À la une, Technologies

« Apprendre, vivre et aimer » : Google veut sauver l’humanité de l’informatique [17.05.2013 00:45 - AZ]

Morceau de bravoure de près de quatre heures, le keynote d’ouverture de la Google I/O 2013 était exceptionnel par sa durée, mais aussi par son contenu. Pour la première fois, la firme de Mountain View y a exposé une vision cohérente de l’informatique mue par des produits liés entre eux, le fameux « One Google » rêvé par Larry Page. Un Google au centre d’une révolution de l’informatique, qui n’est plus une machine manipulée par l’utilisateur, mais une intelligence ambiante à son service.


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bulletUne - Technologies > Skeuomorphisme contre flat design : un débat qui n’a pas lieu d’être [14.05.2013 15:45 - AZ]

Alors que l’on discute beaucoup de l’influence que pourrait avoir Jon Ive sur iOS 7, on oppose souvent « skeuomorphisme » et « flat design ». Cette opposition a pourtant peu de sens : le skeuomorphisme n’est pas qu’un élément de design et peut tout à fait être utilisé dans le cadre du flat design.



Question piège : parmi ces trois exemples, quelle calculatrice est skeuomorphique ?

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bulletUne - Technologies > Aperçu du Leap Motion : le futur de l’informatique, avec des courbatures [05.05.2013 20:45 - AZ]

Présenté il y a tout juste un an, le contrôleur Leap Motion a beaucoup fait parler de lui : ce petit boîtier suit le mouvement de vos mains et de vos doigts dans l'espace et permet ainsi de contrôler un ordinateur sans y toucher. Les vidéos de démonstration sont impressionantes, mais le contrôleur Leap Motion représente-t-il vraiment le « futur de l'informatique » ? Réponse dans notre prise en main.


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bulletTechnologies > Un ancien de Google dénonce les pratiques fiscales de la société [20.05.2013 16:50 - AZ]

Barney Jones, qui a travaillé pour Google de 2002 à 2004, va envoyer au fisc britannique plus de 100 000 documents détaillant par le menu le fonctionnement de la régie publicitaire de la société. Son objectif ? Montrer que les cadres de Google ont menti et que la filiale londonienne de la société a bien « évité » l’impôt.



Les locaux de Google à Londres. Image Google.


Interrogé par une commission d’enquête du Parlement britannique, Matt Brittin a en effet assuré que la filiale qu’il a dirigée jusqu’en 2009 n’était pas responsable de la signature de contrats publicitaires. Il est néanmoins rapidement revenu sur ses déclarations, précisant que si des discussions pouvaient avoir été tenues à Londres, la signature elle-même était réalisée à Dublin. Et est aujourd’hui contredit par Barney Jones.


Celui-ci assure en effet que les contrats étaient bien signés à Londres et que seule la facturation était réalisée à Dublin. En Irlande, les bénéfices ne sont imposés qu’à 12,5 % (au lieu de 23 % au Royaume-Uni), voire pas du tout s’ils sortent du pays grâce à la pratique du « double irish » et du « sandwich hollandais » (lire : Les gouvernements à l'assaut de l'optimisation fiscale et Le secret de polichinelle de l'optimisation fiscale d'Apple).


Reste à savoir si les documents en la possession de Jones constituent une preuve suffisante. La firme de Mountain View assure néanmoins n’avoir rien à se reprocher et suivre à la lettre la législation britannique — à défaut d’en respecter l’esprit, le principal problème des gouvernements européens qui luttent contre ces pratiques connues et répandues. Un éventuel faux témoignage de Brittin pourrait amener la justice britannique à sanctionner très lourdement Google.

bulletTechnologies > Samsung présente des écrans « super-Retina » [20.05.2013 12:30 - AZ]

La « semaine des écrans » ne commencera officiellement que demain, mais les principaux fabricants ont déjà dévoilé leurs principales nouveautés — des dalles pour téléviseurs 4K et des écrans très fins voire flexibles pour appareils mobiles avant tout. Samsung sort du lot avec ses écrans pour tablettes et ordinateurs portables possédant une encore meilleure définition que les écrans Retina d’Apple.



