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Pascal Cagni

Toute l'actualité sur Pascal Cagni

Pascal Cagni voit une télévision Apple en 2014

| 09/12/2013 | 00:09 |  

Gene Munster doit se sentir moins seul. L’analyste qui annonce chaque année l’arrivée d’un téléviseur Apple, a dû apprécier à sa juste valeur l’intervention de Pascal Cagni. Invité exceptionnel d’On Refait le Mac, l’ancien patron d’Apple Europe a donné ses prédictions pour 2014.

Pour lui, Apple doit continuer à concevoir des produits qui surprennent. Il espère, comme il l’a déjà évoqué à plusieurs reprises, la sortie d’une Apple TV et il y croit toujours. Mais si Apple veut surprendre sur ce terrain, l’ancien responsable prévient que la carte du design ne suffira pas. Pour réussir son affaire, Apple doit faciliter son usage, permettre d’accéder plus facilement à plus de contenus notamment avec le Cloud, et être capable d’exploiter « tout ce que le net offre ».

L'intervention de Pascal Cagni à ce sujet se trouve à la 26e minute

Sur le front des smartphones, il estime qu’Apple ne pourra pas rester éternellement sur le format 4 pouces. La firme de Cupertino va selon lui sortir des écrans plus grands en 2014. Cette rumeur est dans l’air du temps. Il se murmure que l’année prochaine, Apple réfléchirait à revoir les formats de nombreux appareils (lire : 2014 : l'année du changement pour les écrans Apple ?). À ce propos, on évoque également de manière régulière désormais la possibilité qu’Apple commercialise un MacBook Air 12” (lire : Un MacBook Air 12,9" Retina en 2014 ?).

Le troisième pari que Pascal Cagni est prêt à prendre concerne le prix des smartphones. Apple doit selon lui proposer des produits un peu moins chers. Son autre hypothèse, c’est que la marque à la pomme exploite à terme le potentiel de l’iPhone 5c, en le faisant succéder à l’iPhone 4s.

Trop tôt pour une iWatch ?

L’ancien responsable d’Apple s’est montré enfin extrêmement réservé sur la montre connectée (lire : Pascal Cagni préfère une iTV à une iWatch). Pascal Cagni fait un parallèle avec l’iPad, qui est arrivé dix ans après le Tablet PC. « Samsung nous montre que le timing n’est pas encore bon », une manière d’indiquer d’une part que les produits en vente sont loin d’être matures et d’autre part que le grand public n’est pas encore prêt à adopter un tel objet sur son poignet. Pourtant, tout laisse à penser que c’est actuellement la grosse priorité d’Apple (lire : iWatch : le projet le plus ambitieux d'Apple depuis l'iPhone ?).

Pour lui, dans la hiérarchie des choses, « une Apple TV » est le prochain grand objectif pour Apple. Il estime que son ancienne société a encore beaucoup à faire avec l’iPhone et l’iPad.

Pascal Cagni préfère une iTV à une iWatch

| 20/09/2013 | 09:04 |  

Apple a profité de la sortie des nouveaux iPhone pour faire plusieurs sorties dans la presse (lire : Cook, Ive et Federighi : « Quoi, nous, inquiets ? »). Pascal Cagni s’est également exprimé sur LesEchos.fr pour évoquer la stratégie de la firme de Cupertino qu’il a quittée il y a tout juste un an.

image : Kingfisher

Pour lui, la marque à la pomme peut se permettre d’être relativement chère par rapport à la concurrence. Entre les nouveautés d’iOS 7 et les avancées de l’iPhone 5s avec notamment son processeur 64 bits, Apple a suffisamment « de facteurs de différenciation par rapport à la concurrence » pour justifier ses prix. Pour conclure sur ce point, il ajoute qu'Apple n'a aucun intérêt à se lancer dans une guerre tarifaire avec Android.

L’ancien patron d’Apple Europe a qualifié de « malin » le lancement de l’iPhone 5c, qui doit permettre selon lui « de séduire une nouvelle catégorie de clients : les jeunes ». Il estime également que ce modèle « même à ce prix-là » devrait rencontrer « un vrai succès en Chine ».

