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iPad : la crise de croissance

| 19/05/2014 | 18:00 |  

L'iPad est « le plus grand de tous les marchés », avait déclaré Tim Cook en février 2013, durant une conférence Goldman Sachs sur la technologie et l'internet. Une expression qui sonne étrangement aux oreilles (« the mother of all markets », en VO), mais qui montre à quel point l'iPad est devenu très rapidement stratégique pour Apple. Trop ?

Les chiffres donnent raison au CEO d'Apple. Depuis son lancement en 2010, l'iPad connait une croissance phénoménale que l'on peut corréler avec la baisse des ventes de PC. En cumulant les Mac à l'iPad, Apple est le premier constructeur informatique au monde, loin devant des concurrents aussi bien armés que HP ou Lenovo.

Comparaison entre les ventes d'iPad depuis son lancement et celles des PC (chiffres Gartner).
Comparaison entre les ventes d'iPad depuis son lancement et celles des PC (chiffres Gartner).

L'iPad est le second poste de revenus pour Apple. Les ventes de la tablette ont représenté 17% du chiffre d'affaires du constructeur au premier trimestre, un poids lourd donc, parfaitement illustré dans le graphique ci-dessous.

L'iPad, né comme une réponse aux netbooks à bas prix, cannibalise non seulement les PC traditionnels, mais elle mord aussi les mollets des Mac (même si sur ce plan, Apple fait mieux que se défendre).

Un marché déjà saturé ?

Mais la période des vaches grasses est-elle déjà derrière Apple ? Au premier trimestre de l'année, le constructeur de Cupertino a écoulé 16,3 millions d'iPad, soit 16% de moins que durant la même période de 2013. Pour expliquer cette déconvenue, Tim Cook a évoqué une gestion des stocks spécifique pour ce trimestre, mais la tendance de fond est nette. Alors que le marché de la tablette a connu une croissance de 79% en 2013, celle de l'iPad s'est contentée d'un petit 13%. Et la part de marché de l'ardoise d'Apple décroit : -16%, toujours au premier trimestre, d'après IDC pour qui la Pomme, avec une part de 32,5%, conserve néanmoins une avance de dix points sur son dauphin Samsung.

Lors du lancement de l'iPad, en 2010
Lors du lancement de l'iPad, en 2010

On gardera à l'esprit que les chiffres des sociétés d'analyses se basent sur des données fournies par les constructeurs qui ne concernent que les livraisons, ce qui ne se traduit pas nécessairement par des ventes — au contraire d'Apple qui livre des chiffres de vente mêlant à la fois ce qui dans la poche du client et ce qui est encore sur les étagères. Le fait de disposer d'un important réseau de boutiques en ligne et sur de gros marchés lui donne une position particulière, comparé à ses concurrents, lorsqu'il s'agit de comptabiliser des ventes les jours de lancements (lire Les nuances des chiffres de ventes d'Apple).

Au-delà de ces considérations conjoncturelles, le marché de la tablette dans son ensemble donne le sentiment de ralentir. Certes, IDC prévoit une croissance de 19,4% en 2014, mais elle était de 51,6% l'an dernier. Le secteur est-il déjà saturé, laissant la place à un marché du renouvellement moins porteur de croissance (lire : IDC : le marché des tablettes commence à se tasser) ?

Mais n'est-il pas frappant de constater que le marché de la tablette est déjà en phase d’atterrissage, alors qu'il n’a vraiment pris son envol qu’avec l'iPad il y a quatre ans ? Il a pourtant fallu plusieurs décennies pour voir le segment du PC se stabiliser, de nombreuses années pour que le marché du baladeur parvienne à son plus haut avant de franchement décrocher, quelques-unes de moins dans le domaine du smartphone qui semble receler quelques importantes réserves de croissance.

Crédit PhoneArena

Une des explications que l'on peut avancer pour tenter d'expliquer la relative maturité du marché de l'iPad est que la concurrence n'a pas tardé à jouer son rôle. Y compris d'ailleurs au sein même d'Apple : les MacBook Air, dont le premier prix est depuis peu de 899 €, sont redoutablement intéressants pour le consommateur qui recherche le compromis idéal entre polyvalence, puissance, autonomie et mobilité. Mais sur le marché même de la tablette, les concurrents ont pris le pli — tout particulièrement les phablettes, ces smartphones au format étrange mais qui ont su se faire une place très rapidement sur le marché, notamment en Asie.

Si Apple semble s'être résignée à abandonner l'idée d'un iPhone pilotable à une main, c'est aussi en raison du succès du Galaxy Note et consorts. L'iPhone 6 de 5,5 pouces — tel qu'annoncé par la rumeur — pourrait faire plus de mal à l'iPad que prévu.

image : Samsung Galaxy
Crédit Samsung Tomorrow

L'autre problème structurel des tablettes, c'est qu'on conserve plus volontiers un iPad pendant plusieurs années, un peu à l'image d'un Mac… et au contraire de l'iPhone que l'on peut remplacer tous les deux ans avec le jeu des subventions opérateur. C'est d'autant plus vrai que les caractéristiques de la tablette, depuis disons l'iPad 3, permettent d'utiliser les applications les plus gourmandes pendant un moment. La puissance brute développée par les processeurs d'Apple, comme l'A7 qui propulse les iPad Air et mini Retina, n'a pas encore été prise en défaut (lire : L'Apple A7, un processeur ambitieux). Le design, le poids, et surtout le stockage sont finalement de nature à pousser au renouvellement pour la plupart des utilisateurs d'iPad.

C'est que l'iPad est très rapidement monté en gamme. Certes, la première génération lancée en 2010 apparait bien cacochyme aujourd'hui, mais dès l'iPad 2, Apple a offert un produit polyvalent, puissant, et qui est en mesure encore aujourd'hui de faire fonctionner sans heurts la grande majorité des applications. C'est aussi ce qui explique la longévité anormalement élevée de ce modèle, qui était encore au catalogue d'Apple en début d'année en tant qu'ardoise d'entrée de gamme — elle a été remplacée en février par un iPad 4 toujours très capable.

