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En 2015, OS X Yosemite sera-t-il un bon système d'exploitation ?

Christophe Laporte | | 16:00 |  262

Le verre à moitié vide

Oui mais voilà, ces bonnes intentions sont gâchées par une finition pour le moins médiocre. L'impression d'un _work in progress_ permanent est désastreux non seulement pour l'image d'OS X, mais aussi pour Apple dont le discours sur la qualité globale de ses produits et services (financée par l'investissement conséquent de la clientèle, rappelons-le) ne cesse de prendre des coups sur la tête. Ce sentiment, non pas forcément d'abandon - après tout, les mises à jour mineures successives bouchent petit à petit les trous -, mais de lancements précipités s'explique évidemment par le rythme annuel des versions majeures.
OS X Mavericks.

Ce cycle de développement a ses atouts et ses défauts. Il permet tous les ans au Mac et à OS X de tirer un peu de la couverture médiatique (et visiblement, ça marche : les ordinateurs Apple ne se sont jamais aussi bien vendus). Mais le constructeur a-t-il les moyens de son ambition ? En instituant une mise à jour majeure annuelle, Apple s'oblige à tenir des délais extrêmement serrés : entre Leopard et Snow Leopard, il s'était par exemple écoulé près de deux ans… pour ce qui n'était à l'époque qu'un gros nettoyage de code. Le rythme que s'est imposé la Pomme pose aussi des problèmes à iOS, dont la version 8 continue de souffrir de bugs. C'est, plus globalement, un problème auquel sont confrontés tous les fabricants informatiques et les éditeurs de logiciels, dont le mantra est devenu « livrer d'abord, corriger après », quitte à prendre les utilisateurs pour des cobayes permanents (lire : « Ship first, fix later » : un monde en bêta).

Outre le rythme de développement, Apple s'est aussi lancé le défi d'intégrer le prix de son système d'exploitation dans celui des Mac, donnant au client l'illusion de la gratuité — illusion, car dans les faits l'utilisateur finance le développement des logiciels offerts généreusement au téléchargement « gratuit » sur le Mac App Store, qu'il s'agisse d'OS X, d'iLife ou d'iWork. Un coût qui apparait comme tel dans les comptes de l'entreprise (lire : OS X Mavericks, iLife et iWork : une gratuité à 900 millions de dollars). Pour l'utilisateur, ce tour de passe-passe est transparent : ce qu'il en retient, c'est qu'Apple lui « donne » des logiciels et des mises à jour majeures de logiciels.

Même si on peut penser que l'on est moins prompt à la critique avec un logiciel gratuit qu'avec un soft payant, il n'en reste pas moins que l'OS est le premier logiciel que l'on utilise - beaucoup se contentant des seuls logiciels pré-installés avec OS X. Les bugs et le manque de soin apporté aux finitions ont donc tendance à remonter plus facilement à la surface, ce d'autant que les Mac ne se sont jamais aussi bien vendus.

Le développement concomitant et parallèle de deux systèmes d'exploitation aussi importants et lourds qu'OS X et iOS n'est pas sans poser ses propres problèmes de gestion des ressources et du personnel. Si Apple concentre la crème de la crème mondiale en matière de développement matériel (ses produits n'ont jamais été aussi bien dessinés, conçus, finis et fabriqués qu'actuellement), c'est certainement moins le cas au rayon logiciel. D'une, parce que Tim Cook a montré la porte de sortie à Scott Forstall : l'ex-grand manitou en charge d'iOS n'était peut-être pas dans les petits papiers de ses collègues, mais son autorité au sein d'Apple, sa vision et la qualité de son travail (… du moins jusqu'à Plans) s'imposaient à tous.

Tim Cook et Scott Forstall.

Loin de nous l'idée d'implorer le retour de Forstall aux commandes, mais la réorganisation des équipes en charge du développement logiciel autour de Craig Federighi continue de faire sentir ses effets indésirables jusqu'à aujourd'hui. Si Apple avait préféré finaliser le renouveau graphique profond instauré par iOS 7 au détriment d'OS X Mavericks, OS X Yosemite a été le premier système de bureau à avoir réellement expérimenté le nouveau mode de fonctionnement interne à Cupertino. Et visiblement, il y a encore quelques courroies de transmission qui ont besoin d'huile de coude : si Apple réussit à conserver auprès d'elle les talents en matière de matériel, les forts en thème des logiciels sont moins attirés par une carrière dans une société où l'esprit de start-up s'est sans doute émoussé avec le temps.