Pour résumer son avis sur la Chine, le prix n’est pas forcément le plus gros problème à court terme pour Apple. En améliorant sa présence, notamment en signant un accord avec China Mobile, la marque à la pomme pourrait toucher beaucoup plus de monde. Autre problème spécifique à la Chine : l’accès à iTunes. Pour résoudre cela, Apple travaille sur l’ouverture d’un data center à Hong-Kong.

Interrogé au sujet d’une éventuelle iWatch, l’ancien d’Apple dit ne pas forcément y croire estimant qu’il y a « une limite, selon moi, au nombre de produits connectés que l'on peut porter ». D’autre part, il pense qu’Apple a encore beaucoup à faire en ce qui concerne les iPhone et les iPad. Plus qu’une iWatch, Pascal Cagni affirme qu’il serait déçu si Apple ne se lançait pas prochainement dans la télévision.

Depuis qu’il a quitté Apple, Pascal Cagni est devenu membre du conseil de surveillance de Vivendi et a réalisé différents investissements dans plusieurs sociétés, dont Netatmo, la fameuse station météo qui se pilote à partir d’un iPhone.

Pascal Cagni revient sur Apple et partage sa vision des technologies d'avenir

| 04/12/2012 | 14:32 |  

Sur le plateau de BFM Business, Pascal Cagni, qui a été à la tête d'Apple Europe pendant douze ans, revient brièvement sur son expérience. L'homme qui a quitté son poste en mai dernier continue de défendre Apple comme s'il en faisait toujours partie.

Pascal Cagni reconnait qu'au cours de ces cinq dernières années — ce qui coïncide avec le retrait d'Apple de l'Apple expo —, la communication de l'entreprise était cadenassée et qu'il n'avait aucune latitude pour communiquer de son propre chef. « On a décidé de laisser parler nos produits et celui qui incarnait le mieux l'entreprise, évidemment Steve Jobs », explique-t-il.

Un verrouillage qui s'étendait — et qui s'étend toujours — aux partenaires de la firme californienne comme en témoigne Cagni qui parle d'« obligation de confidentialité » à propos des opérateurs.

Ce culte du secret n'est pas une révélation, mais on aura peut-être droit un jour à quelques éléments nouveaux dans un livre signé par l'ancien patron d'Apple Europe. Pressé par le journaliste, il n'a en effet pas écarté l'idée d'un ouvrage retraçant ses années dans l'entreprise de Steve Jobs.

Celui qui s'est reconverti en investisseur (lire : La nouvelle vie de Pascal Cagni), pense que « la bataille des devices est en quelque sorte perdue pour l'Europe sur faire des téléphones intelligents aujourd'hui ». Nokia, seul représentant européen sur le marché des smartphones, se fait tailler des croupières par les constructeurs américains et asiatiques.

Pascal Cagni voit deux marchés porteurs en Europe, « deux obsessions » pour lui : l'Internet des objets et les contenus. Concernant le premier marché, il cite le Nest, le thermostat de Tony Fadell, la balance française Withings, et la marque Jawbone qui fabrique le bracelet Up comme exemples. Autant d'objets connectés qui vont prendre de plus en plus de place dans les années qui viennent d'après lui.

Les contenus (industrie du cinéma, de la musique) sont aussi un segment sur lequel les Européens doivent se pencher pour « remplir les deux milliards de téléphones intelligents qui vont être là à l'horizon de deux ans », aux yeux de l'ancien d'Apple... qui a investi dans une start-up néerlandaise spécialisée dans la protection d'accès au contenu.

La nouvelle vie de Pascal Cagni

| 03/12/2012 | 06:12 |  

Alors qu’il dit encore "nous" lorsqu’il parle d’Apple, Pascal Cagni a bel et bien commencé une nouvelle vie depuis quelques semaines. Après avoir passé plus de dix ans à la tête d’Apple Europe, l’homme qui fut recruté par Steve Jobs en personne s’est lancé il y a un peu plus d’un mois dans le capital-risque.