Le premier, de 10,1 pouces de diagonale, affiche ainsi la même définition que l’écran du MacBook Pro Retina 13,3 pouces (2 560 x 1 600 px). Avec une résolution de 299 ppp, il rivalise avec l’écran Retina de l’iPhone 5 (326 ppp) et devrait permettre aux tablettes de passer à l’échelle supérieure en la matière.


Le deuxième, d’une définition de 3 200 x 1 800 px pour 13,3 pouces de diagonale, surpasse quant à lui l’écran du MacBook Retina 15 pouces (2 800 x 1 800 px). Sa résolution de 276 ppp peut sembler moins impressionante, mais elle est supérieure à celle de l’écran Retina de l’iPad (256 ppp) et constitue un record pour un écran de cette taille.


Retrouvera-t-on ces écrans, qui présentent de plus l'avantage d'une consommation réduite de 30 %, dans un prochain produit Apple ? Rien n’est moins sûr, la firme de Cupertino cherchant à réduire sa dépendance à Samsung et à varier ses sources d’approvisionnement.

bulletTechnologies > Otellini revient sur les loupés d'Intel avec l'iPhone et les mobiles [17.05.2013 15:05 - FI]

Paul Otellini a évoqué quelques souvenirs relatifs à Apple et plus généralement à la manière dont Intel a manqué le coche de l'explosion de la téléphonie mobile. Le fondeur avait mieux que quiconque perçu l'évolution du marché vers des ordinateurs portables plutôt que les machines de bureau, mais il n'a pas su réagir aussi vite pour les smartphones et tablettes.

Dans un entretien accordé à The Atlantic, le désormais ex-PDG d'Intel, raconte que peu de temps après avoir emporté le marché du Mac il a répondu négativement à la proposition d'équiper en processeurs ce qui deviendrait l'iPhone.
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bulletTechnologies > Vidéo : le HTML5 vraiment plus économe que le Flash [13.05.2013 18:30 - AZ]

Yossi Oren, chercheur à l’Université de Tel-Aviv, s’est mis en tête de calculer la différence précise d’autonomie selon que l’on consulte une vidéo MP4 ou FLV servie via Flash Player ou une vidéo en H.264 ou WebM servie via la balise <video>. Il a donc récupéré une tablette YuanDao sous Android 2.3.1 et s’est fait envoyer un Chromebook Series 5 par Google pour réaliser des tests.



Il ne s’est néanmoins pas contenté de tests de lecture en boucle, optant plutôt pour une mesure directe de la consommation des deux appareils lors de la lecture d’une vidéo en intercalant une résistance de 0,125Ω connectée en parallèle à une sonde Teledyne LeCroy AP034 entre la batterie et l’appareil. La baisse de l’intensité du courant électrique dans la sonde pendant la lecture de la même vidéo en Flash et en HTML5 a été échantillonnée 100 000 fois par seconde puis analysée dans Matlab.



La « consommation » de Flash est supérieure à celle du HTML5 de 17 % en moyenne sur le Chromebook, de 12 % en moyenne sur la tablette. Une vidéo MP4 HD servie en HTML5 consomme à peine plus qu’une vidéo FLV 480p servie en Flash sur l’ordinateur ; une vidéo MP4 HD servie en HTML5 consomme même 10 % de moins qu’une vidéo MP4 360p sur la tablette.



La conclusion était déjà connue : à qualité égale, mieux vaut utiliser la lecture HTML5 que Flash Player. Cette expérience (qui date de l'été dernier mais est remontée récemment) permet même de dire qu'à qualité supérieure, la lecture HTML5 est toujours plus économe que Flash Player — tout en étant plus fluide et moins saccadée.

bulletTechnologies > Sharp contraint de réduire fortement ses dépenses [13.05.2013 15:25 - FR]

Les investissements récents de Samsung (84,6 millions d’euros) et de Qualcomm (92,3 millions d’euros payés pour moitié) ont amélioré la situation financière de Sharp, mais ne l’ont pas encore mis à l'abri de tous les soucis. Comme le révèle l'Asahi Shimbun, le fabricant japonais va dérouler une série de mesures sur trois ans pour tenter à nouveau de réduire ses dépenses.



