On peut juste regretter que ce soit un peu compliqué. Celui qui découvre le logiciel pour la première fois aura peut-être du mal à comprendre quelles réalités recouvrent les mots « pagelet », « collection ». C’est peut-être le reproche essentiel qu’on fera au programme.

Gérer le matériau

Sandvox sait parler l\'iLife. Le navigateur de média (une petite palette que tout utilisateur de Pages, de Keynote ou, justement, d\'iWeb reconnaîtra) communique en effet avec les bases de données d\'iPhoto, d\'iTunes, d\'iMovie. Il sait même, très bon point, afficher la liste des favoris de Safari. À partir de là, créer un album photo, mettre en ligne son blog, livrer des documents au téléchargement, c\'est une affaire de simple glisser-déposer. Attention toutefois, Sandvox ne permet pas qu\'on fasse grand-chose d\'une photo qu\'on a placée sur une page. Si iWeb fournit quelques outils de modification, le logiciel de Karelia Software permet qu\'on définisse le positionnement du texte par rapport à l\'image, et c\'est tout. On ne peut pas rogner l\'image, on ne peut pas la basculer de quelques degrés.

De même, les outils d\'édition du texte sont on ne peut plus rudimentaires. L\'inspecteur qui permet de gérer le site, la page, le pagelet, etc., ne permet pas de gérer le texte. De toute façon, l\'intervention sur le format des caractères se limite à ce qui est le plus courant (graisse, souligné, barré, italique, exposant, etc.)

La publication

Pour le reste, Sandvox offre vraiment de belles possibilités, et ce qu\'on a déjà présenté ne constitue pas ses seuls point forts face à iWeb. En matière de publication, Sandvox permet de publier son site sur son Mac (à charge pour ce dernier, partage Web activé, de faire office de serveur), ou sur un serveur distant. Dans ce dernier cas, tout est automatique pour l’abonné .Mac . On peut aussi préférer la publication sur un serveur FTP, SFTP ou WebDAV (une liste d’hébergeurs est même donnée). En parlant de la publication, Sandvox, comme RapidWeaver, permet qu’on définisse un nom de fichier particulier pour chacune des pages du site. C’est important, et cela iWeb ne le permet pas. Avec le logiciel d’Apple, choisir comme titre de page un mot avec un accent, c’est avoir ce mot obligatoirement dans le nom du fichier et on connaît les conséquences que cela a lors de la publication vers .Mac : un « métal.htm » donne « 69582EDD-9FA5-4E8A-A2EA-B98C445060DF.html ». On doit alors faire le choix entre l’accent (et un nom de fichier absurde) et la faute d’orthographe, dans le titre de la page, dans le menu aussi du site (mais un nom de fichier lisible). Idiot.

Ce que permet encore Sandvox, c’est de jeter un œil au code HTML fourni (dans la version Pro du logiciel, soit dit en passant trop chère pour ce qu\'elle apporte). Toutefois, comme dans RapidWeaver, on ne peut pas modifier le code. Dommage. On peut en revanche, jouer sur ce code en lui ajoutant des éléments ponctuellement, dans les pagelets notamment, histoire, par exemple, de placer un compteur externe à son site.

Conclusion

iWeb a peut-être été fourni avec votre Mac. Vous l\'avez peut-être aussi obtenu avec iLife \'06 lorsque vous avez acheté ce dernier pour la révision annuelle d\'iPhoto ou de GarageBand. Dans ces conditions, faut-il opter pour Sandvox ? Tout dépend de ce que vous voulez faire. Si vous voulez ne vous occuper de rien, si vous possédez un compte .Mac, alors continuez d\'utiliser iWeb. Le logiciel d\'Apple. Si en revanche, vous ne possédez pas d\'espace sur les serveurs d\'Apple, si vous voulez avoir tout de même un droit de regard sur ce que fait le logiciel (ne serait-ce que pour choisir le nom d\'un fichier !), alors optez pour Sandvox… ou RapidWeaver. L\'un comme l\'autre des logiciels permet de mettre sur pied, facilement et rapidement, un site complet et de belle facture.

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- Karelia Software 2006-07-24t11:02:00+02:00 Vincent Absous Configuration - Mac OS X 10.4 (PPC / Intel)
- Logiciel complet mais simple
- Les pagelets, les collections
- Les thèmes
- Disponible en français
- Des fonctions aux noms un peu obscurs (\"pagelet\"…)
- Gestion d\'un seul site à la fois
- Un site, un seul thème
- Pas d\'outils pour l\'image
- À partir de 49 $

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