Channel News rapporte qu’il a injecté avec d’autres investisseurs privés 400 000 $ dans Cleeng une start-up néerlandaise spécialisée dans les paywalls et la protection d’accès au contenu, en particulier pour les plateformes vidéo, les organisateurs d’événements live et la presse en ligne.

Cette société a été créée il y a deux ans par Gilles Domartini, un ancien d’Apple également. Les deux hommes se sont croisés à plusieurs reprises dans leur vie professionnelle. Tous deux étaient chez Packard-Bell, avant de rejoindre Apple.

Le mois dernier, Pascal Cagni a fait une intervention remarquée lors du Digiworld Summit 2012 qui se tenait à Montpellier. Il a expliqué pourquoi l’heure d’Apple n’était sans doute pas encore venue (lire : Pascal Cagni : éviter la décadence et la chute de l’empire Apple).

Notez qu’il est l’une des têtes d’affiche de la conférence LeWeb qui se tient à Paris cette semaine. Ce ne sera pas le seul ancien d’Apple à prendre la parole, Tony Fadell, qui s’est récemment fait remarquer avec ses déclarations fracassantes au sujet de Scott Forstall, est également de la partie.

Pascal Cagni : éviter la décadence et la chute de l’empire Apple

| 19/11/2012 | 10:53 |  

L’histoire nous a appris qu’aucun empire n’était immortel. Alors qu’Apple a atteint des sommets, certains voient déjà la pression sur son action comme le signe du début de la fin. Pascal Cagni, ancien dirigeant d’Apple Europe, n’est pas tout à fait de cet avis : à l’occasion du Digiworld Summit 2012, il a expliqué pourquoi l’heure d’Apple n’était sans doute pas encore venue. Un avis que nous secondons et développons.

Pascal Cagni. Image Kingfisher.

Dans un monde où l’appareil est roi, Apple a encore des réserves de croissance. Certes, les beaux jours du PC sont passés, mais les tablettes sont en pleine croissance — et Apple mène la charge. L’iPad a permis à Apple de s’imposer dans des secteurs qu’elle ne connaissait absolument pas, sans dépenser le moindre centime en publicité : avec le phénomène du BYOD, elle est entrée dans le monde de l’entreprise par la petite porte. L’entreprise absorbe 11 % des ventes d’iPad en 2012, une proportion qui pourrait passer à 16 % en 2016 selon des chiffres cités par Cagni.

Dit autrement : Apple pourrait vendre 53 millions de tablettes à des entreprises dans quatre ans, deux fois plus que ce qu’elle vendra de Mac dans tous les domaines dans le même temps. Dans les bureaux, l’iPad concurrencera les ordinateurs traditionnels ; dans les rayons des supermarchés, il a déjà forcé les concurrents à aller vers des formats hybrides avec un Windows 8 pensé pour le tactile — et c’est paradoxalement Apple qui pourrait incarner dans deux ou trois ans « l’informatique à papa » avec le Mac, tout en avançant avec l’iPad sur les secteurs les plus dynamiques.

Elle pourra donc jouer sur les deux tableaux en s’adressant à tous avec des machines aux usages bien définis et aux interfaces parfaitement optimisées pour chacun de ces usages. Une approche assez conservatrice et radicalement opposée à celle de Microsoft avec Windows 8, mais qui pourrait s’avérer payante. Les mentalités évoluent lentement, Apple le sait pour les avoir subies ; mais elle est aujourd’hui passée de l’autre côté de la barrière et en profite.

Apple peut pousser son avantage en sécurisant ses investissements tout en continuant à innover de manière presque morbide, sans peur de la concurrence interne. Ses dépenses d’exploitation ont décuplé : elle s’assure la maîtrise des filières d’approvisionnement en composants, achète les machines pour les assembler comme personne d’autre ne le fait, et construit avec ses data-centers l’épine dorsale des services soutenant les appareils finis. Ses dépenses en recherche et développement ont augmenté de 39 % cette année : elle conçoit désormais ses propres processeurs et maîtrise donc encore un peu plus son destin.

