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Kindle

Toute l'actualité de la liseuse d'Amazon pour Mac

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Kindle lit (presque) en Retina aussi sur Mac

| 18/04/2014 | 08:58 |  

Les premiers Mac avec écran Retina fêteront leur second anniversaire dans quelques mois, mais certains logiciels n’étaient toujours pas adaptés à ces écrans plus fins qui nécessitent plus de pixels. Grâce à sa dernière mise à jour, Kindle [1.10.6 – Français – Gratuit - AMZN Mobile LLC] peut être retirée de cette liste.

Le logiciel de lecture d’Amazon pour OS X a été mis à jour pour la première fois depuis septembre 2012 et dans les notes de version, l’éditeur indique que les écrans Retina sont pris en charge. Pourtant, tout n’est pas (encore ?) Retina dans cette version : l’interface du logiciel abandonne dans l’ensemble tous ses pixels — il reste une icône ou deux qui n’a pas été mise à jour —, mais le problème vient du texte. Kindle n’existe que pour afficher des livres numériques sur un écran et le texte n’est pas du tout optimisé pour le Retina, comme on le voit sur ce gros plan (notez la différence entre le mot "Bibliothèque" dans le menu et le texte du livre).

À l’usage, ce n’est pas aussi gênant qu’on pourrait le croire. Après tout, on ne tient pas l’écran d’un Mac aussi près de ses yeux que celui d’une tablette, et à une distance de lecture confortable, le texte est suffisamment net visuellement. Reste que l’on se demande pourquoi Amazon a pris autant de temps pour sortir cette mise à jour… on imagine que la version OS X de Kindle n’est pas leur priorité numéro un.

Kindle pour Mac prend en charge les gestes

| 10/09/2012 | 13:19 |  

Amazon a mis à jour son application Kindle pour Mac, qui prend désormais en charge les gestes tactiles sur Lion et Mountain Lion (déplacement, feuilletage…) [1.10.3 - 38,8 Mo - Gratuit]. Cette nouvelle version est compatible avec le format de livres Kindle 8 et gère mieux les grosses bibliothèques et les livres contenant beaucoup de notes et de surlignements. Enfin, elle prend en charge le japonais.

Chrome : une extension pour le Kindle

| 15/08/2012 | 11:47 |  

Amazon propose au téléchargement une extension pour Chrome. Baptisée "Send to Kindle for Google Chrome", elle permet d'envoyer en un seul clic un article, ou un bout de texte directement vers sa liseuse.

L'extension comporte une fonction de prévisualisation afin de vous donner une idée du rendu de la page sur le Kindle. Notez qu'il est aussi bien possible d'envoyer un article vers la liseuse d'Amazon que vers l'application Kindle pour iOS, par exemple.

Ce service est gratuit si vous l'utilisez en Wi-Fi et payant en 3G (si vous l'utilisez avec une liseuse Amazon).

En proposant une extension de la sorte, le géant du commerce en ligne reprend en quelque sorte le principe d'Instapaper, qui permet d'envoyer chaque jour sur un Kindle tous les articles que vous aviez repéré pendant la journée.

Amazon a d'ores et déjà fait savoir qu'elle proposerait prochainement une version pour Safari et Firefox de son extension.

Les nouveaux modes de production des œuvres

| 22/05/2012 | 15:02 |  

En introduisant la "désintermédiation" à tous les étages, Internet a plus que chamboulé la manière dont nous consommons les biens culturels. Les "œuvres de l'esprit" ne sont désormais plus distribuées ni consommées comme auparavant, et la dématérialisation a été jusqu'à modifier la façon même dont les œuvres sont créées (lire : Quand les supports influaient sur les œuvres). C'est désormais un autre pan de l'industrie culturelle qui évolue, avec la production elle-même qui tombe entre les mains du public.

Chefs-d'œuvre en péril

Le métier de producteur a très mauvaise presse depuis quelques années maintenant. À en croire les propos que l'on peut trouver sur la toile, de plus ou moins bonne foi, on pourrait brosser un portrait assez caricatural du producteur, qui serait un vampire des temps modernes, dont la seule fonction tiendrait à ponctionner de l'argent sur les ventes des œuvres (les producteurs mythiques, de Quincy Jones à Phil Spector, apprécieront).