5 000 de ses 51 000 salariés vont ainsi être licenciés, dans les filiales hors du territoire japonais comme au siège de la firme à Osaka. Les autres mesures pour faire des économies sont la réduction du nombre de directeurs aux salaires conséquents, qui passera de 12 à 6, ainsi que la diminution du nombre des « conseillers ». Il s’agit généralement d’anciens présidents ou vice-présidents que Sharp continue à rémunérer en plus de leur retraite dorée pour des emplois fictifs de consultants, selon une habitude fréquente dans les grandes sociétés nippones.


La stratégie commerciale sera davantage tournée vers les écrans de petite taille pour terminaux mobiles (smartphones et tablettes), plus rentables que les écrans LCD pour téléviseurs, qui sont le cœur d’activité du fabricant. Sharp essaye actuellement de vendre ses usines de TV situées en Malaisie et en Chine.


Grâce à ses mesures, Sharp espère que ses ventes annuelles atteindront 3 billions de yens (env. 22,7 milliards d’euros) pour un résultat d’exploitation de 180 milliards de yens (env. 1,4 milliard d’euros) et des profits nets de 100 milliards de yens (env. 758 millions d’euros). Des chiffres comparables à ceux réalisés en 2007 et donc qualifiés d'« ambitieux » par les milieux économiques japonais au regard du contexte économique et des prévisions très négatives des analystes.

bulletUne - Technologies > Le quatrième âge d’Apple : et les produits ? [30.04.2013 18:15 - AZ]

Les premiers effets de la politique de Tim Cook sont déjà visibles : Apple est entrée dans le quatrième âge de son histoire avec une organisation plus classique et une stratégie financière plus conventionnelle. Qu’est-ce que cela implique pour ses futurs produits ?


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bulletUne - Technologies > L’iTunes Store, dix ans après [28.04.2013 18:30 - AZ]

Le 28 avril 2003, Apple lançait l’iTunes Music Store. Dix ans plus tard, près d’un demi-milliard de personnes ont un compte iTunes et ont acheté de la musique, des séries TV, des films, des livres ou des apps sur la boutique d’Apple. Ce qui n’impressionne pas ses concurrents, plus nombreux de jour en jour.


iTunes Store


L’iTunes Music Store dans iTunes 4 (2003).


Une révolution du marché de la musique


Revenez dix ans en arrière : Apple vend au mieux 30 000 iPod par mois et ne fait aucun bénéfice. Napster, Kazaa et l’incompétence des majors ont détruit le marché de la musique et il est alors moins difficile de pirater de la musique en ligne que de l’acheter sur CD ou sur les boutiques des labels. Mais pas forcément pratique, ce qui constitue un frein au succès de l’iPod, qui n’est rien sans musique.

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bulletUne - Technologies > De petites équipes pour inventer le futur de l'informatique [15.04.2013 10:27 - AZ]

Pour la première fois depuis 1997, Apple dispose d’une division tout entière consacrée à la recherche « avancée ». Il s’agit certes de l'énième levée d’un « tabou » de l’ère Jobs, mais aussi et surtout d’une nécessité économique et stratégique à un moment de redéfinition de limites du champ de l’informatique.



Un des nombreux concepts d'iWatch. Image Brett Jordan.

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bulletUne - Technologies > iCloud reste un casse-tête pour les développeurs [27.03.2013 11:35 - FI]
iCloud est un casse-tête sans solution pour les développeurs qui souhaitent l'intégrer à leurs applications pour synchroniser des bases de données. C'est le constat général qui ressort de conversations menées par The Verge avec des éditeurs de logiciels iOS et OS X, ainsi qu'au travers de billets de blogs. Sur le papier, iCloud est une solution idéale pour tenir à jour des données et réglages entre plusieurs appareils utilisant la même application. Une solution quasiment clef en main pour répondre à un besoin extrêmement complexe.