Elle s’achète donc sa tranquillité, mais ne peut s’en contenter : le modèle d’Apple est fait d’itérations certes, mais ces mises à jour progressives et permanentes se fondent sur des ruptures périodiques. Pascal Cagni souligne avec justesse que si 16 % des Britanniques possèdent un téléviseur connecté, seuls 7 % l’ont… connecté. Pourquoi ? Le contenu n’est pas présent. Apple tient là une occasion de s’infiltrer dans un marché existant tout en redéfinissant subtilement les limites — et de trouver un nouveau palier de croissance.

Le contenu, d’ailleurs, est le ciment des murs de l’empire Apple. Si la firme de Cupertino tient 57 % du marché des tablettes et 66 % des bénéfices du marché du téléphone mobile, c’est parce que ces appareils sont soutenus par des écosystèmes de logiciels et de services. Le Google Play compte certes 700 000 apps comme l’App Store, mais est loin de fournir 275 000 apps aux tablettes Android et compte 10 milliards de téléchargements de retard. Et l’App Store concentre la quasi-totalité des revenus, Apple ayant reversé pas moins de 6,5 milliards de dollars aux développeurs.

Comme le rappelle l’ancien dirigeant d’Apple Europe, l’iTunes Store est toujours le plus grand distributeur de musique dans le monde et une des plus grandes si ce n’est la plus grande boutique en ligne du monde. Là encore, Apple s’assure la cohérence renouvelée des appareils existants, et bénéficie de sa position de force, tout en possédant les clefs lui permettant de franchir les portes de nouveaux marchés.

Une mécanique parfaite au mouvement sinon perpétuel, du moins continu ? Non : Apple ne peut s’abstraire des réalités, et la concurrence s’est accentuée tant en nombre qu’en qualité. Oui, les bénéfices comptent dans un système capitaliste, mais le volume aussi — lorsque l’on parle du succès de l’App Store, de l’iTunes Store ou des appareils iOS, on parle bien de chiffres ! Et 75 % des smartphones vendus utilisent désormais Android, le Galaxy S III ayant par exemple pris la tête des ventes au troisième trimestre (18 millions d’unités contre 16,2 millions d’iPhone 4S et 6 millions d’iPhone 5 et plus de 30 millions depuis sa commercialisation). La dernière fois qu’Apple a été enfermée dans ce schéma, elle n’a évité la faillite qu’à la faveur d’une réorganisation totale.


Alors que Steve Ballmer pouvait se permettre de se moquer du petit poucet Apple il y a quelques années, plus personne n’ignore la stratégie implacable de la plus grande société du monde informatique. Microsoft se réinvente comme une société cumulant matériels et services. Google a acheté Motorola Mobility et fabrique les Nexus, écrins pour son contenu et ses services. Amazon est un distributeur de contenus qui a inventé une nouvelle manière de faire du service et a lancé du matériel. L’intégration est partout et si Apple conserve une certaine avance qualitative, le fossé se réduit à mesure que les concurrents travaillent… et que la firme de Cupertino fait du surplace sur certains domaines (l’interface graphique) parce qu’elle doit partir de zéro sur d’autres (Siri, Plans…).

Amazon ou Google ont évidemment compris que la meilleure manière de concurrencer Apple était de ne pas lui faire de concurrence, mais de lui couper l’accès à de nouveaux marchés. En la concurrençant sur le prix, ils lui posent un problème majeur, car les marchés les plus sensibles à cette donnée sont aussi ceux où les réserves de croissance sont les plus importantes (Asie-Pacifique, Afrique et Moyen-Orient, Amérique latine). Ils risquent de s’y faire un nom avant Apple, qui ne peut en retour les concurrencer frontalement et se heurte à la saturation annoncée des marchés américains et européens. La firme de Cupertino semble néanmoins prendre la mesure du risque : la multiplication des références d’iPhone et d’iPad à des prix plus bas, la baisse du panier moyen de ces appareils ou la baisse des estimations du bénéfice par action sont autant d’indices qu’Apple est prête à légèrement rogner sur sa marge pour compenser en volume.