Une catégorie mal ciblée

En très peu de temps, Apple a bâti une gamme très homogène de tablettes. Il y en a non seulement pour tous les goûts, mais aussi pour tous les prix, de 299 euros pour l'iPad mini à écran standard de 7,9" (16 Go), à 885 euros pour l'iPad Air Wi-Fi + Cellular de 9,7" (128 Go). Et la rumeur évoque un modèle de 12,9" pour 2015…

Cette stratégie visant à diversifier rapidement la famille de tablettes a eu le don de couper l'herbe sous le pied de la concurrence. Apple a su répondre à la demande en pratiquant une forme de pragmatisme dont l'iPhone n'a pas bénéficié. Le smartphone n'a longtemps eu qu'un seul modèle par an, jusqu'à l'apparition de l'iPhone 5c l'an dernier. Le résultat, sur le marché du smartphone, ne s'est pas fait attendre : Samsung et Android ont pris le large loin devant.

Pour l'iPad, la situation est bien différente. En conservant les spécificités et le caractère premium de ses tablettes, Apple détient toujours une majorité des parts de marché. Et comme à l'époque de l'iPod devenu un terme générique qui englobait tous les baladeurs, on parle de plus en plus d'iPad quand on évoque une tablette, quelle que soit la marque.

Il ne faudra cependant pas s'endormir sur ses lauriers. La concurrence, notamment chinoise, s'active. Mi (ex-Xiaomi) vient de lancer avec la Mi Pad une tablette inspirée par l'iPad mini et l'iPhone 5c, aux performances impressionnantes sur le papier, le tout à un tarif budget (lire : Mi Pad : mi-iPad mini, mi-iPhone 5c). Mais cette tablette est loin d'être disponible en Europe et aux États-Unis. Cela laisse un peu de temps à Apple pour réagir.

Car le mal est peut-être plus profond, et il a été théorisé par nul autre que Steve Jobs durant le keynote de présentation de l'iPad en 2010. Le CEO avait alors déclaré que l'iPad devait trouver sa place entre l'iPhone et le Mac. Et la tablette ne l'a pas totalement trouvée.

Lancé il y maintenant 4 ans, l'iPad a perdu de sa nouveauté, les utilisateurs ayant testé la tablette en long, en large et en travers pendant plusieurs mois, voire années. Ils ont pu, comme beaucoup d'entre nous, toucher du doigt les limites d'un appareil qui a le silicone entre deux chaises, coincé entre l'iPhone et le Mac. La tablette emprunte un peu des deux : la mobilité, la facilité d'usage, le tactile au smartphone ; de l'ordinateur, elle retire le confort d'utilisation, la puissance, la polyvalence.

Mais rien de tout cela ne semble suffisamment abouti. Si taper du texte (pas un courriel de trois lignes, mais un article pour un site web par exemple) est plus simple sur un iPad que sur un iPhone, rien n'égale le Mac. Si, en situation de mobilité, trier ses courriels est plus facile sur un iPad que sur un Mac, c'est encore plus efficace sur un iPhone. Dans le domaine de la productivité, et exception faite peut-être du dessin (mais il faut y ajouter un stylet), l'iPad ne se montre pas aussi bien outillé que les deux autres catégories reine d'Apple.

Pourtant, Apple ne se prive pas d'en appeler à la créativité des usages, comme on peut le voir actuellement dans la campagne « Votre rime ». Mais le seul domaine où l'iPad se montre vraiment performant, la catégorie d'utilisation dans laquelle la tablette est réellement plus adaptée qu'un iPhone ou qu'un Mac, c'est la consultation de contenus. Lire un magazine, consulter internet, apprécier une série TV… Tout cela est effectivement plus agréable sur l'iPad. Mais c'est le cas aussi sur n'importe quelle Galaxy Tab.

Si l'iPad se différencie du reste de la meute des ardoises Android, c'est grâce à la richesse des applications des développeurs tiers. On ne compte plus les logiciels innovants qui, de Paper à GarageBand, en passant par les innombrables applications de cuisine et bien évidemment, les jeux, permettent à la tablette d'Apple de caracoler en tête des ventes. Avec la campagne « Votre rime », Cupertino vend d'abord et avant tout un écosystème logiciel, le produit matériel passant au second plan.

Mais en dehors de cet écosystème qui finira un jour ou l'autre par s'exporter sur Android (via le moteur Cider, par exemple), beaucoup peuvent juger que l'iPad ne fait rien de plus qu'un iPod touch à grand écran — pire, il ne ferait rien différement. On en revient au final à un problème que seule Apple peut résoudre : celui du système d'exploitation.

Un autre iOS est possible

S'il n'y a pas grand chose à reprocher au matériel, c'est le logiciel qui dans le cas qui nous occupe ici, pose problème. La stagnation relative des ventes d'iPad n'est pas encore une crise de croissance, mais elle pourrait bien le devenir si Apple se contente comme actuellement d'adapter mollement sur 10" un système d'exploitation destinée à la base aux écrans de 4".

Si les précédentes versions d'iOS avaient pu donner le change, depuis le lancement d'iOS 7 on voit les coutures déborder sur iPad. Les espaces vides sont légion, l'absence d'optimisation est patente dans certains domaines, bref, à bien des égards iOS 7 sur iPad n'est qu'iOS 7 sur iPhone, étiré dans tous les sens pour faire illusion (lire : 8 souhaits pour iOS 8). Or, on n'utilise pas un iPad comme un smartphone.

Au contraire de Jean-Louis Gassée dont une récente chronique revenait sur la « passade » iPad, on ne demande pas de transformer l'iPad en Mac d'appoint. Le Modbook, cette tablette conçue à partir d'un MacBook fonctionnant sous OS X, est éminemment sympathique, mais si elle prouve quelque chose, c'est qu'OS X est définitivement un OS de bureau. Et les tablettes sous Windows 8 n'ont pas fait la preuve qu'il était possible d'effacer les frontières entre ardoises et PC avec un système d'exploitation commun — donc pas vraiment adapté ni à l'une ni à l'autre des situations.

En revanche, ce qu'Apple peut — et doit, si on peut se permettre — faire, c'est de véritablement adapter iOS à l'iPad. Cela passe par des fonctions exclusives pour la tablette comme des sessions multi-utilisateurs ou encore la possibilité d'utiliser deux applications en même temps. Ça tombe bien, ce dernier point serait en cours de développement sur iOS 8 (lire : iOS 8 : le multi-fenêtrage pour l'iPad ?).

