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Toute l'actualité sur musique

Leap Motion : Muse transforme le Mac en instrument de musique

| 04/04/2014 | 09:45 |  

Le Leap Motion offre un moyen de contrôle original pour son ordinateur. Plutôt que d’utiliser la souris ou le clavier, ce petit boîtier reconnaît vos mains et peut ainsi contrôler l’interface du bout des doigts. Une idée originale qui a connu un certain succès dans un premier temps, mais qui n’a pas encore réussi à faire ses preuves. Il faut dire que l’idée même de contrôler un ordinateur sans poser les bras pose problème, comme nous l’avions noté dans notre aperçu du produit.

Même si les créateurs du Leap Motion font face à de telles difficultés qu’ils ont été contraints de licencier une partie de leur personnel, l’appareil continue d’attirer des développeurs et The Next Web évoque justement un nouveau logiciel original. Muse est pensé comme un instrument de musique électronique contrôlé exclusivement avec l’appareil.

Muse ne sauvera sans doute pas l’appareil, mais les démonstrations montrent que l’on peut faire des choses assez intéressantes avec ses mains au-dessus du clavier. Le logiciel est limité à une musique typée ambient, mais on peut dire que l’interface est plutôt bien adaptée au Leap Motion. Il faudra sans doute un petit temps d’apprentissage pour viser rapidement et précisément un élément à l’écran, mais changer d’instrument rapidement d’un mouvement de la main est agréable.

Muse est en vente sur l’AirSpace Store, la boutique réservée au Leap Motion. Comptez 9,99 $ pour le logiciel, à ajouter aux 115 € environ pour le contrôleur en lui-même. OS X 10.7 est nécessaire.

MainStage 3 corrige ses premiers bugs

| 14/08/2013 | 09:05 |  

MainStage 3 [3.0.1 – Français – 26,99 € – OS X 10.8 – 524 Mo – Apple] a reçu sa première mise à jour. Mineure, elle corrige les premiers bugs rencontrés sur ce logiciel conçu pour être utilisé par des musiciens, sur scène, pendant un concert. C’est justement du côté des performances — un point essentiel quand on parle de live — qu’Apple a notamment travaillé sur cette nouvelle version. Le module MIDI Arpégiateur pouvait occuper tout le processeur et bloquer le logiciel, ce n’est plus le cas.

Les Mac dotés de cartes graphiques AMD pouvaient introduire des "problèmes graphiques" dans le logiciel, mais ce n’est plus le cas. MainStage permet de télécharger du contenu supplémentaire, mais la version précédente bloquait parfois l’opération. Autre point évoqué par l’éditeur : l’ajout de marqueurs et leur modification en mode lecture fonctionnent dorénavant comme il se doit.

Le Mac Pro sonne bien chez les pros de la musique

| 18/06/2013 | 13:56 |  

Avec son design pour le moins inattendu et radicalement différent de l'ancien modèle — et de tout ce qui se fait ailleurs —, le nouveau Mac Pro ne laisse personne indifférent. Le cylindre d'Apple a reçu un accueil très favorable de la part de certains professionnels de la vidéo. Pour sa part, Create Digital Music, un site spécialisé dans la création musicale, voit aussi d'un bon oeil cette nouvelle machine.

La principale critique dont fait l'objet le Mac Pro 2013 — en attendant de connaître son prix — est bien sûr l'abandon du système d'extensions internes. Pour Create Digital Music, cet inconvénient n'en est pas un pour plusieurs raisons.