L’écosystème de contenus est lui aussi assailli, et avec les mêmes mécanismes. Combien de boutiques se sont cassé les dents contre le tout-puissant iTunes en adoptant le même modèle ? La plus forte croissance du marché de la musique est réalisée par un tout autre segment, la musique en streaming sur abonnement. En 18 mois, Spotify a doublé la part des abonnés payants (de 14 à 28 %), un marché qui est en train de doucement s’imposer et de réellement peser dans l’industrie musicale. Là encore, Apple est capable de pragmatisme : quoiqu’encore freinée par des désaccords avec les majors, elle s’apprête à lancer son propre service de streaming musical dans le navigateur.

Et là encore, Apple pourra continuer à consolider l’existant. Les livres, les journaux et les magazines représentaient en Europe en 2009 un marché de plus de 100 milliards de dollars, contre 10 milliards par exemple pour la musique. Ce sont des segments qui connaissent certes une croissance très faible, mais sur lesquels Apple est encore un acteur mineur et ne peut que progresser. La généralisation prochaine de la 4G ne pourra qu’entraîner de nouveaux usages de consommation de la musique et des vidéos en mobilité, et cette fois Apple est en position de force pour en profiter : elle a les contenus, les services de distribution et les appareils.

Oui, l’empire Apple finira par se scléroser, se déliter, puis entrer dans l’histoire. Mais ce n’est sans doute pas pour tout de suite…

Apple Europe : le grand ménage commence

| 25/05/2012 | 16:30 |  

La démission de Pascal Cagni, directeur général et vice-président d'Apple EMEIA, n'est que la première étape d'un remaniement plus profond de la branche européenne. D'après nos informations, il a été demandé à Hervé Marchet, directeur d'Apple EMEIA et proche de Pascal Cagni, de quitter ses fonctions. On l'aura compris, la simultanéité de ces deux départs n'est pas une coïncidence, mais bel et bien la manifestation d'une reprise en main par Cupertino de ses filiales.

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Hervé Marchet (image Jöran Fagerlund)

Ses points communs avec Pascal Cagni sont nombreux, de son arrivée chez Apple en 2000 en provenance de Packard Bell / NEC, à un certain charisme qui en faisait une figure d'Apple Europe. Il est connu pour avoir dirigé les opérations marketing de la branche éducation d'Apple EMEIA : il a été à ce titre responsable de la mise en place de l'opération MIPE avec Richard Ramos (qui a quitté Apple France en 2010), de l'extension du programme Apple on Campus à l'Europe et notamment la France, des grands contrats de fourniture des universités par Apple, ou des diverses réductions pour les étudiants et les enseignants. Son départ fait écho à celui de Pascal Cagni, dont il était en quelque sorte le bras droit, et confirme une franche reprise en main d'Apple sur ses filiales, après un premier coup de semonce de la fin 2005 à la mi 2006.

Ce qui s'annonce comme un remaniement d'Apple Europe, Moyen-Orient, Inde et Afrique finit de vider cette filiale de cette spécificité. La première filiale européenne d'Apple a été créée par Jean-Louis Gassée en février 1981 : il s'agissait bien évidemment d'Apple France. Sa première particularité est de s'être longtemps confondue avec Apple Europe, la France ayant longtemps été le premier marché européen pour Apple et son deuxième dans le monde. Sa deuxième particularité est d'être quasiment indissociable des efforts d'Apple pour s'imposer dans le monde de l'éducation : Gassée a été le premier président de la Fondation Apple Education dès 1982, et la branche éducation a souvent été perçue comme la plus influente au sein d'Apple Europe. Sa troisième particularité est d'avoir participé à la mise en place d'une « filière française » (et européenne) chez Apple, pour les ingénieurs et les développeurs, mais aussi pour les cadres : Jean-Louis Gassée a succédé à Steve Jobs à la tête de la division Macintosh, et un de ses successeurs, Michael Spindler, fut un temps CEO du groupe.