C'est d'autant plus vrai si d'aventure, Apple devait lancer un iPad Pro dont l'ambition serait de mordre sur les MacBook Air. On voit mal une tablette de 13" se contenter d'afficher Flappy Bird ou Facebook en grand format : une telle tablette se doit d'être aussi (et surtout) productive. Comme on l'a vu, Apple n'aurait pas à concevoir une sorte d'OS X « light » ; il n'est pas utile de singer des fonctions comme un gestionnaire de fichiers, un Finder ou une barre de menus — l'iPad doit rester l'iPad et sa nature ne saurait changer. En revanche, il devient de plus en plus patent qu'iOS est sous-dimensionné. À force de la jouer petit bras, le système d'exploitation n'offre qu'une expérience minimale alors que la tablette est capable de tellement plus.

Ce qui n'était qu'un sentiment un peu diffus commence à se concrétiser dans les chiffres. Il est temps pour Apple de transformer l'essai.

Image d'ouverture : Robert Scoble/Flickr

Apple, solide premier constructeur mondial de PC

| 09/05/2014 | 09:30 |  

Au premier trimestre 2014, Apple est resté le premier constructeur de PC au monde, d'après Canalys. La société d'analyses prend en compte les ventes non seulement d'ordinateurs de bureau et portables, mais aussi les tablettes. À ce petit jeu, le constructeur de Cupertino est loin devant la concurrence avec 20,4 millions d'unités (4,1 millions de Mac et 16,3 millions d'iPad).

L'iPad a connu une croissance vigoureuse en Moyen-Orient (+100%), en Chine (+74%) et en Europe centrale et de l'est (+47%). Toutes les zones géographiques connaissent en fait une hausse des ventes de la tablette, exception faite des États-Unis et du Canada : -40%, ce qui explique sans doute le limogeage du directeur des ventes de cette région.

L'iPad compte pour 80% du volume d'ordinateurs vendus par Apple au premier trimestre, mais les ventes de tablettes ont chuté de 16% d'une année sur l'autre, provoquant une baisse de sa part de marché de 20% à 17%. Cela n'empêche pas Apple de continuer à dominer le marché mondial, loin devant Lenovo avec 15 millions d'unités livrées; le constructeur chinois gagne 2 points à 12% de part de marché.

HP prend la troisième place à Samsung, avec 12,9 millions d'unités livrées, soit 11% du marché. Les ordinateurs portables ont été particulièrement performants, avec une hausse de 7% des livraisons d'une année sur l'autre. En revanche, le constructeur américain souffre toujours d'une activité tablettes très faible, aux alentours de 400 000 unités livrées. Samsung sort du podium en occupant la quatrième place, à cause notamment de sa sortie de la catégorie des ordinateurs portables à bas coût.

Globalement, les livraisons de PC et de tablettes ont augmenté de 5% entre le premier trimestre 2014 et le premier trimestre 2013, soit 123,7 millions d'unités livrées. Les ardoises ont compté pour 41% du marché (50,8 millions), contre 38% pour les ordinateurs portables. L'arrêt du support de Windows XP a permis à la catégorie ordinateurs de maintenir des livraisons stables d'une année sur l'autre.

iPad à l'école : les défis d'un retour d'expérience

| 01/05/2014 | 16:55 |  

Mettre un iPad entre les mains d'élèves, c'est une idée qui fait son chemin. Il ne suffit évidemment pas de leur offrir une tablette : c'est tout le système éducatif qui doit accompagner l'utilisation de ce nouvel outil, afin que tous, élèves comme enseignants, puissent en tirer le plus grand profit.

Le deuxième sommet sur l'iPad en éducation qui se tient du 1er au 2 mai à Montréal est l'occasion idéale pour revenir sur la place de la tablette dans le système éducatif, d'en tirer un premier bilan d'étape et, surtout, de tracer les perspectives à venir. Les résultats préliminaires du rapport sur l'iPad à l'école de Thierry Karsenti et Aurélien Fievez, publié en toute fin d'année dernière, offrent à ce titre quelques enseignements intéressants.

Des avantages et des défis

L'enquête a porté sur 6 057 élèves et 302 enseignants du Québec, où 10 000 étudiants de tous les âges (jusqu'à 17 ans) utilisent de façon quotidienne un iPad (ils sont 4,5 millions aux États-Unis). On pourra se contenter de la conclusion de l'étude, à savoir que « les avantages dépassent les défis rencontrés », mais ce serait aller un peu vite en besogne, ce d'autant plus que certains résultats sont dignes d'intérêt.

L'étude révèle que 53,6% des élèves n'avaient jamais ou très rarement utilisé l'iPad avant leur expérience en classe. Seuls 15,5% utilisent la tablette sur une base régulière. Du côté des enseignants, les résultats sont encore moins brillants, puisqu'ils étaient 70,2% à ne jamais ou très rarement avoir utilisé l'iPad, quand 15,2% s'en servent « très souvent ». Mal préparée, l'arrivée de l'iPad en milieu scolaire peut se révéler contre-productive, c'est pourquoi il est essentiel d'associer les professeurs très en amont par le biais de formations. Une approche justement suivie par un établissement français dont on a parlé récemment et qui a beaucoup investi sur ces outils (lire Témoignage : une rentrée scolaire avec 750 iPad).

Une fois introduit en classe, que devient l'iPad ? La tablette est utilisée par 88,5% des élèves, en moyenne durant 30 minutes sur une période-type de 60 minutes. 11,5% seulement des élèves ont indiqué n'utiliser l'iPad que moins d'un quart du temps de classe. Quand on compare ces chiffres avec l'utilisation d'un ordinateur portable, l'usage de l'iPad est remarquable : de précédentes expérimentations ont en effet noté que les élèves dépassaient rarement les 25% du temps de classe sur ces machines. « J’essaie d’utiliser l’iPad la majeure partie du temps. Parfois ce n’est pas possible, alors je demande à mes élèves de ne pas l’utiliser, mais c’est rare », précise un professeur.

L'iPad en classe, c'est du sérieux

Avec un iPad entre les mains, n'est-il pas tentant pour les adolescents de faire tout autre chose que d'étudier ? Apparemment non. L'étude montre qu'en classe, la tablette sert d'abord et avant tout à consulter des manuels scolaires, puis à utiliser des applications en lien avec le travail éducatif (iAnnotate, Pages, Dictionnaire…). Instagram, qui n'est pourtant pas disponible sur iPad (autrement qu'en version iPhone « agrandie ») et le courriel sont bons derniers, très loin des autres usages. « Je n’ai pas besoin d’utiliser le courriel avec mes élèves (…) Je les vois tous les jours en classe », indique un enseignant. Plus intéressant encore, l'étude décline les principales activités en classe réalisées avec l'aide de l'iPad.