D'autre part, cette sensation de travail mi cuit (qui s'appuie sur des constats avérés) intervient alors que les plaques tectoniques du marché sont en mouvement. La guéguerre Mac v. Windows appartient certes au passé (même si Microsoft aime bien souffler sur les braises), mais l'éditeur est loin d'avoir dit son dernier mot. Windows 8 n'est pas le succès annoncé, mais le nouveau pragmatisme de Microsoft, mené par un Satya Nadella qui donne l'impression de savoir comment mener le paquebot de Redmond, va jouer à plein avec Windows 10. Outre le retour à des mécanismes d'interface plus traditionnels, Microsoft manie aussi l'arme tarifaire, avec des licences pratiquement offertes, souvent accompagnées d'un abonnement à Office.

Le Stream 11 de HP avec son écran tactile et Windows 8 coûte moins de 200$.

C'est entendu, Microsoft mise sur le rebond de Windows sur un segment de marché — l'entrée de gamme — qui n'est pas, loin s'en faut, celui d'Apple. Et on n'ira pas jusqu'à dire que le Stream 11 low cost de HP est sérieusement de taille à concurrencer un MacBook Air. Pas de quoi, a priori, inquiéter Apple, ni d'ailleurs à pousser l'entreprise de Cupertino à se surpasser, malheureusement. Le paysage des systèmes d'exploitation pour ordinateur est doucement en train d'évoluer : la révolution ne viendra pas de Linux, qui n'a jamais réussi à s'imposer auprès du grand public malgré d'évidentes qualités (lire : Témoignage : un mois sous Linux, après des années sur Mac).

La véritable menace est sans doute ailleurs : petit à petit, Google est en train d'installer Chrome OS, son système d'exploitation dans le nuage. Le système marque des points sur le marché de l'éducation aux États-Unis, un secteur qui est pourtant dans l'ADN d'Apple. Ce succès, encore confidentiel, est toujours handicapé par la nécessité d'être toujours connecté à un réseau (ou presque, lire : Test du Chromebook C200 d'Asus : un vrai ordinateur à 200 € ?). Mais il arrivera bien un jour où un réseau sans fil, qu'il soit cellulaire ou sans fil, sera toujours accessible, Netflix l'annonce d'ailleurs dans les cinq prochaines années.

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262 Commentaires Signaler un abus dans les commentaires

avatar Lestat1886 30/12/2014 - 16:13 via iGeneration pour iOS

qu'il soit cellulaire ou sans fil, sera toujours accessible, Netflix l'annonce d'ailleurs dans les cinq prochaines années"

avatar Lestat1886 30/12/2014 - 16:15 via iGeneration pour iOS

@Lestat1886 :
Correction:

"Mais il arrivera bien un jour où un réseau sans fil, qu'il soit cellulaire ou sans fil, sera toujours accessible, Netflix l'annonce d'ailleurs dans les cinq prochaines années"

J'en rigole encore, les gars ne doivent pas voyager beaucoup en dehors de l'hémisphère nord.... Et encore ca fait 10 ans qu'on attend un reseau dans le métro parisien lol...

Dans 5 ans on sera encore loin d'avoir accès a un réseau partout dans le monde en dehors des grandes métropoles. Je demande à voir ça !

avatar Stardustxxx 31/12/2014 - 18:19

Fin 2013, il y avait 600 millions d'abonne en Afrique pour une population de 1 Milliard.

Ce qui veut dire que 60% de la population africaine a un portable, ce qui veut dire qu'une partie du territoire a Internet.

Mais il faut voyage un peu, et il y a du réseau dans le métro parisien ;)



avatar Ghaleon111 30/12/2014 - 16:29

J'utilise Yosemite et w8.1 et je trouve dommage que Yosemite est moins réactif, plus long a démarrer, a charger, ouvrir le Finder ou un logiciel fait apparaître la roue multicolore quelques secondes sur un iMac 27 2014 à 2000 euros contrairement à w8.1 ou c'est une fusée et d'une stabilite exemplaire, w10 et sa fusion avec wp10 va faire très mal et MS est vraiment ambitieux en çe moment et n'hésite pas a tout optimiser de fond en comble (w8 est ultra réactif sur un pc de plus de 5 ans, OS X est incapable d'une tel optimisation a l'heure actuel) dans quelques mois, l'écosystème devrait être enorme car c'est le meme os en different sur pc, tablette smartphone et Xbox one
J'aime les deux os mais Apple devrait penser à l'optimisation et la stabilité car il y a des petits trucs bizarre dans Yosemite que je n'ai pas connu dans les autres OS X ou Windows

avatar Florian Innocente macG 30/12/2014 - 21:26

J'ai le même sentiment. Mon iMac Core i7 Quad 3,4 GHz est plus lent plein de choses (démarrage, lancement d'apps) que des PC sur disques dur aussi et à base de Dual Core avec 2 fois de moins RAM, sous Win 7. Et pourtant le nombre de merdes qu'un PC pas très entretenu peut lancer au démarrage n'est pas piqué des vers.

avatar Néoto 30/12/2014 - 16:17 (edité)

Au niveau des logiciels aussi, c'est très difficile à suivre avec un OS par an. La publication de ces nouveaux systèmes est une bonne occasion à chaque fois pour supprimer certaines choses, certaines fonctions,... à la longue ça devient plutôt énervant. Plutôt que de faire une mise à jour "cosmétique" puis une mise à jour "sous le capot" l'année qui suit, autant sortir une excellente mise à jour tous les deux ans, ça suffira largement.

avatar Moonwalker 30/12/2014 - 16:20

Bah!