La nouvelle tour d'Apple est équipée d'une pléthore de ports USB 3.0 et Thunderbolt 2 (respectivement 4 et 6). L'absence de ports PCI Express (PCIe) ne serait pas un problème non plus. « Thunderbolt est du PCI Express, rappelle le site. C'est une extension de ce bus à travers un câble. Ce n'est pas aussi rapide que le standard PCI Express 3.0, ou le PCI Express 4.0 à venir. Mais Thunderbolt fournit bien assez de bande passante pour les grosses configurations audio, le stream vidéo et le stockage très rapide. »

Sur l'adoption du Thunderbolt dans les accessoires, son talon d'Achille actuel, Create Digital Music se veut confiant, expliquant que ce nouveau Mac Pro va booster sa popularité : « Thunderbolt, comme PCIe, est une technologie Intel avec un connecteur Apple. C'est de facto un standard, et vous pouvez vous attendre à le voir adopter autant sur PC que sur Mac bientôt. »

Et d'illustrer son propos en indiquant que le fabricant RME estime qu'il pourra facilement convertir l'interface MADIface XT en Thunderbolt. Sans même parler de Thunderbolt, l'USB 3.0 est vu par RME comme une solution viable pour ses produits. Universal Audio est aussi enthousiaste à propos de cette technologie en raison de sa bande passante et de sa très faible latence.

Le fait que quasiment tout passe par les ports USB 3.0 et/ou Thunderbolt présente un autre avantage : les périphériques étant forcément externes, ils ne sont plus dépendants d'une machine.

Si vous voulez emmener avec vous le matériel avec lequel vous avez travaillé dans votre studio, vous avez juste à débrancher le périphérique Thunderbolt du Mac Pro et à l'utiliser avec votre ordinateur portable. Alors que les baies d'extension sont excellentes pour tout garder bien rangé dans une machine qui ne bouge jamais, elles sont terribles pour maximiser l'investissement matériel quand vous utilisez beaucoup votre portable ou une autre machine.

Qui dit périphériques externes, dit câbles, et vu le nombre de ports USB 3.0 et Thunderbolt disponibles, un méli-mélo de câbles pourrait rapidement apparaître. Create Digital Music n'est pas inquiété par ce point. Des accessoiristes vont s'attaquer à ce problème d'après lui. On devrait voir arriver toute sorte de gaines de rangement et d'accessoires spécialement pensées pour le Mac Pro, comme il en existe déjà pour les autres Mac.

Le site concède tout de même que les périphériques externes tendent à être plus chers que ceux internes. Et il ne sera pas forcément aisé de se resservir des périphériques internes du modèle actuel sur le nouveau.

« Apple n'est pas votre seule possibilité, rappelle Creat Digital Music aux réfractaires. Les tours traditionnelles ont vraiment des avantages en terme de coût et de flexibilité. [...] Windows 8 est un système d'exploitation puissant pour la production musicale. Il prend en charge quasiment exactement la même suite d'outils que sur Mac. »

DM1 : la boîte à rythmes de Fingerlab sur Mac

| 08/04/2013 | 17:02 |  

DM1 [1.0 – US – 4,49 € – OS X 10.7 – 59,9 Mo – Fingerlab] est l’adaptation, pour les Mac, de l’application du même nom conçue à l’origine pour l’iPad. Il s’agit toujours d’une boîte à rythmes très complète qui permet autant de réfléchir sur un morceau que d’en créer complètement la section rythmique.

La version OS X reprend l’intégralité des fonctions de DM1 [4.0.1 – US – 4,49 € – iPad – 86,0 Mo – Fingerlab] en version iPad, mais aussi son interface. Par défaut, le logiciel s’ouvre ainsi dans une fenêtre qui affiche séparément chacune des sections de la boîte à rythmes. Sur cette capture, on a ainsi l’écran "Steps", mais on peut passer aux "pads", à la zone "mixer" ou encore à la section dédiée aux effets spéciaux appliqués à la musique d’un clic ou avec une touche dédiée. L'interface se contrôle entièrement à la souris, ou presque : ce qui se faisait avec un doigt sur l'iPad se fait désormais avec le curseur de la souris, pour faire simple.

DM1 sur le Mac n’est pas qu’une banale copie de la version iPad toutefois et on peut afficher l’ensemble des contrôles en passant en plein écran. Ce mode qui n’est pas proposé sur la tablette, faute de place, trouve ici tout son sens et s’avère très agréable, d’autant que l’on utilise plutôt cette application seule à l’écran. Cela fonctionne, mais sur les grands écrans uniquement : c’est bien sur un 15 pouces Retina, parfait sur un 27 pouces, mais inutilisable sur un MacBook Air 11 pouces où l’on aimerait retrouver le découpage comme en mode fenêtré (capture d’écran).