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Assez logiquement, la réalisation de travaux scolaires est largement en tête, suivie par la recherche de contenus sur internet (« quand l’enseignant pose une question, on peut chercher sur Internet (…) Avec l’iPad, c’est facile et j’aime ça », explique ainsi un élève) et, plus surprenant, par… les jeux ! Les auteurs notent cependant que cette activité ludique intervient principalement après avoir terminé une tâche. La morale est sauve même si « on a le droit de jouer à certains moments (…), mais il y en a qui jouent quand même durant tout le cours », fayote un élève ! L'aspect un peu solennel de ce type d'enquête peut occulter aussi certaines utilisations disons moins scolaires, comme la messagerie instantanée : « Il y a iMessage, ça c’est vraiment intense, les groupes de conversation sont créés, là tout le monde s’écrit (…) et toi, tu réponds », explique un jeune enthousiaste qui n'a visiblement aucun problème à clavarder avec ses camarades en pleine classe.

Malgré la présence de la tablette, le papier reste toujours très présent pour le travail de lecture. L'étude s'étonne ainsi que dans plusieurs établissements où l'iPad est disponible, on demande toujours aux élèves d'acheter des livres en format papier alors qu'ils sont disponibles gratuitement en version électronique, comme les ouvrages tombés dans le domaine public. Un travail de pédagogie reste à faire en direction des professeurs sur ce point.

Apparition de nouveaux problèmes

L'utilisation de l'iPad en dehors des heures de classe est évidemment bien différent. Les réseaux sociaux occupent une grande place pour les élèves (« Mon Facebook est toujours ouvert, je le regarde tout le temps. J’ai mis des notifications, comme ça même quand je fais des devoirs, je sais quand j’ai un message », d'après un élève), mais ce temps est partagé pratiquement à égalité avec les devoirs et les jeux vidéo. 76% du temps d'usage hors classe est consacré à des activités sociales, ludiques ou de divertissement. Si l'on ajoute les 12,7% du temps de jeu en classe cette fois, cela montre à quel point l'iPad est aussi (et presque surtout) un terminal de divertissement. Un élève explique que l'arrivée de l'iPad a fortement abaissé sa pratique du sport. Autant dire que si la tablette a un effet bénéfique à l'école, elle peut aussi occasionner un changement important dans le comportement de l'ado.

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Autre préoccupation sérieuse soulevée par l'enquête : 85% des élèves ne produisent jamais ou rarement des travaux d'écriture avec leur iPad. « Ce résultat montre clairement qu’il n’est, soit pas possible de tout faire avec la tablette tactile à l’école, soit que les enseignants n’ont pas encore réalisé le plein potentiel de l’outil », expliquent les auteurs, qui rappellent que la tablette sert peu à lire des livres numériques. La dimension « productive » de l'iPad n'est sans doute pas suffisamment mise en avant auprès des enseignants. Apple a sa part de responsabilité, en cloisonnant ainsi les applications. Un apprenant témoigne : « C’est difficile d’écrire un texte avec l’iPad. Pour utiliser les autres outils comme Antidote ou le dictionnaire, il faut changer d’application. C’est trop compliqué alors on ne vérifie pas ».

Les élèves pointent les principaux désavantages de l'iPad, vécu d'abord et avant tout comme une source de distraction, suivi par la difficulté à écrire sur la tablette, puis la gestion jugée difficile des travaux. Ces résultats sont d'ailleurs identiques pour les enseignants : il y a là matière à réflexion pour les éditeurs d'applications et surtout, pour Apple.

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Les autres domaines à problèmes relevés par les auteurs sont, après la distraction, l'écriture et la lecture difficiles, des manuels scolaires souvent mal adaptés malgré des outils (comme iBooks Author et iTunes U) qui permettent de créer et distribuer des ouvrages éducatifs relativement facilement. La planification des cours par les enseignants, ainsi que la gestion des travaux sont jugées ardues — plus en tout cas que la traditionnelle gestion par papier. La méconnaissance des ressources et le sous-usage des livres électroniques font partie du problème plus global de l'accès au savoir; dans ce domaine, et malgré la boutique iTunes U, Apple n'a pas su répondre efficacement à cet enjeu.

Enfin, un iPad en classe peut avoir un effet totalement inverse à celui recherché, à savoir… nuire à la réussite scolaire. Il s'agit ici de bien encadrer les élèves dans la découverte et l'utilisation de la technologie qui doit rester un outil et non pas une fin.

Une satisfaction qui ouvre des portes sur le monde

Mais ces problèmes liés à la nouveauté de l'usage de l'iPad en classe (ainsi que d'outils qu'il revient à Apple de développer) sont contrebalancés par les avantages fournis par la tablette. Pour les élèves, la portabilité (« avant mon sac à dos pesait une tonne, maintenant c’est beaucoup plus léger »), l'accès à l'information et la qualité des présentations font partie des principaux atouts de l'iPad; les professeurs mettent plutôt en avant l'accès à l'information en premier, suivi par la portabilité puis la collaboration avec et entre les élèves. Il y a également une autre dimension qui explique l'intérêt des enseignants pour cette nouvelle technologie, résumée dans ce témoignage : « Il est nécessaire d’apprendre aux élèves à utiliser le matériel informatique. La société est basée sur un système numérique et notre rôle en tant qu’enseignant est de préparer les élèves à trouver une place dans cette société ».

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Plus globalement, la grande majorité des élèves ont qualifié leur expérience d'usage de l'iPad comme étant « amusante », suivi, mais de loin, par « utile ». Le qualificatif « inutile » suit de près. En revanche, soulignent les auteurs, « aucun élève n’a mentionné le fait que l’outil leur permettait d’apprendre plus » !

« L'iPad décloisonne l'école dans la société »

Thierry Karsenti, directeur du CRIFPE (Centre de recherche inter-universitaire sur la formation et la profession enseignante) et titulaire de la Chaire de recherche du Canada sur les TIC et l'éducation à l'Université de Montréal, a répondu à nos questions.

MacGeneration : Qu'est-ce que peut apporter l'iPad en classe, du point de vue de l'élève et du professeur ?