Le transfert du siège d'Apple EMEIA de Paris à Londres tient certes en grande partie à des détails opérationnels, mais a aussi été l'occasion d'une redéfinition des prérogatives et des moyens accordés à Apple Europe, d'un affaiblissement de l'influence d'Apple France pour traduire la baisse de l'importance de la France dans les résultats d'Apple, et globalement d'une reprise en main de Cupertino sur ses filiales. De véritable Apple dans Apple, Apple Europe est devenue progressivement une simple filiale de multinationale. En 2000, Pascal Cagni avait pourtant été recruté par Steve Jobs en personne, et l'on sait que les deux entretenaient des relations fréquentes et cordiales. Il faut dire que pendant toute la décennie, la croissance d'Apple a été particulièrement forte en Europe — mais le moteur de croissance s'appelle aujourd'hui la Chine, et les piliers de la filiale sont aussi des obstacles à une sorte de rentrée dans le rang. L'Europe et sa filiale d'Apple n'ont tout simplement plus les moyens de leurs prétentions.

Apple-France

Apple France (Image Anthony Nelzin).

Tim Cook construit indéniablement un après-Steve Jobs, et ce sont là des cadres des années 2000, de l'ère Steve Jobs, qui sont débarqués : il s'agit de normaliser Apple en cassant des fiefs, de la faire entrer dans son costume de multinationale parmi les plus grandes du monde avec une organisation un peu plus centralisée, et de policer quelque peu cette filiale européenne originale (lire : Tim Cook : le "simple mortel"). À cet impératif économique et opérationnel répond sans doute des affinités personnelles : il se murmure que Pascal Cagni et certains de ses collègues ne plaisaient pas particulièrement au nouveau CEO d'Apple, qui a multiplié les voyages en Europe ces derniers mois. C'est donc un peu du parfum tout particulier qui régnait à Apple France et Apple Europe qui s'efface : la France n'est plus « la fille aînée de l'Église Apple », selon le mot… de Pascal Cagni.

Une des premières décisions de Tim Cook en tant que CEO a été par exemple de mettre fin à l'indépendance de la branche éducation américaine d'Apple. Elle a tout simplement été démantelée et intégrée à l'organigramme « classique » du groupe, le marketing rejoignant la division de Phil Schiller, les ventes celles de John Brandon. On pourrait imaginer que dans les prochains mois, la situation ubuesque qui voit Apple Europe concurrencer sa maison mère dans l'établissement d'un réseau de distribution disparaisse. Actuellement, les APR sont gérés par la filiale, dont une partie du revenu dépend d'ailleurs des performances du réseau de vente, alors que Cupertino gère directement Apple Retail et les Apple Store, sans d'ailleurs toujours avertir Apple Europe. C'est d'ailleurs en grande partie par le succès d'Apple Retail et l'intervention des équipes américaines sur le territoire européen que l'on peut expliquer la déchéance des filiales françaises et européennes du groupe. Affront ultime et comble de la situation : les locaux d'Apple Europe sont au-dessus d'un Apple Store, et c'est aujourd'hui un Anglais qui dirige Apple Retail, son bras droit passant le plus clair de son temps en Europe et notamment à Londres.

L'arrivée d'une nouvelle génération aux commandes, qui n'a pas connu l'« épopée » des années 1980 et 2000, favorisera sans doute la normalisation d'Apple Europe, qui va bel et bien devenir une filiale « normale » intégrée à sa maison-mère, comme dans tous les grands groupes. Nous devrions en savoir un peu plus sur les détails précis de ces départs et les réorganisations éventuelles qu'ils vont entraîner dans les prochains jours. Dans tous les cas, c'est bien une nouvelle ère qui s'ouvre pour Apple, si on en doutait encore.

Sur le même sujet :
- Apple : le jeu de cadres
- L'Eglise Apple et le messie Jobs

Apple Europe : Pascal Cagni aurait démissionné [MàJ : confirmé]

| 24/05/2012 | 19:30 |  

Pascal Cagni, le patron d'Apple Europe, a donné sa démission, annonce Le Figaro. Il l'aurait fait hier, mais aucune confirmation (ou infirmation) n'est encore venue d'Apple.

