Fermer le menu
 

Mozilla : le nouveau CEO Brendan Eich pris dans une polémique

Stéphane Moussie | | 12:07 |  53

L'institution du nouveau CEO de Mozilla ne s'est pas passée comme prévu. L'organisation, qui cherchait un nouveau patron depuis le départ de Gary Kovacs l'année dernière, a misé sur Brendan Eich. « Un retour aux sources pour aller de l’avant », titrait Mozilla pour annoncer la promotion de son co-fondateur et directeur de la technologie. La situation vire en fait à la controverse.

En cause, une prise de position personnelle de Brendan Eich qui a fait réagir des membres de la communauté et employés. En 2008, le co-fondateur de Mozilla a réalisé un don personnel de 1 000 dollars pour soutenir un projet de loi californien qui visait à interdire le mariage aux couples du même sexe. La proposition 8, combattue par plusieurs entreprises dont Apple, a finalement été annulée par la Cour Suprême américaine, mais la pilule a toujours du mal à passer chez certains.

Blessé par la donation de Brendan Eich et le fait qu'il ne se soit pas excusé à l'époque, un couple d'homosexuels marié a retiré son application du Firefox Marketplace. D'autres personnes impliquées dans Firefox ou Mozilla ont fait connaître publiquement leur désaccord sur cette promotion. Pour calmer le jeu, le nouveau CEO a publié un billet dans lequel il se déclare « désolé d'avoir blessé » et demande à être jugé sur ses actes plutôt que sur les paroles. Il assure qu'il continuera à faire appliquer les engagements de Mozilla en matière de respect de la diversité, qu'il s'agisse aussi bien de l'orientation sexuelle, du sexe, de l'âge, de l'origine ethnique, de la classe sociale que de la religion.

Mitchell Baker, l'autre co-fondatrice de l'organisation et sa présidente, est venue lui apporter son soutien en déclarant que « l'engagement de Mozilla pour l'intégration de la communauté LGBT, et pour toutes les minorités, ne changera pas ». Malgré ces deux mises au point, les critiques ont continué de pleuvoir. Le lendemain de la publication de ces deux billets, des employés demandaient toujours publiquement la démission de Brendan Eich.

Une injonction qui n'est pas partagée par tous. Pour Daniel Glazman, membre de Mozilla et co-chairman au W3C, « la communauté ne peut pas promouvoir l'ouverture et la liberté de choix sans un respect profond pour les croyances individuelles. Rappeler les choix personnels datant de plusieurs années de Brendan est injuste et viole les valeurs fondamentales de la communauté Mozilla. »

Brendan Eich contesté jusqu'au conseil d'administration de Mozilla ?

La polémique aurait pu en rester là, mais le Wall Street Journal a apporté de l'eau au moulin en annonçant que trois membres du conseil d'administration (soit la moitié du conseil) avaient démissionné à la suite de la nomination de Brendan Eich. Ces départs ne sont pas liés à la donation du co-fondateur, mais à un désaccord stratégique, assure le journal américain. Gary Kovacs, John Lilly et Ellen Siminoff auraient voulu que le nouveau patron vienne de l'extérieur, ait une forte expérience dans le mobile pour pousser Firefox OS et soit complémentaire de Baker et Eich.

Mozilla a confirmé dans un communiqué le départ de ces trois personnes, mais pour des raisons qui ne seraient pas celles évoquées par le Wall Street Journal.

Les trois membres du conseil d'administration ont fini leur mandat la semaine dernière pour différentes raisons. Deux d'entre eux avaient prévu de quitter le conseil depuis un moment, l'un depuis janvier et l'autre à la fin de la recherche du nouveau CEO, quel qu'il soit.

Reste le cas du troisième membre qui n'est pas évoqué. On peut aussi s'étonner que Mozilla ne se soit exprimée sur le sujet qu'après l'article du Wall Street Journal. Pourquoi ne pas l'avoir indiqué dans le billet Mozilla Leadership Changes qui annonçait les autres changements à la tête de l'organisation ? Nous avons contacté Mozilla et attendons une réponse.

Catégories: 
Tags : 

Les derniers dossiers

Ailleurs sur le Web


53 Commentaires Signaler un abus dans les commentaires

avatar Jean-Jacques Cortes 31/03/2014 - 22:51 via iGeneration pour iOS

Dans les années 20, les homos paradaient dans les salons berlinois. Dix ans plus tard, ils partaient vers les camps.

avatar MarcoAix 31/03/2014 - 23:17

Je pense qu'il ne devrait pas avoir le droit de bosser ; déjà penser, pfff...
Ah, et il n'aura pas le droit à des indemnités non plus.
Bon, le plus simple c'est qu'il se suicide illico pour laisser la place à ceux dont la pensée est correcte.
Aaah, ça va mieux, non ?
:-)

avatar Moonwalker 01/04/2014 - 08:48

Art. 10. Nul ne doit être inquiété pour ses opinions, même religieuses, pourvu que leur manifestation ne trouble pas l'ordre public établi par la Loi.

Art. 11. La libre communication des pensées et des opinions est un des droits les plus précieux de l'Homme : tout Citoyen peut donc parler, écrire, imprimer librement, sauf à répondre de l'abus de cette liberté dans les cas déterminés par la Loi.



Pages