C'est d'ailleurs la promesse qui avait été faite par Steve Jobs lors de la conférence des développeurs 2011 : « iCloud est intégré avec vos applications et tout se déroule automatiquement » avant de le ponctuer par son fameux « It just works » (ça marche tout simplement).
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bulletUne - Technologies > Un Mac mini sous la télé (1) : premiers pas [18.03.2013 15:41 - NF]
Vous avez une télévision flambant neuve, un grand écran plat qui trône fièrement dans votre salon, et vous voulez l’utiliser au maximum. Les solutions ne manquent pas avec certains modèles qui intègrent des dizaines de fonctionnalités, les "Smart TV" qui sont aujourd’hui la norme. On peut aussi compter sur son fournisseur d’accès avec les "box" qui sont la norme au moins en France et qui proposent toutes des fonctions en plus. Autre possibilité, acheter l’un des nombreux boîtiers dédiés à la télévision et capables de lire, depuis un disque dur ou depuis Internet, des contenus.


Apple a sa propre solution avec l'Apple TV, un petit boîtier très discret qui offre un accès au catalogue de l’iTunes Store, mais aussi à vos propres vidéos et qui fait office de lien entre appareils iOS et la télévision. Dans cette série d’articles que nous inaugurons aujourd’hui, nous allons pourtant essayer autre chose : placer un ordinateur sous la télévision.

Le constructeur à la pomme commercialise un candidat parfait : le Mac mini. Petit, il saura se faire oublier sous une télévision et ce boîtier entièrement construit en aluminium est très élégant dans un salon. Il est aussi très discret, tant sur le plan de la consommation énergétique que sur le bruit et il est doté en standard d’un port HDMI. En bref, il est le choix idéal pour une utilisation comme centre multimédia…


Pourquoi un Mac mini plutôt qu’un Apple TV ou la box du FAI ? Quel Mac mini choisir ? Comment l’installer et le configurer ? C’est à toutes ces questions que nous allons répondre dans cette première partie…
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bulletUne - Technologies > Entretien : Wysips, l’écran solaire qui recharge votre téléphone [04.03.2013 16:30 - AZ]

Un smartphone qui se recharge tout seul, c’est ce que promet Wysips Crystal, un film photovoltaïque qui transforme l’écran en une sorte de petit panneau solaire. Nous nous sommes entretenus avec Matthieu de Broca, chef de marché Europe de Wysips, à l’occasion de la présentation du premier smartphone fonctionnel équipé de cette technologie.


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bulletUne - Technologies > Pourquoi Firefox OS : interview de Tristan Nitot [01.03.2013 07:34 - AZ]

En l’absence d’annonces fracassantes des grands acteurs du mobile, Firefox OS a été la principale attraction du Mobile World Congress 2013. Qu’attendre de ce nouveau système d’exploitation mobile ? Mozilla peut-elle concurrencer Microsoft, Google et Apple ? Firefox OS marque-t-il un tournant dans la stratégie de la fondation ? Voici quelques-unes des questions que nous avons posées à Tristan Nitot, évangéliste Mozilla.



MacG : Pourquoi Firefox OS ?


Tristan Nitot : Tous nos partenaires opérateurs sont d’accord : répondre à la demande des deux prochains milliards de connectés, qui ont aujourd’hui un téléphone, mais veulent un smartphone, va être un véritable défi.

Mozilla est une association à but non lucratif dont l’objectif est de faire la promotion du web et de le rendre accessible à tous : elle ne peut pas rester cantonnée à l’ordinateur de bureau, mais doit aller vers le mobile, elle doit emmener ces nouveaux utilisateurs vers le web et HTML5 plutôt que vers des écosystèmes fermés.


On comprend bien que les pays émergents sont la cible de Mozilla, mais de nombreux fabricants y sont présents depuis des années et d’autres comptent bien y entrer. Qu’est-ce qui pourrait pousser les utilisateurs vers des smartphones Firefox OS plutôt que vers les dizaines de smartphones qui se vendent déjà à moins de 100 $ ?


L’effort de développement — le coût de développement — impose le duopole. Le développeur Windows va peut-être porter son app sur OS X, le développeur OS X va peut-être porter son app sur Windows, mais ils ne vont que rarement s’intéresser aux distributions GNU/Linux ou BSD. Le développeur iOS va peut-être porter son app sur Android, le développeur Android va peut-être porter son app sur iOS, mais ils ne vont que rarement s’intéresser à Windows Phone ou BlackBerry.