Thierry Karsenti : On a mené ces deux dernières années deux vastes enquêtes auprès de 6 000 élèves et 300 enseignants, avec pour chacune des résultats similaires. La première année de l'implantation de l'iPad, il y avait beaucoup d'avantages pour les élèves et les enseignants, mais aussi des défis qui venaient avec cet usage. Ce qu'il faut comprendre, c'est qu'il y a eu une phase où les élèves se sont habitués à utiliser cet outil et qu'en bout de ligne, les avantages sont liés à l'apprentissage, à la portabilité, à l'accès à l'information, etc. Aucun élève interrogé ne souhaitait arrêter l'expérience d'usage d'une tablette en classe, donc tous souhaitent poursuivre cette expérience.

Les solutions d'Apple (iTunes U, distribution de livres numériques, iBooks Author…) sont-elles parfaitement adaptées aux besoins des professeurs ? Y a-t-il moyen de les améliorer ?

C'est compliqué de répondre à cette question ! Notre enquête révèle qu'il n'y a aucun problème technique rencontré par les enseignants, alors que quand on utilise des PC en classe, c'est le calvaire, c'est des virus à enlever, c'est réellement catastrophique. Encore une fois, avec l'iPad, aucun problème technique n'a été relevé. Il y a des applications qui sont certes moins intéressantes que d'autres. Au niveau des solutions pour les professeurs, c'est parfait, ils peuvent se concentrer sur ce qu'il y a à faire.

Maintenant, rien n'est gagné puisqu'il y a d'autres défis qui viennent, comme le fait de mettre entre les mains des élèves un outil informatique, ils vont être tentés de faire autre chose que d'étudier.

La distribution de livres numériques, c'est nouveau pour les enseignants, en particulier au primaire ou au secondaire, ils ont moins l'habitude, il faut qu'ils se familiarisent avec cet outil. Mais en général, Apple a la réputation de faciliter l'usage des technologies.

En dehors des outils offerts par Apple, le constructeur occupe une place singulière sur le marché de l'éducation en Amérique du Nord et dans le monde. Si Apple a « l'éducation dans son ADN », comment expliquer en retour l'intérêt du monde éducatif pour les solutions d'Apple ?

De ce qu'on a pu voir, certaines écoles avaient équipé leurs classes de PC auparavant, ils avaient une équipe de soutien technique immense, tout le monde était frustré y compris contre les usagers… En bout de ligne, on avait des PC qui étaient régulièrement abîmés, des virus, des problèmes de compatibilité, des problèmes de codecs pour les vidéos… Avec les solutions Apple, on ne fait plus appel à l'équipe technique, donc je pense que l'intérêt pour le monde éducatif réside dans la gestion technique beaucoup plus facile. Ensuite, je dirais : les fonctionnalités simples. Réaliser une vidéo et la mettre sur internet, des élèves de 7, 8, 9 ou 10 ans sont en mesure de comprendre ça facilement et rapidement. Bref, [Apple fournit] des solutions simples dans un monde où le temps des enseignants est précieux, c'est quelque chose d'important. Pour eux, [les solutions Apple] ont cet avantage majeur. C'est ce qui plaît beaucoup aux enseignants.

Les technologies mobiles sont-elles de nature à modifier profondément les relations entre le prof et ses élèves, ou ne faut-il les considérer que comme des outils éducatifs ?

Les relations entre prof et élèves ne sont pas nécessairement modifiées par les technologies mobiles. Il y en a qui utilisent des tablettes qui vont bonifier des tâches qu'ils faisaient traditionnellement avant, il y en a d'autres qui vont les utiliser pour gagner du temps. On a vu aussi d'autres usages qui sont réellement novateurs, car on peut désormais faire des choses en classe qui n'étaient pas possibles auparavant.

Je vous donne un exemple, il y a une application fort intéressante pour les élèves et pour les enseignants qui s'appelle Reflector qui permet aux professeurs d'amener les élèves à projeter le contenu de leur propre iPad [sur l'écran de la classe] sans fil, sans se lever de leur bureau. Autre exemple : en Amérique du Nord, on a ce qu'on appelle des expo-sciences, des concours scientifiques où les élèves doivent mettre en place des petites présentations, des petits projets. Il y a une enseignante de sciences qui me disait qu'elle se trouvait, année après année, devant les mêmes projets puisque les élèves allaient chercher leurs idées dans les mêmes livres à la bibliothèque de l'école. Avec la tablette, il y a énormément d'avantages, il n'y a pas de limites à la créativité des élèves avec ce qu'ils peuvent trouver sur internet.

Ces technologies décloisonnent également l'école dans la société. Elles rendent plus visibles les travaux des élèves, qui les proposent non plus seulement à l'enseignant, mais aussi au monde entier. Donc oui, ces solutions permettent de faire la classe différemment.

L'action Microsoft au plus haut (grâce à l'iPad ?)

| 19/03/2014 | 00:10 |  

Le 27 mars prochain, Satya Nadella donnera une conférence -la première depuis sa nomination au poste de CEO de Microsoft- sur « l'intersection du cloud et de la mobilité ». Ce sera la traduction en actes du slogan « mobile first, cloud first », qui est le mantra du nouveau patron de l'éditeur.

Et parmi les annonces attendues, il pourrait bien y avoir celle d'Office pour iPad (lire : Microsoft pourrait lancer Office iPad le 27 mars). L'adaptation de la suite bureautique pour la tablette d'Apple est attendue comme le loup blanc depuis des années, et tous ceux qui ne pouvaient s'arranger avec iWork ou les nombreuses alternatives disponibles n'attendaient que le feu vert de Ballmer puis de Nadella pour se réjouir.

Et visiblement, il n'y a pas que les utilisateurs qui trépignent d'impatience. Les investisseurs sont eux aussi particulièrement heureux de voir s'esquisser la nouvelle direction imprimée par Satya Nadella au groupe. L'action n'a jamais été aussi haute : elle a gagné 3,9% à 39,55$, son niveau le plus élevé en 14 ans. La perspective du lancement d'Office sur iPad n'est sans doute pas la seule explication à cette soudaine embellie boursière (la sortie de Titanfall sur Xbox One peut également avoir joué un rôle), mais quoi qu'il en soit, les porteurs sont certainement ravis. Sous l'ère de Steve Ballmer, l'action était restée désespérément atone.

Éducation : l'iPad complémentaire du Mac

| 18/03/2014 | 00:10 |  

Le fameux effet « halo » joue à plein dans le secteur de l'éducation aux États-Unis. Malgré le succès de l'iPad dans les établissements scolaires, le Mac ne souffre en aucun cas de cannibalisation, estime Charlie Wolf. L'analyste de Needham and Company indique même que la performance des Mac, côté ventes, est rien moins qu'« exceptionnelle » dans un marché où la croissance est atone depuis sept ans.

