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Retour vers le futur : test d'un iPhone sur un réseau 4G LTE

François Tsunamida | | 18:15 |  87
La 4G, tout le monde en parle et s’y prépare… mais en a-t-on vraiment besoin ? Ne serait-ce pas juste la dernière tendance dans le vent, un simple effet de mode promu par les départements marketing des fabricants de téléphones, par les opérateurs ou bien par les médias ? La 3G n’a pas rendu brusquement l’âme, et les utilisateurs ne semblent pas être tout à coup particulièrement mécontents de la qualité des services de leur opérateur.

Pour comprendre les enjeux et promesses de la 4G, plutôt que de se contenter de la seule lecture de rapports techniques sur la norme et des présentations des opérateurs, nous sommes allés sur le terrain tester un iPhone 4S sur un réseau 4G.

4G%2015

La France ne possède pas encore de réseaux 4G commerciaux, mais seulement de quelques installations de test. Direction donc vers l’Asie, et plus précisément le Japon qui, avec la Corée, fait partie des quelques pays proposant au grand public depuis plus d’un an des réseaux 4G. Les observations de ce test laissent présager de ce qu’on obtiendra bientôt en Europe et en Amérique du Nord également.


Qu’est-ce que c’est que la 4G ?
Sans entrer dans les détails, si les réseaux 4G sont plus rapides que les réseaux actuels (3G et 3G+), c’est parce que la modulation radio a été améliorée. C’est cette modulation qui permet de transmettre plus d’informations entre un mobile et l’antenne relais. La signalisation a elle aussi été améliorée, un terme qui désigne les informations techniques qu’échangent le mobile et le réseau en permanence, et qui concernent le réseau, le passage d’une cellule du réseau à l’autre, les tests de qualité… Jusqu’à présent, en 3G, on utilisait pour transmettre ces données de signalisation la même vitesse bas débit qu’en 2G. Avec la 4G, ces informations permettent maintenant au terminal d’adapter ce qu’il émet toutes les millisecondes. L’architecture globale du réseau a quant à elle été simplifiée pour y améliorer la vitesse de transmission des données et pour le rendre entièrement compatible avec des transmissions IP des données, y compris pour la voix avec le LTE Advanced.

La totalité des opérateurs de téléphonie mobile français s’est lancée dans l’aventure 4G. Or, celle-ci est particulièrement coûteuse en investissements, entre le coût des équipements et celui de l’acquisition de licences 4G. Ces fréquences 4G ont été divisées en deux appels d’offres en France. Les licences de la bande de 2,6 GHz (zones urbaines, densément peuplées) ont été acquises en septembre 2011 par les quatre opérateurs de téléphonie mobile pour un coût total de 936,1 millions d’euros. La bande des 800 MHz, issue du passage de la télévision de l’analogique au numérique, permet de couvrir des territoires beaucoup plus larges et cela, plus facilement. Les cellules étant plus larges, il y a moins d’antennes à installer et moins de permissions à négocier avec les habitants. Les enchères de décembre dernier de cette seconde partie des fréquences utilisées par la 4G ont explosé tous les records et le gouvernement a ramassé le jackpot : 3,6 milliards d’euros. Lors de cet appel d’offres, celui de Free n’a pas été retenu pour ces fréquences, car il était trop bas par rapport aux offres des autres opérateurs (Orange, SFR et Bouygues Telecom).

Devant ces sommes colossales que représentent les investissements pour constituer un réseau 4G, on peut s’interroger sur les raisons qui poussent tous les opérateurs à se lancer dans la 4G. Est-ce une obligation, une fatalité ? Le trafic DATA a supplanté le trafic voix sur les réseaux de téléphonie mobile comme l’a annoncé le PDG d’Ericsson, Hans Vestberg, lors du CTIA Wireless de 2010. Il est prévu que de 2009 à 2014, le trafic de téléphonie mobile double tous les ans. En terme de ressources, la voix continue à être la source principale de revenu, mais la tendance est lancée, et les revenus des données dépasseront tôt ou tard ceux de la voix. Le réseau 3G est en train de mourir de sa belle mort, engorgé par des utilisateurs qui utilisent de plus en plus leurs smartphones pour regarder des vidéos ou se connecter sur les réseaux sociaux, et bientôt leurs tablettes. Résultat : le trafic DATA explose et les réseaux s’engorgent !

Normes réseau
Les normes réseau. Cliquez pour agrandir.