Avec les moyens modernes, la création s'est amplement démocratisée, permettant à quiconque, avec un peu de talent, de créer depuis son domicile le prochain tube à la mode. Mieux encore, il est désormais possible de l'éditer soi-même, en distribuant son œuvre sur Internet, et ainsi de se débarrasser totalement de l'intermédiaire encombrant qu'est la maison de disque. Argument massue s'il en est, l'album In Rainbows de Radiohead sorti en 2007, autoproduit par le groupe et distribué exclusivement en ligne, à un prix de vente décidé au bon vouloir de chaque acquéreur. Voilà donc l'avenir et le salut de la musique tous trouvés.

Ce serait cependant omettre qu'In Rainbows est le septième album studio du groupe, et qu'avant celui-ci, Radiohead a eu six autres disques qui ont été produits de manière classique (et dont les revenus ont permis de financer celui-ci). Le travail des maisons de disque (production et promotion) a bel et bien permis à Radiohead d'obtenir la notoriété qui a rendu cette aventure viable. Nombre d'albums "amateurs" naissent dans des conditions similaires sans connaître pour autant la même destinée. Et si Internet a permis de découvrir quelques talents qui auraient autrefois pu rester ignorés, leur capacité à vivre de leur travail n'a toujours dépendu que de leur intégration dans le circuit classique de production par la suite.

À compte d'auteur

Si la création artistique a toujours été accessible à tous, la consommation de masse a longtemps induit une sélection par les producteurs et éditeurs, seuls à même d'investir les frais nécessaires à la reproduction, la distribution et la promotion des œuvres. Même dans le cas du livre, dont la création n'exige pas plus que du temps, du papier et de l'encre, leurs auteurs n'étaient pas en mesure d'assurer leur entière autonomie jusqu'au lecteur final. Seule alternative, la production à compte d'auteur : l'écrivain en herbe finance de sa poche la fabrication d'un nombre limité d'exemplaires en espérant rentrer dans ses frais en vendant lui-même son opus autour de lui. Nombre de sociétés ont d'ailleurs tiré parti de la vanité d'aspirants écrivains, qui aura fini par se retourner contre eux. Il ne suffit pas hélas toujours de croire en son talent pour qu'il soit reconnu par le public, et beaucoup d'exemplaires produits à compte d'auteur sont restés invendus.

La dématérialisation allait régler ce problème, puisque la reproduction et la distribution d'un livre ne coûtent désormais plus rien. Et de fait, on trouve de plus en plus d'œuvres mises en vente sur la toile par leurs propres auteurs, parfois même sur des plateformes commerciales de premier plan (Kindle Store et iBookStore en tête), grâce aux services des sociétés d'autopublication. Celles-ci servent d'interface entre l'auteur et tout ce qui donnera à son œuvre le statut officiel de livre (numéro ISBN, distribution en ligne, etc.). La plupart intègrent également un service d'impression à la commande, évitant les investissements en pure perte. Moralité, le nombre de livres produits a littéralement explosé : rien qu'en 2008, la société d'auto-édition Lulu publiait à elle seule 4000 nouveaux titres en moyenne par semaine. De quoi faire blêmir les critiques qui se lamentaient déjà de l'invraisemblable quantité de livres proposés à chaque rentrée littéraire…

Dans une telle marée, il devient d'autant plus difficile d'y trouver son compte : sans sélection, la qualité moyenne est en chute libre. Même sur les œuvres dignes d'intérêt, l'absence de tout travail d'édition (tant du point de vue artistique que commercial, sans oublier la mise en page ou la correction…) peut parfois se faire sentir lourdement. Et lorsqu'un éditeur pouvait autrefois peser de tout son poids pour promouvoir un livre dans lequel il croyait, la rencontre entre un auteur et ses lecteurs ne s'appuie plus que sur les heureux hasards et le bouche à oreille. C'est sans doute là où on mesure le mieux que le travail d'édition ne se limite pas à percevoir illégitimement une rente sur le talent d'autrui. Et les petits éditeurs sont les premières victimes de ce nouveau mode de production, augmentant un peu plus le gouffre qualitatif entre les grandes maisons d'édition et l'autopublication.