Nous ne voulons pas nous battre pour une troisième place de toute manière peu enviable, nous voulons nous battre sur un autre terrain, celui du web. Nous ne voulons pas être un troisième créneau incompatible, nous voulons être une solution qui unifie toutes les plateformes.


C’est certes quelque chose que le développeur peut comprendre, mais comment sensibiliser le grand public à cette question ?


Nous n’allons tout simplement pas le faire.


Ou plutôt, nous allons le faire au travers des développeurs, qui s’intéressent à ces sujets. Ils savent que les applications HTML5 rivalisent aujourd’hui avec les applications natives. Ils savent qu’avec les Web APIs, elles peuvent gérer la batterie, la géolocalisation, les capteurs (photo, détecteur de proximité, accéléromètre…), le vibreur, le plein écran, les notifications. Ils savent qu’elles vont évidemment tourner sur Firefox OS et sur Firefox sur Android, mais aussi sur Android, iOS et les autres systèmes avec des systèmes comme PhoneGap.


Nous livrons une documentation complète sur le Mozilla Developer Network, nous fournissons un simulateur sous la forme d’une extension pour Firefox, nous offrons de l’exposition au développeur avec le Firefox Marketplace, mais nous lui laissons aussi le choix de distribuer lui-même son app, d’avoir une relation directe avec le client. Et il y a huit millions de développeurs qui maîtrisent les langages du web et savent donc développer pour Firefox OS — bien plus que pour n’importe quelle autre plateforme.



C’est suffisant pour attirer les utilisateurs ?


Oui, je le crois.


Les utilisateurs vont être attirés par la marque Firefox que Mozilla est en train de développer ?


Je le crois aussi. Google est en train de faire disparaître la marque Android, nous sommes en train de faire monter en puissance la marque Firefox. Nous nous sommes alliés avec les opérateurs, la marque Firefox sera présente en boutique.



Les opérateurs, justement, sont montés sur scène lors de la présentation de Firefox OS alors qu’on les avait presque perdus de vue depuis quelques années. La liberté laissée à l’opérateur peut-elle menacer la liberté de l’utilisateur ? Où est la ligne, comment intervient Mozilla pour préserver une ouverture réelle ?


Apple a pris le pas sur l’opérateur et complètement déséquilibré la relation avec le client. Il faut revenir à quelque chose de plus raisonnable : l’opérateur connaît les marchés, connaît les clients, c’est un acteur utile.


Par exemple, si l’on veut toucher la classe moyenne brésilienne qui passe au smartphone, il faut intégrer un système de carrier billing puisque la carte bancaire est peu développée sur ce marché. On laisse donc la possibilité à l’opérateur de gérer les achats d’apps, qui sont reportés sur la facture du forfait. L’opérateur peut aussi prendre un espace sur le Firefox Marketplace pour mettre en avant les applications spécifiques à ce marché, dialoguer directement avec le client.


Mozilla ne cherche pas à se mettre au milieu de cette relation, à proposer sa propre solution unique et verrouillée. Et Mozilla ne cherche pas non plus à brouiller la relation avec les fabricants de téléphones en fabriquant ses propres téléphones.


Mais oui, on peut très bien imaginer qu’un opérateur prenne le code de Firefox OS et en fasse un système bridé. Mais le système résultant ne s’appellerait alors plus Firefox OS.

[NDLR : un ingénieur de Mozilla nous a expliqué que la fondation avait mis en place un système de garde-fous en trois niveaux pour éviter une telle situation. Pour utiliser la marque Firefox OS, quelques règles doivent être respectées, notamment en matière d'identité visuelle. Un système « powered by Firefox » utilise le cœur de Firefox OS et respecte certains principes de base, mais est plus personnalisé. Enfin, un acteur qui ne travaillerait pas avec la fondation ne pourrait pas utiliser les marques de Mozilla. Interrogé sur le sujet, Tristan Nitot n'a ni confirmé, ni infirmé cette information.]