L’intérêt de DM1 est aussi de lire et écrire des fichiers compatibles avec la version iPad. L’éditeur n’a pas intégré iCloud, mais on peut exporter des données avec iTunes ou Dropbox pour les transférer d’un appareil à l’autre. On aurait préféré une méthode plus simple toutefois : il faut afficher le panneau "Song", cliquer sur "Load" et enfin "Export Project", quelle que soit la plateforme. Sur Mac, on peut toutefois utiliser le raccourci ⌘O pour afficher le menu de chargement qui sert aussi à l’import et export de projet.

De manière générale, on regrette un peu l’absence de raccourcis clavier ou de solutions plus simples pour gérer l’interface. Avec une souris ou un trackpad, DM1 fonctionne beaucoup par clics, voire par clic et glissement pour les petits potentiomètres que l’on trouve à certains endroits. Si c’est très pratique avec un écran tactile, on a quelques réserves avec un Mac et on aurait aimé au moins utiliser le défilement à la souris ou au trackpad pour certains contrôles.

DM1 est proposé uniquement en anglais et le logiciel nécessite OS X Lion ou mieux, ainsi qu’un Mac doté d’un processeur 64 bits. Vendu au même prix que l’iPad (4,49 €), cette déclinaison OS X ne vous ruinera pas et peut rendre quelques services si vous utilisez l’application iOS.

Dropbox : une offre de streaming de musique ?

| 13/12/2012 | 14:16 |  

Dropbox, spécialiste du stockage en ligne et de la synchronisation a acheté Audiogalaxy, un service dédié à l’écoute de sa propre musique en streaming depuis n’importe quel navigateur à la seule condition de disposer d’une connexion Internet. C’est par un bref message que l’acquisition a été annoncée et les trois employés d’Audiogalaxy y annoncent qu’ils vont désormais grossir les rangs de Dropbox, sans détailler les raisons de cet achat.

L'application iOS d'Audiogalaxy

Même si les deux entreprises ne veulent pas en dire trop sur leurs relations futures, il n’est pas difficile de deviner qu’il s’agit de concurrencer des offres comme l’iTunes Match d’Apple ou encore Google Music. L’écoute de sa propre musique en streaming devient un enjeu important et Dropbox a certainement une carte à jouer dans ce domaine. Après tout, certains de ses clients utilisent sans doute leur espace de stockage fourni par Dropbox pour, déjà, y stocker de la musique.

Dropbox [1.5.7 – Français – Gratuit – iPhone/iPad – Dropbox], l’application iOS du service, prend d’ailleurs des fichiers musicaux en charge, mais cette fonction est insuffisante pour concurrencer les services dédiés. On ne peut lire qu’un morceau à la fois et la lecture en streaming n’est pas optimale. Sans aller sur le terrain d’un concurrent direct à iTunes Match qui nécessiterait pour Dropbox de négocier avec chaque maison de disque, on peut imaginer que cette acquisition soit d’abord liée aux compétences techniques et serve à améliorer cette fonction de lecture, dans les applications mobiles, comme dans le navigateur.

En attendant d'en savoir plus, Audiogalaxy ferme ses portes très rapidement. L'accès aux listes de lecture ne sera plus possible dès la fin de l'année et le service fermera complètement en 2013. Le service n'accepte évidemment plus aucune inscription.

Sound Forge Pro est disponible sur Mac

| 05/10/2012 | 08:48 |  

Comme annoncé par Sony (lire : Sony confirme l'arrivée de Sound Forge Pro pour OS X), Sound Forge Pro [1.0 – Formulaire – US – OS X 10.7 – 245,95 €] est désormais disponible pour les utilisateurs de Mac. Cet éditeur de musique vient entrer en concurrence avec l'offre existante, déjà bien fournie. Les ambitions de Sony sont en tout cas manifestes, avec une réécriture complète du logiciel pour le système d'Apple.