Les mêmes causes produisant les mêmes effets, cette surproduction est un problème qu'on retrouve également dans l'App Store : dans les 645 669 applications disponibles à ce jour, seule une minorité parvient à rencontrer un véritable succès commercial, et il est plus que vraisemblable qu'un certain nombre d'applications laissées pour compte auraient mérité un meilleur destin commercial s'il y avait une sélection à l'entrée, ou du moins des moyens facilitant la découverte des perles rares. C'est un problème qui est destiné à devenir de plus en plus préoccupant, tant pour les utilisateurs que pour les développeurs, et Apple devra y répondre tôt ou tard, d'une manière ou d'une autre. La nature ayant horreur du vide, les éditeurs se constituent parfois des catalogues à coups de rachats, assurant toujours la promotion commerciale des applications en dehors de l'App Store. Pour tous les autres, et comme pour le livre autopublié, le salut vient du marché de niche, où nulle concurrence ne viendra faire de l'ombre.

Si l'auto-production n'est pas sans inconvénient, elle n'est également pas la solution universelle : elle n'est pas envisageable pour certaines œuvres collectives, ou encore celles nécessitant des moyens plus conséquents. Il faut déjà être fortuné pour s'offrir la location d'un studio pour quelques journées d'enregistrement et bénéficier d'un son professionnel, que dire alors de la production d'un long métrage ou même d'un jeu vidéo un tant soit peu ambitieux. Ce type de créations est sans doute celui où les moyens mis à disposition influent le plus sur le résultat final, et les cas d'auto-production relèveront de la très rare exception.

À tout le moins, ce modèle ne peut plus être considéré comme une alternative viable au système de production existant dans sa variété et sa richesse actuelle, même si (perte de rentabilité oblige), celles-ci vont s'amenuisant. Les producteurs sont d'autant plus frileux qu'ils sont les seuls à courir un risque financier, dont rien ne vient garantir la rentabilité. On assiste donc à une multiplication des reprises, adaptations, remakes, reboots, suites, et autres "préquelles", avec de moins en moins d'œuvres originales et de premières créations. Il faut dire que le goût du public pousse amplement dans cette direction, étant de moins en moins aventureux, et plus enclin à consommer par nostalgie une œuvre déjà connue, réinterprétée pour le besoin de la minime nouveauté.

Le Crowdfunding, un modèle intermédiaire

Pour ces œuvres qui exigent plus de moyens, Internet a permis l'avènement d'un autre modèle, le financement assuré par le public lui-même, ou crowdfunding. Des plateformes permettant à chaque internaute d'investir des sommes plus ou moins modestes dans la production d'une œuvre sont nées. Dans le domaine de la musique, MyMajorCompany a pu produire avec succès quelques artistes, ajoutant l'effet vertueux de sensibiliser et d'impliquer le public face à la problématique de la production des œuvres en ces temps de piratage décomplexé. D'autres plateformes comme IndieGoGo visent à produire des initiatives de toute nature (musique, œuvres caritatives, PME, film). De son côté, si Kickstarter a une vocation plus générique d'investissement dans tout projet commercial, il a vu avec succès une génération spontanée d'œuvres de l'esprit, particulièrement dans le domaine des jeux vidéos.

Divers studios indépendants se sont en effet tournés vers Kickstarter pour financer leurs projets, et certains ont connu un succès incroyable. Le plus emblématique est sans aucun doute le studio Double Fine Productions, détenant à ce jour le record du plus gros budget en crowdfunding. Il faut dire que le projet avait quelques avantages dans son berceau, et non des moindres : mené par Tim Schafer, créateur mythique de jeux d'aventure "point and click" chez LucasArts (Monkey Island I & II, Day of the Tentacle, Full Throttle, Grim Fandango…), le studio était déjà à l'origine de Psychonauts ou encore Brütal Legends. L'annonce d'un retour au genre point and click par ces vétérans de LucasArts a donc tout naturellement attiré l'attention des aficionados. Le projet Kickstarter avait pour but d'atteindre 400 000 dollars, mais grâce à la bonne couverture média de l'événement, le plafond a littéralement été explosé, en récoltant pas moins de 3 336 371 dollars en à peine plus d'un mois, répartis entre 87 142 investisseurs (et autant de noms à inclure au générique !). De quoi amplement garantir un portage du jeu sur Windows, OS X, Linux, iOS, et Android pour sa sortie prévue pour le deuxième trimestre 2013.