Depuis le lancement de l'iPad en 2010, le secteur de l'éducation a acheté 7 millions de tablettes Apple (94 % des ardoises utilisées sur ce marché sont des iPad), mais ne s'est pas détourné du Mac pour autant, puisque sur la même période, le constructeur en a écoulé 5,7 millions. Wolf explique que les écoles et les universités ont trouvé pour l'iPad des usages que ne permettent pas les ordinateurs traditionnels. Loin d'être en concurrence, les tablettes sont donc complémentaires des Mac.

Si le Mac ne souffre pas du succès de l'iPad en classe (il en profite, même), ça n'est pas le cas du PC sous Windows qui suscite de moins en moins d'intérêt de la part des étudiants et des établissements. Au troisième trimestre fiscal de 2013, les revenus tirés des ventes d'Apple — tous produits confondus — sur le marché de l'éducation ont dépassé le milliard de dollars, une première.

L'iPad est recalé pour l'équipement des écoles en Turquie

| 11/03/2014 | 10:45 |  

L'énorme marché turc d'équipement en tablettes échappe à Apple et plus largement aux fabricants américains. Le projet gouvernemental FATIH, initié en 2010, ambitionne d'équiper les écoles du pays de quelque 10 millions de tablettes. Apple s'était mise très tôt sur les rangs avec ses iPad, ainsi que Microsoft et Intel. Le 4 février, Tim Cook avait été reçu par le président Abdullah Gül. De leurs entretiens était sortie notamment la date d'ouverture du premier Apple Store en Turquie, le 4 avril.

Tim Cook et Abdullah Gül le 4 février

Le projet FATIH avait été également abordé, mais, 15 jours plus tard, le premier ministre Recep Tayyip Erdoğan a annoncé l'équipement en tablettes de 557 000 élèves de 14 à 15 ans et de 100 000 enseignants. Ils vont recevoir des tablettes Android GeneralMobile de Tepal, une marque à capitaux turcs, installée aux États-Unis. Des appareils qui se connecteront à des tableaux blancs numériques, inclus également dans ce projet.

Même si le nombre de tablettes fournies ne remplit pas encore l'objectif initial, il semble qu'il n'y ait aucune place pour Apple lors des prochaines vagues d'équipement. Le cahier des charges défini par le Ministère de l'Éducation insistait sur la présence d'un port USB sur ces tablettes et donnait la priorité à du matériel national.

GeneralMobile e-tab4

Témoignage : une rentrée scolaire avec 750 iPad

| 07/03/2014 | 15:35 |  

Des centaines d'iPad pour les élèves et les enseignants, des dizaines d'Apple TV installées dans les classes… le Pôle de Formation Briacé (collège et lycée, avec des spécialités agricoles) a dépassé le stade de l'expérimentation des outils numériques dans un cadre pédagogique. Depuis la rentrée 2013, l'ensemble des élèves, des éducateurs et des professeurs est équipé avec 750 iPad Retina et iPad mini. Les enseignants, répartis sur trois sites, ont à leur disposition 50 salles de classe équipées en Apple TV branchées sur des vidéoprojecteurs vers lesquels ils envoient le contenu de leur tablette par AirPlay. L'objectif, raconte Anthony Mortier, le responsable informatique, était de donner corps au terme de « cartable numérique ». Explications…

Grâce à l'iPad, les élèves disposent d'une grande partie de leur manuel scolaire sur leur tablette, ils ont tous une boîte mail, un accès à leur planning en temps réel, à leurs notes et différents supports pédagogiques. Les enseignants, eux, commencent à utiliser la tablette dans de nombreuses disciplines et pour communiquer avec les élèves.

Ce projet est né d'un premier constat dressé après l'équipement de quelques salles en ordinateurs et vidéoprojecteurs interactifs « Nous nous sommes vite aperçu que l'interactivité des vidéoprojecteurs était très peu utilisée, car complexe et limitée, les postes informatiques ne servaient donc qu'à projeter du contenu depuis des supports externes ou Internet. » En recherchant quelque chose de plus simple, l'équipe est tombée sur AirPlay, système de transmission qui a été testé et approuvé avec quelques iPad personnels.

crédit : Briacé

Cette phase de recherche s'est déroulée à une période où Briacé cherchait comment adapter ses pratiques pédagogiques et éducatives à une génération d'élèves amenée à devoir utiliser de tels outils. Une certaine dimension "ludique" du numérique dans un cadre pédagogique avait quelques avantages et pouvait apporter un complément à des techniques plus classiques « l'iPad ne remplace pas le poste de travail classique, celui-ci reste un meilleur outil de production même si la tablette Apple s'en rapproche de jour en jour ».

Deux autres facteurs ont accéléré la mise en oeuvre du projet d'équipement de Briacé. D'abord la plateforme iTunes U d'Apple sur laquelle les établissements proposent des contenus pédagogiques et puis la visite, à la rentrée 2012, d'une école italienne qui avait déployé plus de 1000 iPad.

Un premier groupe de réflexion a été constitué pour débroussailler les contours et les objectifs de ce projet afin d'être prêt pour la rentrée 2013/2014. Il a réuni membres de direction, enseignants, documentalistes et éducateurs autour d'une simulation réduite du projet.

10 salles de classe ont été équipées en Wi-Fi, Apple TV et les membres du groupe de travail ont reçu un iPad. L'intérêt de ce type d'outils dans l'éducation est rapidement apparu comme évident. Le projet a ainsi été lancé en 2013 par une première phase technique (Wi-Fi, accès Internet, équipements réseaux, vidéoprojecteurs, Apple TV) puis nous avons équipé l'ensemble des enseignants, éducateurs et membres de la direction au printemps 2013. Les élèves, eux, en ont été dotés à la rentrée 2013.

