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Réforme de la surveillance : Obama ménage ses services de renseignement

Stéphane Moussie | | 14:26 |  16

Le président des États-Unis a répondu ce week-end au tollé sur les programmes de surveillance révélés par Edward Snowden par une série de réformes. Des mesures qui ne vont pas assez loin selon des associations de défense des internautes.

« Être capable d'examiner les connexions téléphoniques pour établir si un réseau existe est crucial », a déclaré Barack Obama pour justifier que la collecte des métadonnées continuera. Seul effort consenti sur l'article 215 du Patriot Act, la NSA ne pourra plus conserver ces données... mais une autre organisation, comme un opérateur télécom, pourrait le faire à sa place.

Les citoyens étrangers, qui sont actuellement espionnés sans aucune réserve, disposeront d'une protection juridique « correspondant » à celles des Américains. Les détails n'ont toutefois pas été donnés.

« À moins que notre sécurité nationale ne soit en jeu, nous n'espionnerons plus les communications des dirigeants de nos alliés proches et de nos amis », a déclaré le président des États-Unis, en ajoutant que la chancelière allemande, dont l'un des téléphones portables avait été espionné par la NSA, n'avait pas à s'inquiéter de la surveillance.

Un principe vite nuancé par une seconde déclaration :

Nos agences de renseignement, comme les agences allemandes et toutes les autres, vont continuer à s'intéresser aux intentions des gouvernements de par le monde, cela ne va pas changer. [...] Ce n'est pas la peine d'avoir un service de renseignement s'il se limite à [collecter] ce qu'on peut lire dans le New York Times ou dans Der Spiegel. [...] Nous n'allons pas nous excuser juste parce que nos services sont peut-être plus efficaces.

Pour l'Electronic Frontier Foundation (EFF), une association de défense des droits des internautes, Barack Obama a passé sous silence des sujets importants comme le traitement réservé aux lanceurs d'alertes, Edward Snowden en tête, et s'est montré trop vague sur d'autres. « La confiance a été ébranlée (...) Il faudra beaucoup de travail pour la rétablir », a déclaré Viviane Reding, la vice-présidente de la Commission européenne chargée de la Justice. Le groupe Reform Government Surveillance, dont Apple fait notamment partie, a noté « des progrès sur des points clés », mais appelle aussi à des « avancées supplémentaires sur d'autres questions importantes ». Au Congrès maintenant de traduire ces engagements en textes de lois.

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16 Commentaires Signaler un abus dans les commentaires

avatar pat3 20/01/2014 - 14:59 via iGeneration pour iPad

En gros: on continue les gars, hein, vous êtes juste jaloux parce qu'on est les meilleurs. Une quenelle dans le fion du reste du monde, quoi.

avatar CBi 20/01/2014 - 14:59 via iGeneration pour iOS

On a de la chance d'être 27 pays en Europe : ça fait au moins 27 personnes (les leaders de ces pays, à supposer qu'Obama les considère tous comme alliés) que les USA s'interdisent désormais d'espionner. Pour les 505 730 446 autres citoyens de l'Union Européenne par contre...

avatar misc 20/01/2014 - 15:00

Pff, je l'insulte, lui et ses sbires.



avatar Lennart 20/01/2014 - 16:51

Barak Obama
Prix Nobel de la paix en 2009
« Pour ses efforts extraordinaires afin de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples »

avatar patrick86 20/01/2014 - 18:11

"Barak Obama
Prix Nobel de la paix en 2009"

Le Prix Nobel de la paix de signifie pas grand chose de plus que RIEN.

Il y a moult personnes qui font beaucoup pour la paix dans monde mais resteront parfaitement anonymes.

Quand à l'attribuer au président d'un pays encore enlisé dans deux guerres inutiles, ou qui tut des gens avec des drones sans aucune forme de justice, on peut trouver ça très farfelu.

avatar Bigdidou 20/01/2014 - 23:03 via iGeneration pour iPad

@Lennart
"Barak Obama
Prix Nobel de la paix en 2009
« Pour ses efforts extraordinaires afin de renforcer la diplomatie internationale et la coopération entre les peuples »"

Ben oui.
Il fait collaborer les peuples avec les Etats Unis. Enfin, la NSA.
C'est un bon début.

avatar Orus 20/01/2014 - 17:56

Pas de sécurité et pas de politique intérieur/extérieur sans des services de renseignements efficace. Cela à toujours été ainsi et cela sera toujours. Croire le contraire est d'une stupidité effarante.
Nous ne vivons pas dans le monde merveilleux des bisounours.
Je crache et vomis sur ceux qui font des quenelles ici.

avatar Lennart 20/01/2014 - 18:20

"Pas de sécurité et pas de politique intérieur/extérieur sans des services de renseignements efficace. Cela à toujours été ainsi et cela sera toujours. Croire le contraire est d'une stupidité effarante."

C'est exact, et très efficace d'ailleurs toutes ces écoutes des citoyens américains ont permis d'affirmer que Hussein disposait de tout un arsenal de destruction massive, et qu'Al Kaida n'envisageait pas d'envoyer des avions sur le World Trade Center et le Pentagone.

avatar misc 20/01/2014 - 19:29

@Orus
Oui parce qu'un fliquage total et permanent de tout est la solution.
Merci de soutenir l'autoritarisme rampant et preparer le tapis rouge pour la dictature de demain. L'Allemagne nazie aurais été ravie d'avoir un si joli système pour écraser toute resistance.

avatar patrick86 20/01/2014 - 18:07

Rien qui ne me surprenne ici. Je n'attendais pas qu'une grande évolution vers du mieux de vienne de leur part.