L'affaire a fait beaucoup parler d'elle, et d'autres projets ont pu être financés de la même manière : après avoir obtenu les droits du classique Leisure Suite Larry (lire Leisure Suit Larry revient sur Mac et iOS), Replay Games a fait financer son dépoussiérage par Kickstarter, obtenant 655 182 dollars (pour un objectif minimum de 500 000). Wasteland 2 (suite bien nommée de Wasteland, un jeu de rôle post-apocalyptique sorti en 1988), a quant à lui amplement dépassé son objectif de 900 000 dollars, pour obtenir 2 933 252 dollars de financement. La recette-miracle semblait donc toute trouvée, et c'est donc tout naturellement qu'une plateforme dédiée au crowdfunding de jeux indépendants est née, Gambitious. Il n'en reste pas moins que ces succès de crowdfunding ont tous en commun de ne pas être inconnus au bataillon : ils reprennent des licences bien connues, ou, à l'image de l'album autoproduit par Radiohead, sont à l'initiative de développeurs émérites et reconnus. De fait, Kickstarter indique que seul un quart des projets de jeux vidéo parviennent à atteindre leurs objectifs de financement (alors que 45 % de tous les projets Kickstarter y parviennent). De ce point de vue, le crowdfunding pour les jeux en général est loin du succès incarné par ces quelques exemples.

Kickstarter jusqu'au bout de l'absurde : un projet Kickstarter pour financer… la présentation d'un projet Kickstarter,vu par XKCD

De par sa nature même, le crowdfunding se cantonne aux idées qui seront populaires sur le papier, mais dont rien pour autant ne dit qu'elles rencontreront un succès commercial une fois mis sur le marché. À l'inverse, nombre de projets qui ont connu un plébiscite commercial n'auront pu vivre que parce qu'ils auront été repérés par un producteur visionnaire. Steve Jobs lui-même se disait convaincu de l'inutilité des études de marché : pour lui, le public ne pouvait imaginer ce dont il a envie ou besoin tant que vous ne le lui montrez pas. Il reste donc indiscutablement tout un pan d'œuvres diverses et variées qui ne peuvent exister que par la grâce d'un producteur, pour peu que cette espèce en danger continue de survivre.

Livre numérique : monopoles croisés

| 18/05/2012 | 19:34 |  

Quelle inextricable situation pour la justice américaine ! En lançant une procédure pour entente illicite à l'encontre d'Apple et de cinq éditeurs, le Département de la Justice met le doigt sur un véritable imbroglio : à y regarder de plus près, il semble que la justice va devoir choisir son camp entre deux positions dominantes opposées, sur deux niveaux différents du marché.

Entre Charybde…

Avant qu'Apple ne vienne mettre les pieds dans le nœud de vipère, c'est Amazon qui faisait la pluie et le beau temps du monde de l'édition. Ne serait-ce que sur la vente de livres "papier", qui constitue son cœur de métier initial, Amazon bénéficie d'une force de frappe face à laquelle nulle chaîne de libraires, aussi imposante soit-elle, ne peut s'opposer : lorsqu'au mieux les magasins "brick and mortar" distribuent des livres dans une poignée de pays, Amazon dispose de la planète entière comme marché potentiel.

À ce titre, Amazon dispose d'une place de choix pour négocier ses tarifs d'achat auprès des éditeurs : la société fait fonctionner la loi de l'offre et de la demande à plein régime, bénéficiant de conséquentes remises sur ses achats en gros, remises qui permettent à leur tour de proposer des tarifs avantageux aux consommateurs, réamorçant ainsi la pompe du cercle vertueux.

Les éditeurs se sont rapidement retrouvés dans une situation délicate, avec un partenaire encombrant qui dicte leur politique tarifaire, mais contre lequel aucun contre-pouvoir ne semble pouvoir faire face. En l'absence d'un autre interlocuteur de poids équivalent, les éditeurs se sont retrouvés pieds et poings liés, tout en s'attirant l'agacement de leurs autres partenaires qui ne peuvent bénéficier des mêmes conditions, à leur propre détriment.