L'interface de Sound Forge Pro a été également adaptée pour le système d'Apple, mais les habitués devraient trouver rapidement leurs marques. L'éditeur met en avant les fonctions avancées de son logiciel qui vise résolument les professionnels. Si vous êtes intéressés, le site officiel propose un aperçu assez complet des fonctionnalités, mais aussi une version de démonstration à télécharger gratuitement (il faudra en revanche activer le logiciel en créant un compte).

Sony précise quelques problèmes ou limites connus dans cette première version. La version Mac de Sound Forge Pro étant exclusivement 64 bits, elle ne peut pas utiliser de modules 32 bits. Un processeur Intel Core 2 Duo est d'ailleurs nécessaire au minimum, ainsi qu'OS X 10.7.

Sony confirme l'arrivée de Sound Forge Pro pour OS X

| 23/08/2012 | 10:18 |  

À la fin du mois de juin, un site et une vidéo évoquaient l'arrivée sur OS X d'un nouveau logiciel d'édition audio. Son éditeur restait alors inconnu, mais plusieurs indices laissaient à penser que Sony était derrière cette opération de communication (lire : Sound Forge bientôt disponible sur Mac ?). La dernière vidéo publiée sur ce mystérieux site ne laisse plus de place au doute : Sony confirme qu'il a adapté Sound Forge Pro à Mac OS X.

La vidéo n'apprend pas beaucoup plus que cette information concernant l'adaptation. Sony prend la peine d'indiquer que son logiciel a été modifié pour le système d'Apple, tandis que l'on aperçoit l'interface et quelques fonctions attendues. L'accent est clairement mis sur l'aspect professionnel du logiciel, mais l'éditeur ne précise ni date de sortie, ni tarif. Sound Forge Pro est vendu plus de 350 € sur les PC équipés de Windows.

Sound Forge bientôt disponible sur Mac ?

| 28/06/2012 | 17:02 |  

Un nouveau site annonce un logiciel mystère sur Mac : finallyonthemac.com ne contient qu'une vidéo annonçant l'arrivée sur les ordinateurs Apple d'une application dédiée à l'édition musicale. Aucun nom ne s'affiche et le code source, extrêmement simple, s'avère tout aussi pauvre en informations.

Selon MacRumors, Sony serait derrière ce site et cette vidéo. L'entreprise préviendrait par cette annonce de l'arrivée prochaine sur OS X de son enregistreur et éditeur audio Sound Forge. Ce logiciel dédié aux professionnels et semi-professionnels est vendu environ 350 € dans sa dernière version pour Windows. Il entrerait en concurrence avec Logic Pro (149,99 €) conçu par Apple.

Si Sony est effectivement derrière ce teaser, ce serait la première fois que Sound Forge serait disponible sur OS X. En attendant d'en savoir plus, la vidéo promet une application repensée pour le système d'Apple. Aucun mot en revanche sur une date de sortie…

Heavy Rotation rassemble vos chansons préférées

| 10/05/2012 | 10:04 |  

Heavy Rotation for iTunes [1.0 – US – 1,59 € (promotion de lancement) – OS X 10.7 – Claus Zimmermann] est une nouvelle application qui vient s'adosser à iTunes, mais il ne s'agit pas d'un simple contrôleur. Cette application propose une fonction innovante en suivant vos habitudes de lecture et en vous indiquant ainsi ce que vous aimez le plus.

Logée dans la barre des menus et en option dans le Dock, Heavy Rotation fonctionne en tâche de fond pour ne pas rater un morceau. L'application enregistre ainsi tout ce que vous lisez et propose des listes des titres les plus lus dans les dernières 24 heures, la semaine ou le mois en cours. On peut enregistrer une liste de lecture à partir de ces listes, tandis que Heavy Rotation sait tenir un journal de vos lectures par saison.