Âgé de 50 ans, il est à ce poste depuis 12 ans. Il avait été nommé en avril 2000. Il venait à l'époque du monde PC. Avant de rejoindre Apple, il était vice-président marketing chez Packard Bell, il avait aussi connu Compaq.

Chez Apple Europe il a sous sa responsabilité la zone Europe, Moyen-Orient et Afrique. Installé en Angleterre, il pilote notamment le développement des Apple Premium Resellers, et autres revendeurs Apple et marques de la grande distribution. Les Apple Store en ligne, comme les boutiques, ne sont pas dans ses prérogatives.

On lui a déjà prêté ces dernières années des envies de changement, dans l'audiovisuel en Angleterre ou chez Orange en France, mais sans succès.

[MàJ@19h25] Apple a officiellement confirmé le départ de Pascal Cagni (via) :

Tim Cook a guidé l'organisation commerciale pendant plus d'une dizaine d'années. Lorsque Tim est devenu CEO d'Apple, nous avons jeté un regard neuf sur les ventes mondiales pour combler le vide ainsi laissé. Dans ce cadre, il y a des changements graduels pour accompagner notre incroyable croissance.

Il semble donc que le départ de Pascal Cagni soit bel et bien lié à une reprise en main progressive par Cupertino de ses filiales, alors qu'il était le visage d'Apple EMEA. Cagni était donné partant depuis plusieurs années, des tensions récentes au sein d'Apple Europe ont sans doute favorisé sa démission.

Cagni : "L'Europe est pleine de potentiel" pour Apple

| 21/10/2009 | 12:47 |  

L'Europe se porte bien, elle peut faire mieux encore et l'iPod n'a pas - encore - connu de déclin sur ce marché, mais le risque existe. C'est en substance ce qu'explique Pascal Cagni, le patron d'Apple Europe dans une interview au Guardian.

Cagni met les bonnes ventes de Mac et en particulier celles des portables au crédit de la qualité des produits, mais également des différents canaux de vente, où "chose rare dans cette industrie"  Apple affiche des boutiques en son nom ainsi qu'un réseau de partenaires. Il cite l'exemple de l'Angleterre qui totalise 120 points de vente "hautement qualifiés", entre les 23 boutiques Apple Store, les 43 Apple Premium Resellers ou encore les "shop in the shop" (à l'exemple des Fnac en France).

L'opération Back to School pour le milieu de l'éducation aurait également bien fonctionné "ça a été un succès immense partout en Europe". Il affirme ensuite "Nous avons toujours des positions de leader dans chacun des pays [européens], avec typiquement des parts de marché dépassant les 20 ou 25%" mais sans préciser s'il s'agit là des marchés de l'éducation, ce qui paraît plus que probable vu les chiffres annoncés.

Pascal Cagni voit l'Europe comme "pleine de potentiel". Pour mémoire, sur le dernier trimestre fiscal annoncé lundi, l'Europe a présenté un chiffre d'affaires en croissance de 45% comparé à la même période de 2008 (+ 25% sur l'ensemble des zones géographiques d'Apple) et +25% en nombre de Mac vendus (761 000 machines) face à 17% sur l'ensemble des territoires couverts par la Pomme.

"Nous avons cette stratégie multi-canal qui fonctionne bien et qui nous laisse penser que lorsque nous allons continuer à ouvrir de nouvelles boutiques en notre nom, comme nous avons commencé à le faire en Allemagne, en Suisse et en Italie, nous allons avoir un réservoir de croissance spectaculaire sur le continent. Sur la dernière année, nous avons réalisé plus d'ouvertures à l'extérieur qu'à l'intérieur des États-Unis. Et nos magasins en ligne sont reconnus parmi ceux offrant la meilleure expérience de vente. L'innovation chez nous n'est pas seulement au niveau des produits, mais également dans la manière dont nous les amenons sur le marché."