Lorsqu'Amazon s'est lancée de tout son poids dans le livre numérique, les choses sont devenues plus épineuses encore. Le site internet a souhaité donner toutes ses chances à ce marché naissant, en proposant les tarifs les plus bas possible. La démarche était somme toute logique : avec des livres dématérialisés, plus de coût de fabrication ni de coûts de distribution à amortir, et les consommateurs dépendent d'un appareil intermédiaire pour les lire, nécessitant lui-même un investissement, il était donc tout naturel de proposer les livres numériques à un tarif moindre que leurs équivalents papier. C'est donc ce qu'Amazon a fait, allant jusqu'à vendre les livres numériques à perte au tarif de 9,99 $ pour inciter les consommateurs à passer au Kindle.

Mais en procédant de la sorte, Amazon n'a fait que rendre la situation des éditeurs plus inconfortable encore : si la société de Jeff Bezos était encore loin d'être la seule à vendre des livres physiques, le marché du livre numérique est en revanche beaucoup plus vierge. Mécaniquement, en proposant les livres numériques moins chers que les livres papier, cela induit un déséquilibre qui se fera en faveur d'Amazon, en la rendant plus incontournable encore.

On peut d'ailleurs se demander dans quelle mesure Amazon n'avait pas dans l'idée de pratiquer la politique de la terre brûlée : sachant qu'elle ne dégage pas de bénéfices sur la vente de livres numériques, que ses marges sur le Kindle doivent également être proches du néant eu égard à son prix de vente, et que par ailleurs elle poursuit clairement une logique de plateforme sur le Kindle Store en proposant ses livres numériques sur toutes les autres machines, l'objectif était manifestement d'obtenir la domination de ce marché au plus vite, quitte à trouver un modèle économique par la suite.

Cette approche rappelle furieusement celle des start-ups (notamment pour l’e-commerce) au tournant du millénaire, juste avant l'implosion de la bulle spéculative. Ce modèle demeure toujours jusqu'à nos jours, il suffit pour cela de voir le rachat d'Instagram pour un milliard de dollars par Facebook alors que la société n'avait pas la moindre source de revenus. Mais si Amazon elle-même a commencé sa carrière à fonds perdu, elle n'en a pas moins obtenu ses premiers bénéfices dès 2001.

L'affaire relève de l'anecdotique, mais illustre bien les bouleversements de ce marché : disposant du plus grand nombre de librairies au kilomètre carré sur le territoire américain, le quartier de Harvard Square à Cambridge dans le Massachusetts voit ses librairies fermer les unes après les autres depuis l'avènement du web, de Curious George à Globe Corner. Pour résister, la librairie Harvard Book Store ne propose rien de moins que le prêt-à-imprimer : l'illustre maison, qui fête son quatre-vingtième anniversaire cette année, a investi dans une presse qui fabrique en quatre minutes l'un des cinq millions de titres disponibles sous forme numérique. Elle va même jusqu'à les livrer dans la communauté d'agglomération le jour même par vélo-porteur.

Étant donné ses pratiques, Amazon tire tout le parti possible de sa position conséquente dans le monde de l'édition. À tel point que certaines voix s'élèvent face à l'initiative du DoJ, l'accusant de s'attaquer à une position dominante de façade pour favoriser une position dominante de fait.

Dans ce contexte, nulle surprise donc à ce que les éditeurs aient accueilli Apple comme le Messie.

…et Scylla

Si Apple s'était conformée au modèle de l'achat en gros, ses volumes ne lui auraient pas permis de s'ajuster sur les tarifs d'Amazon, d'autant moins que le Kindle Store était d'ores et déjà disponible sur iOS alors que l'iBookStore a vocation à lui rester exclusif. La seule manière pour Apple d'être compétitive sur les tarifs de vente, c'était bien de casser tout le modèle.

Elle a donc non seulement proposé le modèle d'agence aux éditeurs, mais également exigé d'obtenir un tarif au moins équivalent à ce qui est proposé à ses concurrents. Ce qui a eu pour effet de passer tout le marché au modèle d'agence, malgré une résistance acharnée d'Amazon, qui a fini par céder sous la pression des éditeurs.