Il existe plusieurs normes de téléphonie mobile 4G. Les deux concurrents principaux sont le WiMax et le LTE (Long Term Evolution), créé initialement par NTT Docomo et devenu le « standard » de la 4G mondiale. Le WiMax est pour ainsi dire mort-né : il existe certes quelques opérateurs qui l’exploitent, mais ce nombre est très restreint. Cette technologie risque de disparaître rapidement, emportée par le rouleau compresseur LTE. Ces deux technologies sont ce qu’on appelle des réseaux « 3,9G ». Ils offrent des fonctions nettement supérieures à celles de la 3G, mais ne répondent pas complètement aux caractéristiques de la 4G.

La norme LTE n’est pas une et entière. Elle existe en plusieurs versions, comme le LTE Advanced — la « vraie 4G » —, qui reste compatible avec le LTE standard (3,9G) et n’offre pas de grandes différences techniques avec lui, si ce n’est de correspondre aux exigences réglementaires du label 4G. Concrètement, et c’est le plus important pour l’utilisateur lambda, ses transferts sont encore plus rapide (128 Mo/s théorique pour le LTE Adv. au lieu des 12,5 Mo/s du LTE). A terme, le LTE Advanced devrait être implémenté sur les réseaux de tous les opérateurs 4G. Ainsi, Pierre-Alain Allemand, directeur général réseaux de SFR a déclaré : « Nous misons plus sur le LTE Advanced qui permettra un vrai gain, mais nous ne tablons pas dessus avant 2015. »
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87 Commentaires Signaler un abus dans les commentaires

avatar dilemme 13/03/2012 - 13:52

@showmehowtolive +1

avatar karting1234 13/03/2012 - 14:12

@nogui : Merci beaucoup ! J'avais la flemme mais ça fait un bien fou ! ^^'

avatar dartagnan 13/03/2012 - 14:21

@malikolo "La 4G brouille l'écoute" Plus exactement il y a incitation à contrepèterie , ce qui est plus grave ! :-)


avatar stefi 13/03/2012 - 14:28

Merci pour cet article très instructif. Toutefois je ne comprends pas les résultats aussi bas du Speedtest pour la 3G. Chez moi, au centre-ville de Genève en Suisse, sur le réseau 3G, j'obtiens un ping de 68 ms, 428 kb/s en descente et 264 kb/s en montée. C'est 5 fois plus rapide que ce que vous appelez les "meilleurs réseaux 3G". Ces mauvais résultats de la 3G sont-ils un cas isolé ?

avatar Mdtdamien 13/03/2012 - 15:57

Excellent article très instructif, mais quelques doutent sur les résultats 3G quand même, peu réaliste à mon goût

avatar Anonyme (non vérifié) 13/03/2012 - 17:25

personellement j'atteind les 3 - 4 mbits en down et up avec un ping en dessous de 50ms en 3G en Belgique et ce même en pleine campagne...

avatar sonyc 13/03/2012 - 17:36

Bon, et au final, l'iPad, matériellement et et hors specs tronquées d'Apple, il supporte la 4G du pays du saucisson ou pas ?

avatar MixUnix 14/03/2012 - 00:48

@Marc-Alouettes Smartphone de l'année ! fonctionne très bien, comme JE veux. en 3G+ test à 00h30 ping 60 ms download 6278 kbps upload 3240 kbps

avatar Logoman 14/03/2012 - 09:19

Merci pour cet article, très intéressant ! Par contre, je dois bien admettre que je ne suis ni impatient ni emballé lorsque l'on me parle de 4G. La technologie que j'ai vraiment hâte d'utiliser, c'est la fibre optique ! :-P

avatar ptiboubou 14/03/2012 - 10:33

C'est bien joli d'avoir des débits de ouf mais vu le prix du Data à l'étranger... Les smartphones c'est super mais il faut rester en France, en vacance à l'étanger nos iPhone se transforment en simples telephones... Franchement qui utilise le data à l'etranger à part quand c est la boite qui paye ?!!

avatar Anonyme (non vérifié) 14/03/2012 - 21:30

Fibre optique et 4G sont complémentaires : plus d'utilisateurs et plus de débit, l'utilisation de la bande passante explose alors quoi mettre d'autre que de la fibre au cul des antennes 4G ?

avatar Vanton 15/03/2012 - 05:08

C'est vrai que vos débits 3G sont légers ... En plein Toulouse, sur un iPhone 4 sur Orange je viens de faire le test et j'ai : 791,9kB/s en descendant, 202,6kB/s en montant et un ping de 58ms Par contre, en wifi chez mes parents dans un petit bourg en Limousin, chez Orange toujours, j'étais il y a quelques jours à 251,8kB/s en descendant, 32,6kB/s en montant avec un ping de 64ms ... A Toulouse en 3G le débit est donc trois fois celui que j'ai en Limousin via ADSL ... C'est quand même assez incroyable !

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