Le web est adaptable à différents form-factor : on peut imaginer un Firefox OS pour tablettes, un OS dans le nuage à la Chrome OS pour ordinateurs ?


Nous nous concentrons pour le moment sur le smartphone et les marchés émergents. Ces deux idées sont techniquement réalisables, mais nous n’y consacrerons pas d’énergie pour le moment. Nous pourrions aller dans cette direction, mais ce ne sera sans doute pas avant longtemps.



À plus brève échéance donc, Firefox OS doit arriver dans le reste de l’Europe et en Amérique du Nord d’ici 2014. Sera-t-il toujours réservé à l’entrée de gamme ou peut-on espérer le voir sur des smartphones plus puissants ?


Cela dépend en grande partie de la volonté des opérateurs. J’ai évidemment envie d’avoir une bête de course sous Firefox OS dans ma poche, les opérateurs et les fabricants verront si c’est pertinent.


Mozilla se fait force de proposition avec la recherche unifiée de Firefox OS. C’est une autre voie que celle des apps en forme de silos informationnels, c’est une approche plus transversale qui lie les apps et le web, le local et le global. Est-ce qu’il faut s’attendre à ce que Mozilla continue dans cette direction, n’édite plus simplement des logiciels, mais se rapproche des services ?


Clairement : c’est une partie du web et il faut que nous montions sur toutes les couches de valeur, aussi bien sur le client que sur le serveur. Mais nous le ferons toujours à la sauce Mozilla : le web est par nature décentralisé, et même si certains acteurs essayent de le centraliser, nous proposerons toujours des solutions décentralisées.


Nous opérons Firefox Sync de manière centralisée parce que c’est plus simple pour l’utilisateur, mais nous ne cherchons pas non plus à le verrouiller pour en être les seuls opérateurs. Son code est ouvert, tout le monde peut l’installer sur sa propre machine. Même chose avec le système d’authentification Persona, qui a été conçu comme un service décentralisé, ou avec WebRTC, qui est un standard.


C’est une autre approche, et je pense que nous allons continuer dans cette direction, dans la limite du raisonnable bien sûr — ce n’est pas demain qu’on verra un Firefox Mail !



En attendant, Mozilla continue de développer activement Firefox sur bureau et sur mobile — mais ni sur Windows RT, ni sur iOS. Quel est le futur de Firefox dans un monde où les boutiques d’apps et l’approche intégrée sont en train de devenir la norme ?


C’est aussi pour cela que nous développons notre propre OS.


À notre grand regret, nous ne pouvons pas du tout être présents sur certaines plateformes, comme iOS. Même si Chrome est disponible sur iOS, il ne dispose pas de certaines avancées comme le JavaScript accéléré et il ne peut pas remplacer Safari comme navigateur par défaut. Chrome profite des faiblesses de Safari, mais ça se limite à ça : on peut profiter de la négligence d’Apple, mais on ne peut pas réellement la concurrencer sur sa propre plateforme.


Chrome est présent sur iOS parce qu’il utilise WebKit, comme Safari. Opera a récemment annoncé sa décision d’abandonner son propre moteur de rendu au profit de WebKit, une décision qui a été largement critiquée par la fondation Mozilla et ses membres. Pourquoi pensez-vous que cette décision est néfaste pour le web ?


Elle est catastrophique, même. Tout le monde peut écrire pour le web, sans devoir télécharger un SDK, sans devoir payer une inscription, sans devoir subir un processus de validation, c’est pour cela qu’il y a huit millions de développeurs web. C’est formidable ! Mais le web n’existe que parce qu’existent des standards interopérables, et Opera faisait un boulot extraordinaire sur les standards.


Pourquoi cela devrait changer ? Qu’est-ce qui empêche Opera de continuer à faire ce « boulot extraordinaire » ?


Les discussions sur des standards n’auront plus lieu au sein du W3C, elles auront lieu en huis clos face aux impératifs d’Apple et de Google. Il n’y aura donc plus de standards, il y aura une implémentation qui tient lieu de standard. Face aux problèmes éventuels de cette implémentation et en l’absence de documentation libre, développer un autre moteur de rendu sera de plus en plus compliqué.


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