En somme, au lieu que ce soit aux revendeurs de fixer leurs tarifs de vente et d'ajuster leurs marges comme bon leur semble, ils bénéficient d'un prix d'achat et d'une marge fixe, permettant ainsi aux éditeurs de fixer eux-mêmes le prix de vente final des livres numériques. S'en est suivi une majoration du prix de vente de tous les livres numériques, allant même jusqu'à coûter plus cher que leur équivalent papier…

Et c'est là où la justice s'en mêle : de toute évidence, si la concurrence d'Apple face à Amazon a permis aux éditeurs de reprendre l'avantage, ça n'aura pas été au bénéfice des lecteurs qui voient le prix des livres augmenter. La concurrence étant vouée à proposer mieux pour moins cher, le dispositif anti-trust s'est mis en branle, accusant Apple et les éditeurs d'entente illicite sur les prix, ce dont Apple se défend farouchement.

La firme à la pomme présente la légitimité de son modèle en soulignant que c'est déjà celui mis en place pour les applications sur l'App Store. Elle omet toutefois d'indiquer qu'il en est tout autrement pour l'iTunes Store, où Apple est à la musique ce qu'Amazon a été au livre, en fixant elle-même les prix et en étant à son tour un partenaire de premier plan très encombrant pour l'édition phonographique.

Les maisons de disque ont en effet dû se lancer dans un éprouvant bras de fer avec iTunes pour enfin obtenir de proposer différentes options tarifaires en lieu et place des 99 centimes appliqués auparavant à l'intégralité du catalogue. À cet égard, Apple aura fini par se montrer plus souple qu'Amazon, mais elle n'en est pas moins une partenaire aussi gênante qu'indispensable : passée premier disquaire au monde, toutes catégories confondues, les maisons de disque ne peuvent plus depuis longtemps se permettre le luxe de se passer d'Apple, ce qui lui donne un puissant levier pour infléchir toutes les négociations à son avantage. Seul élément qui rachète quelque peu sa position : Apple ne gagne directement que quelques miettes avec iTunes, son propos étant d'offrir un écosystème à ses appareils pour leur donner d'autant plus d'intérêt pour les consommateurs.

La libre concurrence est en tout état de cause un problème épineux en matière d'œuvres de l'esprit. Hormis les œuvres du domaine public, elles sont exclusives aux éditeurs qui en disposent dans leurs catalogues, et ne connaissent, par nature et de par leur caractère unique, aucun équivalent comparable ailleurs. Difficile en l'état de faire jouer la concurrence sur ce qui n'en a pas, en dehors de la seule compétition pour des budgets culturels limités. Mais si l'Europe se penche également sur le cas de l'iBookStore, ce débat ne concerne pas la France, qui l'a tranché en 1981 avec la loi Lang sur le livre : de par la loi, ce sont les éditeurs qui fixent le prix des livres dans l'Hexagone, les revendeurs n'ayant comme unique marge de manœuvre qu'une réduction de 5% à titre de promotion exceptionnelle. À ce titre, le modèle d'agence de l'iBookStore est en droite ligne avec la législation française.

Amazon : le Kindle Fire à l'épreuve du feu

| 14/11/2011 | 12:32 |  

Les premiers tests de la nouvelle tablette d'Amazon ont été publiés pendant la nuit aux États-Unis. Sans trop de surprises, le Kindle Fire ne laisse personne indifférent : Amazon a frappé un grand coup en proposant sa tablette à 200 $ seulement. Pour atteindre ce prix record, il a bien fallu faire quelques concessions : le pari d'Amazon est-il payant ? Début de réponse dans ces premières critiques d'outre-Atlantique.

Mises à jour : Kindle et 1Password

| 29/10/2011 | 09:06 |  

Kindle [1.8.1 – Français – Gratuit – 33,8 Mo – AMZN Mobile LLC], application officielle d'Amazon, se met enfin à jour avec les technologies d'OS X Lion. Son mode plein écran est maintenant intégré, ce qui simplifiera son utilisation en mode lecture. Autres grosses nouveautés de cette version : le support des collections librement modifiables par l'utilisateur d'une part, le support des fichiers PDF d'autre part. Kindle Mac intègre aussi Shelfari, une encyclopédie communautaire autour du livre créée par Amazon.