Avant de se tourner massivement vers les tablettes, Briacé avait un profil d'équipement assez classique, explique Anthony Mortier « L'outil informatique n'était pas plus ni moins répandu qu'ailleurs, nous avions environ 1 PC pour 5 élèves dans nos salles informatiques, même si Briacé a eu, dès la fin des années 1980, la culture du numérique avec l'utilisation de ses premiers ordinateurs »

Plus tard, les vidéoprojecteurs sont entrés dans les classes, le Wi-Fi a été généralisé sur les trois sites et l'équipe enseignante s'est investie sur l'emploi de ces outils. Le choix de l'iPad s'est décidé sur plusieurs critères : simplicité d'utilisation, absence de virus, robustesse, le choix en applications sur l'App Store et les différents outils éducation d'Apple et l'accompagnement fourni par Apple France.

crédit : Briacé

Anthony Mortier insiste sur le travail de préparation réalisé en amont, avant un déploiement des tablettes auprès des élèves. Les enseignants ont reçu leurs iPad six mois en avance et deux journées de formation à deux mois d'intervalle ont été dispensées. Des enseignants porteurs de la qualification "Apple Professional Development" sont venus en renfort pour aider leurs collègues spécialisés dans les mêmes matières et leur expliquer comment publier du contenu sur iTunes U avec l'utilitaire Course Manager. Même régime, quelques mois plus tard, pour les élèves chez qui le niveau de maîtrise de ces outils était très inégal.

Cette période d’appropriation et de formation est un des facteurs essentiels de réussite d’un tel projet. Les élèves ont également bénéficié d'une première formation d'une heure à la remise de l'iPad puis quelques semaines plus tard d'une deuxième formation plus approfondie. Avec notamment un rappel des règles d'utilisation, l'organisation des fichiers dans la tablette, la prise en main des principales apps (iWork, iBooks, Adobe Reader, Dropbox).

Des règles d'usage des iPad ont été instaurées chez les élèves en fonction de l'âge. Les plus jeunes ne peuvent installer eux-mêmes d'applications sur leurs iPad, cela représente environ 120 élèves sur 660. La présence de jeux sur les tablettes a été également étroitement encadrée et surveillée.

Tous peuvent emmener leur iPad mini après les heures de cours et en dehors de l'établissement, autant pour travailler que se divertir « Dans l'ensemble, les élèves et les étudiants peuvent utiliser la quasi-totalité des fonctions de l'iPad […] l'objectif étant d'atténuer le décalage qui existe entre ces deux environnements. C'est pourquoi nous avons réduit au strict nécessaire les restrictions sur la tablette afin de leur laisser un maximum de liberté d'un côté et en les responsabilisant de l'autre »

Chez certains enseignants, quelques réticences initiales se sont exprimées, cependant la majorité aujourd'hui a adopté ces iPad et aurait du mal à s’en passer, observe le responsable informatique « C’est en tout cas le retour d’une grande partie des enseignants et éducateurs. L’iPad leur facilite la vie dans leurs tâches administratives (gestion des notes, absences, mail, etc.), pour la communication avec leurs collègues et les élèves grâce à la messagerie Office 365 et aux outils de messagerie instantanée installés sur chaque tablette ou encore avec la diffusion de contenus en classe grâce à AirPlay, notamment »

crédit : Briacé

Certains enseignants, qui ont été formés aux outils pour produire du contenu, commencent à le faire vers iTunes U pour diffuser leurs cours à leurs élèves. Des règles ont été établies, par exemple pour maintenir une cohérence de charte graphique et de présentation. Chez les professeurs qui avaient déjà pris le pli de l'informatique, son usage s'est simplifié maintenant que les élèves sont tous équipés. Que ce soit pour échanger par mail, partager des documents via Dropbox ou récupérer des ressources sur iTunes.

Même si depuis 18 mois nous avions anticipé une grande majorité des problématiques, nous avons tout de même réalisé quelques réajustements. Petit à petit, nous adaptons la technique et les règlements afin d’optimiser la solution. Nous ferons le point dans quelques semaines pour préparer le déploiement pour les élèves de l’année prochaine en tenant compte de toutes ces difficultés rencontrées.

Les élèves font un usage quotidien de ces outils, pour des activités de base comme la messagerie ou l'accès Internet, mais aussi la consultation de Scolinfo (gestion des notes et cahier de textes numérique) et de leur agenda. Travail sur des manuels scolaires numériques et sur les ressources disponibles sur iTunes U. Les cours sont aussi l'occasion de mettre à profit des applications pédagogiques, des utilitaires et des applications de production comme Keynote et Pages.

Anthony Mortier énumère pour le moment plusieurs points positifs comme :

  • L'adoption quasi totale de l'iPad dans les salles de classe, au minimum pour projeter du contenu par AirPlay, effectuer l’appel des élèves et gérer les tâches administratives par les enseignants.
  • Le développement de nouvelles pratiques pédagogiques : devoirs sous format numérique avec par exemple des QCM, corrections commentées en vidéo, utilisations adaptées à de nombreuses matières (EPS, Langues, etc.), pédagogie inversée…
  • Facilité de communication au travers notamment de la messagerie électronique sur l'ensemble des iPad et des outils
  • Très peu de difficultés d'utilisation de la part des enseignants ,même pour des personnes qui n'étaient pas forcement à l'aise avec l'utilisation des TICE (technologies de l'information et de la communication pour l'enseignement, ndr).
  • Diminution de 30% des impressions et photocopies sur les 4 premiers mois de l'année

Côté face, il reste des obstacles à franchir, mais ils sont du ressort des autres acteurs de l'éducation, c'est le cas notamment des éditeurs de manuels :

Nous avons toujours quelques difficultés avec les éditeurs de manuels scolaires qui freinent le développement des manuels numériques, tout simplement pour un problème de DRM.

Conséquences de tout cela, chaque éditeur propose sa propre application sur iPad avec des manuels qui ne sont pour la plupart que du PDF enrichi. La gestion des codes d’accès aux apps est un véritable calvaire, il faut passer par 2 ou 3 portails en ligne pour attribuer des licences aux élèves.

De plus, certaines applications verrouillent l’accès aux manuels au-delà de 3 téléchargements. Nous avons par exemple des élèves qui effacent par mégarde l’application et lorsqu’ils relancent le téléchargement du manuel dans l’application, se voient refuser l’accès.