Heavy Rotation

L'idée de Heavy Rotation est intéressante, mais l'application est handicapée par un problème récurrent : elle ne prend pas en charge iTunes Match. Ajoutons que quelques listes de lecture intelligentes permettent d'obtenir les mêmes résultats, sauf pour le calendrier de lectures. À vous de voir si le prix demandé est malgré tout justifié.

Cette liste de lecture intelligente triée par nombre de lecture remplace la liste créée par cette application.

Quand les supports influaient sur les œuvres

| 19/03/2012 | 22:30 |  

L'avènement de la dématérialisation des médias a eu des conséquences plus discrètes en apparence que dans leur utilisation et leur distribution : la création même en a été bouleversée.

En effet, le support physique a été une contrainte en tant que telle, qui devait être prise en compte dans le processus créatif, et qui a eu une influence sur la forme.

Certaines contraintes sont évidentes, par exemple pour la musique : la durée totale d'un album n'a désormais virtuellement plus de limites imposées. D'autres sont plus subtiles pour le consommateur, mais pas moins sans conséquence pour les créateurs.

Ad libitum (littéralement)

Puisqu'il est question de musique, revenons deux générations de format en arrière, avec le disque microsillon. La qualité de rendu de ce support analogique était directement associée à la vitesse de rotation, et pour cause, puisque d'elle dépendait la quantité d'informations lue sur une période donnée. Comme le disque ne comporte en réalité qu'un seul sillon en spirale, l'extérieur du disque était donc d'une meilleure définition que l'intérieur. À tel point que certaines œuvres, notamment des œuvres classiques, ont été gravées "à l'envers", c'est-à-dire avec une spirale qui part du centre du disque vers l'extérieur, afin que le crescendo final bénéficie d'une meilleure qualité sonore.

D'autre part, les disques étaient réversibles, chaque face d'un 33 tours durant de 20 à 30 minutes, il fallait donc nécessairement une césure dans la musique à cet instant. La répartition des titres selon leur durée devait tenir compte de cette contrainte, tout comme d'ailleurs les concepts-albums aux titres parfois exceptionnellement longs. Le CD a permis de s'affranchir de cette césure à hauteur de 80 minutes consécutives, avant même que la musique dématérialisée ne permette d'aller au-delà (l'album Soulnessless de Terre Thaemlitz, exclusivement distribué de manière numérique, monte le compteur à plus de 32 heures…)

Le cinéma sur pellicule connaissait une contrainte similaire : le changement de bobine lors de sa projection. Un long métrage tient sur plusieurs bobines de pellicule. Lors de la projection, le projectionniste doit basculer d'une pellicule sur l'autre à l'aide de repères visuels à même l'image du film. Ces petits ronds (ou ovales si le film est anamorphosé), s'affichent dans le coin supérieur droit de l'image à deux reprise : la première pour indiquer le changement imminent de bobine, et la seconde pour que le projectionniste effectue la bascule de bobine.

Les projectionnistes avaient également une astuce pour avoir un signal sonore indiquant le basculement de bobine, une petite cloche dont le mécanisme s'appuyait sur la bobine elle-même, et qui était la cause des rayures verticales de l'image lorsqu'il manquait de lubrifiant.

Le changement de bobine avait une conséquence plus importante encore, cette fois au niveau créatif : lors de la projection, celui-ci était manuel et imprécis et ne pouvait donc se faire à l'image près. Il imposait donc un changement de scène à l'image : impossible de maintenir un plan, un son, ou même un dialogue, d'une bobine à l'autre. Le changement de bobine impose une interruption dans le processus narratif. D'autant que l'image "saute" à l'écran lors du passage d'une bobine à l'autre, et qu'il vaut donc mieux le faire durant un fondu au noir. Non seulement cette contrainte technique du support physique impose un changement de scène à un instant donné, mais il impose même l'effet de transition d'une scène à l'autre (quoique nombre de films ont malgré tout fait l'impasse sur ce dernier).