10.10.2 règlera les bugs les plus criants et 10.10.3 finira de stabiliser le tout. Une histoire de déjà vu.

Je prédis d'ailleurs le retour des mêmes geiniards à la sortie de 10.11.0.

avatar Christophe Laporte macG 30/12/2014 - 16:31 via iGeneration pour iOS

@Moonwalker :
C'est tout le problème. Lorsque 10.10.3 sortira on sera a quelques encablures de 10.11. Et on sera ensuite reparti pour un tour.

Mais bon l'expérience des précédents OS nous montre bien que tout ne sera pas résolu avec 10.10.x. Un seul exemple Mail qui a rarement bien marché avec Gmail sous Mavericks. Et sur ce point même sous 10.11 tout n'est pas parfait.

avatar patrick86 30/12/2014 - 16:45 (edité)

"Un seul exemple Mail qui a rarement bien marché avec Gmail sous Mavericks."

Marchera pas mieux tant que Google fera un machin de plus en plus éloigné de l'IMAP.

A ce stade il faut faire un choix : soit on veux Gmail, soit on veut de l'IMAP.

avatar Moonwalker 30/12/2014 - 17:42

Certes, il restera toujours des bugs en suspens, bien que je suis d'avis comme Patrick86 que Gmail est avant tout un problème Google.

Effectivement, avec ce rythme que personne ne leur a demandé on se retrouve vite au point de départ. Je fais parti de ceux qui souhaiterais qu'Apple lève un peu le pied sur OS X.

Maintenant, on n'est pas obligé de suivre la cadence Apple. Ça n'est pas la fin du monde si on met à jour son système avec six mois de décalage par rapport à Cupertino. N'est-il pas préférable de jouir d'un OS X stable d'octobre à mai plutôt que de s'emberlificoter avec les bugs de jeunesse du suivant.

C'est un choix.

avatar Simeon 30/12/2014 - 17:50 (edité)

Sauf que ceux qui achètent de nouvelles machines ne l'ont pas ce choix!

avatar Moonwalker 30/12/2014 - 18:07

Ben, il leur reste le choix de ne pas acheter. Sinon de profiter des 3 mois de support téléphonique pour emmerder Apple à longueur de journée.

Perso, je n'achète pas une machine à la sortie du nouvel OS X, j'attends 10.x.2 au moins.

Si Apple voyait ses courbes de vente chuter significativement à la sortie de son nouvel OS X, elle soignerait peut-être le produit.

Mais je crois que c'est tout l'inverse, que c'est à ce moment qu'elle en refourgue encore le plus.

M'enfin, n'exagérons pas. Une machine en 10.10.1 est aujourd'hui parfaitement utilisable. Il y a des Macbook qui sont sorti en décembre 2007 avec Leopard 10.5.1 pré-installé et ce fut autrement casse-couille.

avatar amiga500 31/12/2014 - 13:17

ton cas n'est pas une généralité… Car, si, parfois on est obligé d'acheter une/des machines pour le besoin d'un projet qui demarre dans 3 jours. Et là on se retrouve avec un OSX buggé et un mac qui refuse d'installer un OSX de la génération précédente.
C'est du vécu et ça fait chier car à la base on prend un mac entre autres pour sa simplicité et sa soit disante stabilité, pas pour beta tester un OS.

avatar joneskind 30/12/2014 - 20:02 (edité)

@Christophe Laporte

Au risque de me répéter, arrêtez de vous jeter sur le dernier OS d'Apple.

Certes, puisque c'est votre boulot, vous avez le droit de tester - sur un autre disque en SSD sur TB par exemple - pour voir où ça en est.

Si vous avez besoin d'un OS stable - et j'imagine fort bien que ce soit le cas - ATTENDEZ. Vous n'attendrez qu'une seule fois et vous aurez toujours un OS stable tous les ans - en effet, si OSX sort en septembre et sa version stable sort en mars, vous aurez bien une version stable tous les mois de mars non ? Bien.

Vous avez déjà connu un OSX stable avant la .3 ? Moi pas.

Et c'est évidemment la même chose avec iOS.