Kindle Mac

1Password [3.9.1 – Français – 39,99 € – OS X 10.7 – Agile Web Solutions] gère désormais plus de navigateurs, tout en restant sur son trio de base (Safari, Chrome et Firefox). Cette nouvelle version est compatible avec les versions de développement ou libre de ces navigateurs : respectivement Webkit, Chrome Canary ou Chromium. Cette nouvelle version améliore également ses performances notamment lors de la mise à jour ou suppression de plusieurs éléments et elle corrige beaucoup de bugs et modifie de nombreux éléments mineurs.

1Password Mac

La biographie de Steve Jobs en vente sur le Kindle store

| 27/10/2011 | 11:20 |  

Steve Jobs, la biographie autorisée de Walter Isaacson, est désormais disponible dans le Kindle Store. Vendue au même prix que sur l'iBookstore, soit 18,99 €, cette version pourra être lue sur les Kindle ou sur les terminaux iOS (Gratuit) ou même sur Mac (Gratuit).

kindle steve jobs

JC Lattès a revu le prix de la version française de la biographie sur l'iBookstore suisse. À sa sortie, Steve Jobs valait CHF 33, deux fois plus que la traduction italienne par exemple. L'éditeur a un peu baissé son prix et vend maintenant le livre CHF 25. C'est mieux, mais c'est encore la traduction la plus chère du lot… C'est aussi le cas en France d'ailleurs : le livre en Français est vendu 18,99 €, contre 15,99 € pour l'original.

Amazon présente sa tablette Kindle Fire et un Kindle à 79 $

| 28/09/2011 | 16:56 |  

Comme prévu par la rumeur, Amazon a aujourd'hui présenté sa première tablette, la Kindle Fire. Elle ne concurrence pas directement l'iPad, mais est plutôt conçue pour rivaliser avec le Nook Touch de Barnes & Nobles : dotée d'un écran 7", elle est proposée à 199 $. La firme de Jeff Bezos a aussi présenté un nouveau Kindle, dont le prix est extrêmement agressif.

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La Kindle Fire est d'abord et avant tout une tablette Kindle, plus qu'une tablette multimédia : elle n'a pas de capteur photo, pas de microphone, pas même de puce 3G (mais une puce WiFi quand même). Ces sacrifices permettent de définir cette tablette en même temps qu'ils tirent son prix vers le bas. Amazon ne le dit pas, mais sa tablette dispose de 8 Go de stockage interne et d'une autonomie de 8h. Il s'agit non pas tant de rivaliser avec l'iPad que de répondre aux liseuses survitaminées comme le Nook Touch de Barnes & Noble.

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Le PDG d'Amazon croit que le succès de sa tablette viendra de la force de son écosystème de contenus : Amazon est sur ce plan le seul rival d'Apple (lire : Amazon, le meilleur ennemi d'Apple), les deux sociétés étant à des années-lumières de HP, RIM et même Google. Amazon a posé patiemment ses pions ces dernières années : livres évidemment (Kindle), mais aussi musique (Amazon MP3), films, séries TV (Amazon Prime), applications (AppStore), et maintenant magazines. Ces contenus sont le meilleur argument de la Kindle Fire, qui est d'ailleurs vendue avec un essai de 30 jours à Amazon Prime, le service premium d'Amazon qui comporte un système de VOD (11 000 films et séries TV).

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Amazon reprend ainsi un petit format, proche du livre, le 7" (le Kindle possède un écran d'une diagonale de 6") : la Kindle Fire ne pesant que 413 grammes, on peut aisément la tenir à une main. Dotée d'un processeur double-cœur, elle a accès à tous les services d'Amazon, et servira aussi bien de liseuse que de visionneuse de films ou de support de jeux.

Amazon utilise une technologie baptisée Silk pour optimiser le contenu des pages Web servies à la Kindle Fire et accélérer le rendu et l'affichage : les pages sont stockées en cache sur des serveurs EC2, optimisées, et poussées vers les tablettes à la demande. Le JavaScript s'exécute toujours en local, et le navigateur supporte Flash (sans qu'Amazon s'en vante d'ailleurs). Le chargement est donc accéléré. Au passage, Amazon s'ouvre la possibilité de lancer des enquêtes comportementales sur la masse des données de navigation des clients Kindle Fire.