Toutes ces contraintes disparaissent avec le cinéma numérique, projeté d'une seule traite à partir de disques durs. Les scènes peuvent alors avoir toute la durée requise par l'histoire elle-même. Mais en amont de la projection, la dématérialisation va jusqu'aux techniques de tournage, et là encore elle libère le processus créatif. Les caméras numériques, telles que la RED EPIC, ne stockent plus les images sur pellicules, mais sur des disques SSD, et donc sans le moindre mécanisme. Ainsi, il devient possible de tourner des plans qui n'exigent plus la stabilité absolue de la caméra. Autrefois, de simples tressaillements rendaient le tournage impossible, puisque le fragile mécanisme de la caméra exigeait un alignement précis de la pellicule. Mieux encore, ces caméras sont devenues infiniment plus maniables, puisque débarrassées de leurs encombrants magasins de pellicules. Il devient donc possible de tourner des scènes autrefois impensables uniquement à cause du support physique.

Mais la dématérialisation a touché en premier lieu une autre partie du cinéma avant même le tournage ou la projection, il s'agit bien évidemment de la post-production. Faisons cependant abstraction des outils de traitement numérique de l'image, qui n'ont à proprement parler pas dépendu du support ou de son absence. Le montage, en revanche, s'est trouvé libéré de bien des contraintes dès l'instant où il s'est affranchi du support. Alors qu'il fallait autrefois physiquement couper ou scotcher la pellicule, le montage virtuel a libéré l'expérimentation du monteur sans perte de temps, et même permis de réaliser de virtuoses prouesses autrefois impensables avec le support physique.

Assez paradoxalement, cet affranchissement des contraintes imposées par le support peut avoir un impact négatif sur la création, puisqu'elle se nourrit, entre autres, des contraintes. Mais s'il n'y a plus de support, il reste toujours un format. La technique conserve malgré tout bon nombre de limites : le rapport d'image, le nombre d'images par seconde, la compression vidéo, la focale, l'éclairage, les contraintes de temps et/ou de budget, et bien d'autres, sont autant d'éléments qui continuent d'imposer leur férule aux artistes, et qui exigent des choix de leur part.

La dématérialisation poursuit son évolution, avec le streaming et le cloud, les œuvres ne sont même plus sur nos disques durs. Ces données éthérées, sans incarnation, bien qu'elles soient encore stockées sur des serveurs, perdent un peu plus de leur substance physique pour ne plus vivre que dans le "nuage". L'ironie du sort, c'est que les œuvres ont tellement été indissociables de leurs supports que les termes se sont confondus au-delà de leur utilisation : le "film" n'est plus stocké sur un film, à l'image de ce "papier" de MacGeneration d'ailleurs. De quoi rendre les générations à venir quelque peu perplexes sur cette drôle d'étymologie, même si la pellicule perforée de 35 mm restera longtemps encore le symbole graphique du cinéma.

Mais c'est avec ce retour à l'essentiel de la donnée que la captation elle-même devient plus cruciale. Le cinéma a gagné un peu plus de réalisme avec l'avancée de la technologie, avec le son mono, la couleur, le son stéréo, puis surround, le relief… la pellicule, qui s'est pliée sans broncher à la HD, ne sera plus là demain s'il est question d'augmenter encore la définition des écrans. Et c'est bien l'incomplétude des données qui limitera la restitution du réel à mesure que nos capacités à le rejouer plus finement augmenteront. Déjà Hollywood y travaille avec la performance capture, qui n'enregistre plus la façon dont la lumière se réfléchit sur le réel, mais les moindres mouvements des corps dans l'espace, et permet de repositionner une caméra virtuelle à tout endroit après captation. Seuls quelques films de genre s'y prêtent, au prix d'un harnachement pour les acteurs et d'un décor squelettique. Une poignée de films utilisent ce procédé pour l'heure, mais les libertés qu'il offre pourraient bien en faire la norme demain.

La disparition des supports matériels offre de nouvelles latitudes et permet d'explorer de nouveaux horizons, de réaliser des œuvres qui étaient autrefois techniquement infaisables, et ouvre plus largement l'accès à la création. Le talent, lui, reste toujours aussi inégalement partagé.

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