--

Obama peut avoir une bonne volonté et de bonnes idées, mais il sera écarté s'il les suit.

avatar smog 20/01/2014 - 18:42

Qu'attendre d'autre ?
La NSA a fait son boulot, sa seule erreur a été de ne pas neutraliser celui (et ceux) qui ont mis tout ça à jour. Et ça, ça doit les ronger et je pense que ça a dû occasionner des coups de gueule dans cette organisation.
Obama ne va quand même pas sanctionner ce sur quoi repose une partie de la force américaine...
C'est entre autre aux Européens de réagir, de s'opposer. Force est de constater qu'à part quelques mots d'indignation, ils n'ont pas beaucoup réagi, côté officiel du moins.
Normal, ils font pareil. ne croyons pas que cela n'était pas su de longue date, et que les autres ne font pas de même.
Mais comme dit très justement dessus, cela n'écartera pas le danger pour eux. Le portable de la Chancelière n'est certainement pas aussi intéressant que les échanges d'infos de groupes terroristes (ou individuels) qui, malgré parfois des erreurs grossières, passent entre les mailles (rappelez vous les bévues des services de renseignement concernant l'affaire toulousaine ; pas en rapport avec les E.-U., mais grossière !
Tout simplement parce que derrière les écoutes, il y a des GENS, comme vous et moi, et là est le tendon d'Achille. Il faut des cerveaux pour analyser plus finement que les algorithmes informatiques, et ça, croyez-moi, ce sera toujours la grosse faiblesse pour la sécurité.

avatar Macduff 20/01/2014 - 18:50 via iGeneration pour iOS

Ces changements ne concernent en effet qu'une petite partie des programmes de la NSA. Prism, qui permet d'aller piocher dans les serveurs de certains géants du Web, ou encore Bullrun, qui vise à affaiblir les technologies de chiffrement grand public, ne sont pas concernés.

Les opérateurs téléphoniques sont opposés au fait de stocker les données collectées, craignant d'engager leur responsabilité en cas de piratage ainsi que des surcoûts.

Désormais, la NSA devra obtenir une ordonnance de justice à chaque fois qu'elle voudra acquérir des métadonnées. A ce jour, une seule ordonnance secrète autorise la collecte massive de données.

Dans une directive, Barack Obama a fixé des principes sur ce que la NSA peut – et ne peut pas – faire (pas question d'utiliser les signaux électroniques pour créer un avantage dans la compétition économique par exemple)

Les National Security Letters utilisées par le FBI ne sont pas supprimées mais ne seront plus gardées secrètes. Le ministère de la justice devra les déclassifier ultérieurement.
En outre, les fournisseurs (compagnies de télécommunications, bibliothèques) ne seront plus tenus de garder le silence sur les requêtes du gouvernement. C'était une demande des sociétés high-tech qui a été entendue.

En définitif, la plupart des décisions de Barack Obama seront précisées ultérieurement par ministère de la justice en liaison avec les services de renseignement. Elles devront surtout être approuvées par le Congrès, qui est très divisé sur la nécessité de réforme de la NSA.

avatar Moonwalker 20/01/2014 - 19:32

Ce type est une blague.

Sinon, y'en a combien parmi vous qui ont suivi les débats sur la loi de programmation militaire en France ?

avatar patrick86 20/01/2014 - 20:19 via iGeneration pour iOS

@Moonwalker :
Pas eu le temps de suivre en détail, mais ça m'a tout l'air assez réjouissant ça aussi...

avatar Le Chapelier 21/01/2014 - 08:37

@ CBi : "ça fait au moins 27 personnes (les leaders de ces pays, à supposer qu'Obama les considère tous comme alliés) que les USA s'interdisent désormais d'espionner."

Lis l'article en entier : "Nos agences de renseignement, comme les agences allemandes et toutes les autres, vont continuer à s'intéresser aux intentions des gouvernements de par le monde, cela ne va pas changer."

Donc, non, même eux vont continuer d'être espionnés.

@ smog : 'Le portable de la Chancelière n'est certainement pas aussi intéressant que les échanges d'infos de groupes terroristes."

Oh que si ! Bien plus encore. Autant, un attentat de plus ne peux que réjouir ces bouffons du gouvernement américain qui pourront d'autant plus justifier leurs actions d'espionnage. Autant les Stazuniens sont dans une telle merde économique actuellement que toute leur survie dépend de l'Europe et de la signature de ce foutu traité Trans-Atlantique (dans lequel les Ricains demandent à avoir accès aux données personellees de tous les citoyens européens : n carte identité, n passeports, n CB, etc.). Donc, comme le dit l'article : "Nos agences de renseignement, comme les agences allemandes et toutes les autres, vont continuer à s'intéresser aux intentions des gouvernements de par le monde, cela ne va pas changer." Ce fameux traité dépend essentiellement de la chancelière allemande (opposée), le président français ayant déjà vendu son c** (enfin le notre à tous, contrairement à Jospin qui a toujours refusé cet accord loin d'être nouveau).

avatar ricchy 22/01/2014 - 06:59

Bientôt 70 ans qu'Echelon existe…