La Kindle Fire utilise les bases d'Android, qui est ici complètement masqué sous une interface Amazon : Google n'est pas ici un allié, mais un concurrent. L'interface rappelle une étagère, et mélange les divers types de contenus — applications y comprises. Les éléments les plus fréquemment utilisés s'affichent sur la première page, les éléments les plus gros de cette première page étant ceux qui ont été récemment utilisés. Aucun aspect du logiciel ne rappelle les racines de l'OS utilisé par Amazon.

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Du livre…

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…aux jeux.

Concurrente de l'iPad, cette Kindle Fire ? Pas sûr. Mais l'iPod touch, lui, pourrait en souffrir : les appareils ne sont pas directement concurrents, mais le prix du PMP d'Apple pourra maintenant apparaître comme trop élevé. Ce concept d'appareil intermédiaire, iPhone sans forfait, iPad portable, va peut-être devoir être redéfini, par le prix ou par les fonctions. La Kindle Fire sera disponible le 15 novembre, et peut d'ores et déjà être précommandée.

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Au-delà de cette tablette, Amazon a revu sa gamme de liseuses à écran eInk. Le Kindle touch est le premier Kindle tactile, un terrain sur lequel Jeff Bezos n'avait jamais souhaité s'aventurer à cause d'obstacles techniques (ajout de reflets, perte de lisibilité). Sans clavier, il ressemble aux liseuses concurrentes de chez Barnes & Noble, Kobo ou Sony, et possède un fonctionnement identique : on tape au milieu de l'écran pour aller au menu, à gauche et à droite pour tourner les pages.

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Ces zones peuvent être personnalisées (système EasyReach) pour faciliter la manipulation à une main : on peut ainsi minimiser la zone servant à revenir une page en arrière, rejeter la zone pour appeler le menu en haut de l'écran, et laisser un maximum de place à la zone pour avancer la lecture. L'interface de lecture et de navigation est très semblable à celle de l'application Kindle pour iOS. Utilisant la dernière technologie eInk et un écran tactile à infrarouges, le Kindle touch est proposé à 99 $ en WiFi, 149 $ en modèle 3G (connexion offerte à vie).

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Pour répondre aux liseuses les moins chères, Amazon a présenté un Kindle à 79 $, qui n'est pas tactile, et ne possède plus le quasi-inutile clavier de ses prédécesseurs. Ce modèle, disponible dès aujourd'hui et 30 % plus léger que le modèle précédent (170 g), se contente d'un nombre minimal de boutons. Tous ces nouveaux modèles affichent des publicités sur leur écran de veille, un mécanisme inauguré un peu plus tôt dans l'année et qui n'interrompt jamais la lecture (lire : 25 $ de réduction sur le Kindle 3 contre de la pub). Sans publicité, le Kindle passe à 109 $, le Kindle touch à 139 $ et le Kindle touch 3G à 189 $.

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Seul le Kindle bas de gamme peut-être commandé depuis la France, les autres modèles restant pour le moment U.S. only.

[Images TiMN]

Amazon présente sa tablette aujourd'hui

| 28/09/2011 | 08:01 |  

La tablette d’Amazon sera présentée aujourd’hui. Beaucoup pensent que la société de Jeff Bezos est l’une des rares à pouvoir se faire une place au soleil face à l’iPad. En attendant, voici les dernières informations concernant cette tablette qui devrait coûter 250 $ environ.


- Facebook pour iPad au menu du special event d'Apple ? - Il serait temps !
- B&You : l’effet Sosh - Inclus désormais l’option modem
- Loewe présente deux stations compatibles iPhone et une enceinte AirPlay - Joli mais cher
- Omnia W : Samsung présente son premier Windows Phone sous Mango - Sortie en novembre
- Flammarion débarque sur l'iBookstore - L’arrivée du Kindle en France fait bouger les choses
- iPhone 5 : les fuites en provenance de Foxconn ? - 2300 € le prototype ?
- Rumeur d'arrêt des iPod shuffle et classic - Réponse la semaine prochaine

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