Bref, arrêtez de jouer les bêta-testeurs si c'est pas votre truc.

avatar Chanteloux 31/12/2014 - 00:37 via iGeneration pour iOS

@joneskind :
C'est bizarre ce que vous dites. Vous me faites penser aux constructeurs américains: ils sortent des chars pas terminés, et attendent les plaintes, les accidents, voire les décès, avant d'apporter les correctifs par d'incessants rappels. Vous trouvez ça correct? Le fautif, c'est pas GM, c'est le pauvre con qui a acheté la version bêta? Il n'avait qu'à attendre, le taré? Bref, on a le droit de sortir des versions bêta, logiciels, voiture avions aussi... Bizarre, bizarre...

avatar Stardustxxx 31/12/2014 - 18:26

Ce que tu es en train de dire, c'est que Apple fait du beta testing avec ses clients pendants 6 mois avant d'avoir une version stable.

Apple devrait rajouter BETA sur ces produits, comme Google le fait d'ailleurs ;)

Apple a peut-etre decider de d'imiter MS pour sortir des OS bancales...

avatar Jeanlucesi 30/12/2014 - 18:49 (edité)

Tu viens de le dire le mieux c'est de rester sur Mavericks.

avatar jazz678 30/12/2014 - 16:24 via iGeneration pour iOS

@christophe Laporte
Et c'est reparti avec ces articles complètement orientés et exemplaires dans leur partialité. Votre titre annonce déjà la couleur à savoir que Yosemite serait un mauvais OS.
Quand je me réfère aux retours faits sur votre forum, de nombreux lecteurs sous Yosemite sont quand même satisfaits, dont moi. Je n'ai observé aucun des bugs horribles ou ralentissements que vos décrivez et pourtant je suis sur un macbookpro mi 2009.
Votre approche très orientée chez macge est quelque fois assez fatigante.

avatar Ghaleon111 30/12/2014 - 16:27

Moi j'ai quelques soucis de réactivité et bugs avec Yosemite, c'est pas serieux, avant c'était windows qui etait lent et bugs, aujourd'hui c'est le contraire mais je l'aime malgré tout

avatar Moonwalker 30/12/2014 - 17:56

Yosemite n'est pas mauvais, il est jeune.

Mavericks fut à mon sens le meilleur OS X à sa sortie, toute versions confondues. Difficile pour le suivant de faire aussi bien.

Il n'y a que quelques bugs mais très délicats à ignorer, comme ce WiFi aléatoire. A force, même les accrocs les plus insignifiants deviennent insupportables.

Les ralentissements sont une notion trop aléatoire pour être pertinente. Il y a trop de facteurs à prendre en compte, tant dans les configurations matérielles, dans les méthodes de mise à jour, que dans les logiciels installés. Chez moi, la réactivité de Yosemite vaut celle de Mavericks.

avatar joneskind 30/12/2014 - 20:06

@Moonwalker

Le cycle de développement majeur se fait sur 3 ans chez Apple. Rappelle toi de Léopard à sa sortie, de Lion à sa sortie, et maintenant de Yosemite.

Apple ne part pas d'une feuille blanche tous les ans.

avatar Lawliet 30/12/2014 - 17:57

C'est aussi fatiguant de te voir constamment défendre Apple et justifier leurs erreurs. Faut faire avec.
J'ai aussi un MBP 2009, ça rame comme pas possible avec un écran externe (juste un 1080, hein, et avec la 9600m GT), arrêtons la mauvaise fois. Obligé de retirer la transparence (ce qui occasionne des petits bug graphiques) et l'animation de mission control pour retrouver quelque chose d'utilisable.
Win8.1 tourne comme une horloge sur de veille config à côté.

avatar Moonwalker 30/12/2014 - 18:10

Ça ne m'étonne pas. Yosemite tape beaucoup dans la Vram.

Les pilotes graphiques, notamment Nvidia, sont toujours à la ramasse lors de la sortie d'un nouvel OS X. C'est un classique.

avatar MacMarc 30/12/2014 - 21:33

C'est bizarre quand même: en mono-écran, je trouve mon MacBook Pro 13 Mid 2012 plus réactif sous Yosémite que sous Mavericks.

avatar jazz678 30/12/2014 - 22:09 via iGeneration pour iOS

@Lawliet :
Mon macbookpro mi-2009 avait quelques ralentissements sous Maverick. J'ai remplacé le disque dur par un SSD. Yosemite est arrivé et il tourne comme une horloge. Pas de bug. Pas de ralentissement. Que te dire de plus? C'est la situation à laquelle j'ai été confronté autour de moi.
Au delà de ça, c'est plus l'attitude partiale et systématiquement très négative de macge qui devient exaspérante.

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