Sur le volet financier de ce projet, Pascal Souyris, le directeur du Pôle de Formation Briacé, évalue le coût en équipement par élève à 382€, 3300€ pour une salle de classe et 604€ par enseignant. « Le projet est intégralement financé par l’établissement via l’augmentation de la contribution des familles et des économies générées par la réduction du parc informatique PC ou encore la baisse du volume de photocopies… »

Enfin, si l'iPad a fait une percée très significative dans cet établissement, il est important de souligner que le PC traditionnel y a encore sa place. Un labo de langues contient 31 machines, 4 salles informatiques contiennent 21 postes en moyenne (pour des logiciels généralistes ou spécialisés comme Jardicad ou Mapinfo), les 3 CDI en ont entre 5 et 16, sans oublier les 30 PC portables ou de bureau du personnel enseignant. Les premiers pas des iPad sont jugés positifs, mais l'ampleur des changements amenés implique d'avoir beaucoup plus de recul, pour une évaluation plus fine et exhaustive « Nous pensons que trois années sont nécessaires pour faire un véritable bilan de l’apport du cartable numérique à la réussite de nos élèves. »

Compléments

  • Voir aussi cet article qui détaille le quotidien des élèves avec ces tablettes [PDF].
  • iTunes U de Briacé

En plus d'applications connues (iWork, Dropbox, iPhoto, Evernote…), des outils à visée pédagogique plus ou moins prononcée sont sollicités par les enseignants. Liste non exhaustive :

Supprimer la notification de non-charge de l'iPad sous OS X

| 31/12/2013 | 11:27 |  

Lors du branchement d'un iPad sur un Mac, il peut arriver que celui-ci refuse de se charger. OS X affiche alors une notification demandant de brancher l'appareil à une autre source d'alimentation. Ce phénomène est dû à la trop faible intensité que délivre le port USB où est branché l'iPad.

En effet, pour qu'un iPad puisse se recharger convenablement, 2,1 A lui sont nécessaires. Dès lors qu'un port USB ne peut assurer une telle intensité, il ne pourra pas recharger votre tablette ou seulement à très faible allure. Les Mac récents ne sont pas touchés par ce phénomène. Cependant, si vous possédez un ancien modèle et que la notification vous gêne, voici la procédure à suivre. Il n'est pas possible de régler l'affichage de ce genre de notifications dans les Préférences Système, il faut donc user de quelques lignes de commandes :

  • Ouvrez le Terminal

  • Copiez puis collez les lignes suivantes

  • $ sudo defaults write com.apple.usbd NoiPadNotifications \ -bool YES
  • $ sudo killall usbd

Attention, cette astuce ne permet pas de charger votre tablette sur un port USB à faible intensité. Seule la notification disparaitra. Pour la rétablir au cas où, il faudra coller dans le Terminal :

$ sudo defaults delete com.apple.usbd NoiPadNotifications

Vous pouvez aussi vérifier la puissance des ports USB de votre Mac dans l'application Informations système > Matériel > USB.

L'iPad Air est partout en vente

| 01/11/2013 | 08:00 |  

L’iPad Air est officiellement en vente en France, pour tout le monde et pas seulement quelques chanceux. La tablette est disponible sur l'Apple Store, dans les quatre configurations de capacité, de 16 Go au copieux mais onéreux 128 Go. Les délais d’expédition sont à ce stade de 24h seulement, la livraison est gratuite.

A la Fnac, les commandes ont été ouvertes dès hier soir. Les tarifs sont identiques, mais il faut ajouter au minimum 5€ de frais de ports, sauf retrait en boutiques. Boulanger a aussi la tablette en rayons, mais l’enseigne indique qu’elle ne peut être obtenue qu’en magasins.

Orange y va de ses offres autour de la nouvelle tablette. Cela passe par un remboursement partiel moyennant un abonnement Fibre/ADSL ou des forfaits 4G pour accompagner le modèle cellulaire (lire Orange lance des offres pour les nouveaux iPad Air).

Aujourd’hui, tous les Apple Store - sauf celui de Strasbourg, sont ouverts pour l’occasion. Les horaires varient selon les boutiques. Pour celles qui démarrent dès 8h, la première heure sera réservée à la vente de la tablette.

Les magasins Darty sont également approvisionnés en iPad Air, mais on peut se tourner également vers le site qui les a tous en stock. On peut bien sûr aussi tenter sa chance auprès des Apple Premium Reseller de sa ville ou région, qui doivent avoir du stock.

L’Apple Store propose aussi un assortiment de protections pour ce nouveau modèle, avec les classiques Smart Cover aimantées vendues 39€ et disponibles en six coloris plus ou moins vifs.

Apple a "encore beaucoup à montrer" le 22 octobre

| 15/10/2013 | 18:21 |  

On s’y attendait, c’est désormais officiel : Apple présentera ses nouveautés à l’occasion d’un special event qui se déroulera le 22 octobre. Réservé à la presse, il aura lieu au Yerba Buena Center for the Arts de San Francisco à partir de 19 heures, heure française. Sur le carton d’invitation, le constructeur reste, comme d’habitude, très discret, se contentant d’indiquer : "Nous avons encore beaucoup à montrer." Le sujet du jour ne fait toutefois aucun mystère : l’iPad sera à l’honneur. Le "cover" dans l'invitation pouvant être interprété comme un indice.

Le carton d’invitations envoyé aux journalistes, dans le ton d’iOS 7 et avec un air d’automne.

Apple devrait en effet présenter à cette occasion les nouvelles générations d’iPad et d’iPad mini. L’iPad 5 adopterait un design similaire à celui de l’iPad mini, avec des bords affinés notamment. Selon les dernières rumeurs, l’iPad mini nouvelle génération pourrait être très légèrement plus épais que le modèle actuel pour intégrer un écran Retina. Les rumeurs n’ont pas arrêté de se contredire sur ce sujet depuis quelques semaines, autant dire que l’on ne sait pas vraiment ce qui est prévu pour la petite tablette du constructeur.

Selon nos informations, les nouveaux iPad seraient commercialisés à la fin du mois. Au cours du keynote, Apple devrait également s’exprimer sur Mavericks, dont la sortie est imminente. Les MacBook Pro devraient passer à Haswell et pourraient être mentionnés à cette occasion, tout comme l’Apple TV qui pourrait être mise à jour. Le Mac Pro, disponible vraisemblablement le mois prochain, pourrait lui aussi faire l’objet d’une nouvelle présentation lors de cet événement qui s’annonce chargé.

Apple n’a pas encore indiqué si une transmission vidéo en direct sera proposée, mais ce n’était pas le cas lors du keynote de septembre dédié aux nouveaux iPhone. Dans tous les cas, vous pourrez suivre la conférence avec nous sur lekeynote.fr ! Rendez-vous mardi prochain en fin de journée, nous commencerons à mettre la page à jour avec les dernières nouvelles…

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