S'agissant de l'iPod, Cagni souligne que les ventes n'ont pas connu de déclin en Europe, comme cela a été constaté au niveau mondial (-6% de chiffre d'affaires au dernier trimestre et -8% sur les unités vendues). Pour autant, devant cette inflexion constatée sur les autres marchés, le patron d'Apple Europe entend revoir la communication faite autour du baladeur, surtout avec le nouvel iPod nano vidéo entré au catalogue "Notre travail est de mieux faire passer le message. Nous devons mieux le formuler pour que les gens soient convaincus de ce que nous faisons".

Et s'il s'avérait impossible de contenir une évolution à la baisse sur l'iPod, Cagni voit dans le reste du catalogue actuel et celui à venir largement de quoi compenser "Nous avons tellement de quoi faire avec l'iPhone, le Mac et le reste que nos mains sont pleines. Et devinez quoi, comme Steve l'a indiqué, nous allons continuer à vous étonner durant l'année à venir."

Sur d'autres sujets comme l'arrivée des Beatles sur iTunes d'ici Noël, Cagni botte en touche "J'aimerai dire oui, mais je n'ai rien à annoncer (ndr : et quand bien même, on voit mal que ça se fasse ailleurs que depuis Cupertino…) et sur la question de son départ d'Apple Europe (voir l'article Pascal Cagni cité pour diriger un réseau de TV), Cagni n'offre aucun commentaire, mais son souhait de bonne fortune à ITV laisse entendre que ce dossier est maintenant refermé (ndr : on nous a plusieurs fois affirmé que Pascal Cagni cherchait depuis longtemps un nouveau point de chute, il aurait par exemple tenté sa chance, en vain, chez Orange).

Sur le même sujet :
Apple : 3 millions de Mac vendus ce trimestre

Pascal Cagni cité pour diriger un réseau de TV

| 29/07/2009 | 12:15 |  

Pascal Cagni, le vice-président d'Apple Europe, figurerait sur une liste de candidats possibles pour le poste de directeur général du réseau de chaînes de télévision anglaises ITV.

The Guardian explique que six personnes ont été remarquées par le conseil d'administration et que deux se dégageraient, Pascal Cagni ainsi que Simon Fox, le patron d'HMV (une chaine de magasins type Fnac). Cette recherche d'un nouveau dirigeant pourrait se conclure en septembre prochain. Pascal Cagni a rejoint Apple en 2000, après être passé par NEC/Packard Bell Europe et avant cela Compaq.

Au moins 22 Apple Stores prévus en France

| 28/03/2009 | 09:31 |  

Il y aura bien une vingtaine d'Apple Store en France. Cet ordre de grandeur (minimum) que nous avions précédemment évoqué a été d'une certaine manière confirmé par Pascal Cagni, le patron d'Apple Europe dans une interview à Distributique "Vingt-deux des cinquante plus grandes villes françaises n'ont pas d'APR. Nous allons remédier à ce problème en ouvrant nos magasins mais aussi en faisant progresser le nombre de nos revendeurs labellisés en France. Ils seront plus de 60 d'ici la fin de l'année contre 54 aujourd'hui."

Il renouvelle l'idée que les Apple Store et les Apple Premium Reseller peuvent cohabiter, en s'adressant à des clientèles différentes, et que les premières victimes des Store pourraient être plutôt les Fnac et autres Darty "Dans l'esprit d'Apple, ces derniers [les APR] ont vocation à adresser le segment prosumer qui regroupe le grand public, les professions libérales et les amateurs de loisirs créatifs. Nos Apple Store sont largement focalisés sur le grand public, même si nous ne refuseront pas une vente à un professionnel. Nos magasins seront donc bien plus concurrents de la grande distribution que des APR" (voir aussi l'article Interview : "Face aux Apple Store il faut innover").

En réponse aux récents propos de Steve Ballmer sur le prix d'un Mac (traduits maintenant en publicités) Pascal Cagni indique que rien ne devrait changer "Apple vend de la valeur. Avec ou sans la crise, c'est ce que recherche certains consommateurs et c'est ce pour quoi ils sont prêts à payer. Nous n'allons pas changer de stratégie.". Et de se refuser, évidemment, à tout commentaire sur la question de l'arrivé d'un portable économique chez Apple.

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